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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie du 04 février 2009 - 02/02/09

Elève libre

Un film de Joachim Lafosse


( note Arte: 3.5 ) Malsain, choquant, obscène, trois raisons de ne pas aimer "Elève libre" et qui font pourtant tout l'intérêt du film.

  • L'interview de Jonathan Zaccaï (acteur)
  • L'interview de Jonas Bloquet (acteur)
  • L'interview de Joachim Lafosse (réalisateur)

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(2007, France, 1h45)
Avec Jonas Bloquet, Jonathan Zaccaï, Yannick Renier et Claire Bodson

Synopsis: Jonas, seize ans, vit un nouvel échec scolaire et pense pouvoir tout miser sur le tennis, mais il échoue aux portes de la sélection nationale. Il rencontre Pierre, un trentenaire, qui touché par sa situation, va le prendre en charge. Fort de ce lien privilégié, Jonas abandonne l'école publique. Incapable de fixer les limites de cette relation, l'éducation va dépasser le cadre purement scolaire.

Interview de Joachim Lafosse (réalisateur)

Interview de Jonas Bloquet (acteur)

Interview de Jonathan Zaccaï

Entretiens réalisés par Olivier Bombarda


Critique : "A nos limites", première phrase inscrite sur fond noir telle une dédicace. Puis, plan fixe sur le jeune Jonas (Jonas Bloquet) en plein entrainement de tennis, répondant aux balles comme à un défi, avec obstination. En tant que spectateur, on se demande déjà quand cela va-t-il s'arrêter, jusqu'où pourra-t-il aller ? C'est toute l'histoire de ce film, celle du moment où tout va déraper.

Jonas n'a plus confiance en lui, en plus d'un nouvel échec scolaire, il doit renoncer à sa passion, le tennis. Ajoutez à ça des parents absents, un amour doublé d'une première expérience sexuelle, vous avez un adolescent un peu perdu et on ne peut plus manipulable.

Heureusement, il n'est pas seul. Trois adultes, un couple et un homme seul, décident de le prendre sous leur aile. On ne connait pas précisément la nature de leur relation avec l'adolescent, mais ils sont apparemment amis de la mère, ce qui justifie parfaitement leur présence dans l'entourage de celui-ci, et leur position de conseillers en matière d'éducation.

C'est autour de repas que se retrouvent les quatre "amis" et que leur relation va évoluer. On est d'abord assez surpris de la manière très frontale avec laquelle les adultes posent des questions à Jonas concernant sa copine et sa vie sexuelle, "est-ce qu'elle a jouit ? Dans quelle position....?" Plus ça va, plus cela devient franchement obscène. Sur le ton le plus naturel du monde, on lui dit qu'il faut surtout "qu'il se pose les bonnes questions une fois à l'intérieur", les réjouissances alimentaires prennent bientôt des allures de gavages et de réunions salaces. On se demande de quel droit ces adultes d'une trentaine d'années se moquent du coït d'un gamin de 16 ans et se permettent un enseignement au-delà de toute pudeur.

Cette situation provoque déjà une certaine gêne et quelques rires nerveux de la part du public. Mais ce n'est que le début. Le jeune Jonas, en échec scolaire, va aussi trouver parmi ses sauveurs un maître à penser. Pierre (Jonathan Zaccaï), dont l'activité professionnelle reste trouble mais qui est sans doute enseignant chercheur, lui propose de l'aider à passer un examen très difficile en candidat libre, et lui dicte, petit à petit, sa manière de penser des sujets aussi importants que la liberté, la justice et l'engagement pour une cause. Le maître et l'élève ne se quittent plus et sans que l'on s'en rende compte, autour de Sartre et de Camus se greffe une démonstration live d'une leçon de fellation.

Le sujet est grave, et ce n'est qu'au moment où le maître sort définitivement de son rôle pour passer à l'action que l'on se rend compte de la perversion des mots, du pouvoir de la pensée et surtout de la frontière fragile qui délimite l'abus. Tout en donnant un enseignement qu'il érige comme une loi, Pierre se rend compte qu'il n'est pas si sûr de lui, que derrière cette assurance se cache l'incertitude qu'il a toujours eu concernant sa sexualité. Parce que ce dont parle aussi Joachim Lafosse, c'est d'homosexualité.

Le film est dérangeant, dans le fond comme dans la forme. Le talent étant que la perversité s’insinue en toute simplicité autour de la scène anodine du repas. Ni violence, ni brutalité, une évolution subtile pour dire le mal irréversible. Mais aussi l'ambiguïté de la position d'un adolescent qui ne sait pas, qui veut apprendre pour réussir et accepte par opportunisme l’idée de soumission.

Le réalisateur nous avait prévenu, "ce film n'est pas fait pour plaire, il est fait pour réfléchir", et c'est le moins que l'on puisse dire.

Justine Gourichon
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Elève libre,
Un film de Joachim Lafosse
(2007, France, 1h45)
Avec Jonas Bloquet, Jonathan Zaccaï, Yannick Renier et Claire Bodson
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Edité le : 30-01-09
Dernière mise à jour le : 02-02-09