La politique de cohésion et la politique agricole commune (PAC) devraient être les grandes priorités de la Roumanie pour le nouveau cadre financier pluriannuel. Celui-ci ne fait pas l’objet de beaucoup de débats dans le pays en ce moment, car il y a apparemment une convergence de vues tant dans la sphère politique que dans la société civile.
Une vaste étude a été réalisée afin de permettre aux autorités de prendre les meilleures décisions pour la politique de cohésion. Elle recommande de maintenir le financement au moins au niveau actuel, afin de faciliter le développement des infrastructures. En outre, elle préconise que la Roumanie soutienne la création d’une réserve budgétaire pour la politique de cohésion et qu’elle propose de déterminer un pourcentage fixe du budget de l’UE à consacrer à celle-ci. Une autre proposition porte sur la prise en compte de nouveaux enjeux dans la politique de cohésion. À cette fin, les auteurs de l’étude s’attendent à ce que la Roumanie appuie l’efficience énergétique, les réseaux de transports durables et la lutte contre les changements climatiques. L’étude mentionne également la nécessité d’une concentration thématique afin d’améliorer la capacité d’absorption globale, en corrélation avec la coordination entre la politique de cohésion et la politique de développement rural, désormais incluse dans la PAC, pour une approche territoriale intégrée.
Alors qu’elle était hier l’un des principaux producteurs et exportateurs de produits agricoles en Europe, faisant ainsi fructifier l’un de ses meilleurs atouts, aujourd’hui, la Roumanie est malheureusement importatrice. Comme le disait Lucian Blaga, poète et philosophe roumain, « l’éternité est née au village ». Le ministre roumain de l’Agriculture, M. Dumitru, souligne que, pour son pays, il est important de conserver un budget adapté pour l’agriculture, « afin de donner aux exploitants un niveau de vie décent, d’éviter le dépeuplement des zones rurales et l’abandon des terres, et de contribuer à la préservation des communautés rurales et de leurs traditions ». La Roumanie rejette la « renationalisation » éventuelle de la PAC et préconise le maintien des aides directes. En l’état actuel des choses, l’agriculture est un « bien public européen qui fournit des produits sains, sans danger, de qualité », ainsi que « des sols fertiles et préservés ». Enfin, la Roumanie se félicite de l’initiative prise par le Commissaire européen à l’Agriculture, M. Dacian Cioloş, qui a organisé une consultation publique afin de prendre en compte les attentes des citoyens.
Par ailleurs, la Roumanie s’intéresse aussi à la politique européenne de voisinage et, en particulier, à la possibilité d’aider la République de Moldavie. Outre l’aide qu’elle lui apporte déjà sur ses propres ressources, elle est favorable aux initiatives prises au niveau de l’UE, telles que les programmes d’échanges pour les étudiants.
La Roumanie espère trouver une plateforme commune avec les autres nouveaux États membres, ainsi qu’avec ses partenaires traditionnels au sein de l’UE, dont la France, afin de contribuer aux objectifs de la stratégie UE 2020.
George-Dian Balan
POUR ALLER PLUS LOIN
- Contribution du gouvernement roumain à la consultation publique sur l’examen du budget de l’UE, site web de la Commission européenne.
- Mihail Dumitru et Dacian Ciolos débattent de l’avenir de la PAC : Mihail Dumitru si Dacian Ciolos au discutat despre viitorul (PAC), Finantare.ro, 26 avril 2010.
- Nicolas-Jean Brehon, Le budget européen : quelle négociation pour le prochain cadre financier de l’Union européenne ?, Fondation Robert Schuman, Questions d’Europe n°170 et 171, 31 mai 2010.
- Débats au Parlement européen – mercredi 24 mars 2010 –Priorités budgétaires pour l’exercice 2011.






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