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360°- GÉO

La collection s’intéresse aux hommes et aux femmes hors du commun, qu’ils fassent un travail passionnant ou aient une vie quotidienne qui sort des sentiers battus.

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Samedi 21 avril 2011 à 20h00 - 16/04/12

Tunisie, les secrets des pêcheurs de poulpes

Un film de Regina Niedenzu


Depuis la pieuvre géante de Jules Verne jusqu’à Scylla, la nymphe transformée en monstre marin dans l’Odyssée d’Homère, peu d’habitants des mers et des océans ont été entourés d’autant de légendes que le poulpe. De plus ce mollusque constitue une importante source de revenus dans le bassin méditerranéen. La pêche à la gargoulette, technique datant de l’époque romaine, se pratique encore aujourd’hui en Tunisie : les pêcheurs font descendre des amphores en argile qui vont reposer sur le fond marin. Les poulpes aiment s’y cacher pour guetter leurs prises. Mohammed Dahmen est l’un des derniers marins à duper ses proies pour mieux les capturer. 360°-GEO l’a accompagné lors d’une de ses sorties en mer.

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Mohammed Dahmen ne s’est jamais demandé s’il préférerait exercer un autre métier. Sa famille vit depuis plusieurs générations de la pêche à la gargoulette. Même aujourd’hui, à l’heure où les mers se vident à cause de la pêche intensive, cet homme de 78 ans reste attaché à son mode de vie et à sa terre, l'archipel des Kerkennah. Le général carthaginois Hannibal avait établi un camp militaire sur ces îles, d’où il était parti en direction de Rome avec ses éléphants de guerre. Mais de l’importance stratégique de cette région, il ne reste plus grand-chose. Les conditions de vie sont assez difficiles pour les 7000 habitants, de plus en plus nombreux à s’installer sur le continent : peu d’élevage et d’agriculture, des produits alimentaires majoritairement importés, à l’exception des poulpes, seule ressource naturelle constante au fil des siècles. Quatre-vingt pour cent des poulpes pêchés en Tunisie proviennent du Golf de Gabès, situé sur la côte Est du pays.

Là-bas, la pêche à la gargoulette est une méthode éprouvée depuis l’époque romaine : les pêcheurs font descendre dans l’eau une longue corde avec plus de 500 petites amphores en argile accrochées les unes aux autres. Il faut savoir que les poulpes se cachent habituellement dans de petites anfractuosités naturelles pour guetter leurs proies. Ils confondent l’intérieur sombre de la gargoulette avec ces cavités, se glissent dans le récipient, et alors, les pêcheurs n’ont plus qu’à remonter la gargoulette à la surface. Sur les sept enfants de Mohammed, six vivent encore sur l’archipel, mais son fils Najar est le seul à pratiquer cette méthode de pêche artisanale. Vu que la saison de pêche ne dure que d’octobre à avril, Najar travaille le reste de l’année comme chauffeur de taxi. C’est un métier moins pénible, et surtout, l’argent entre plus vite dans les caisses. A cela vient s’ajouter le fait que la Tunisie a connu de grands bouleversements ces dernières années et que personne ne sait quel cap prendra le pays à l’avenir. Mais une chose est sûre : Mohammed Dahmen est l’un des derniers à perpétuer en Tunisie la pêche traditionnelle du poulpe.

360° GEO
samedi, 8 mars 2014 à 10:35
Pas de rediffusion
(Allemagne, 2012, 52mn)
ARTE

Edité le : 08-03-12
Dernière mise à jour le : 16-04-12