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Cinéma sur ARTE - 08/06/12

Tous les autres s'appellent Ali

(Angst essen Seele auf)
Film de Rainer Werner Fassbinder (Allemagne, 1974, 1h33mn)
Scénario : Rainer Werner Fassbinder
Avec : Brigitte Mira (Emmi Kurowski), El Hedi ben Salem (Ali), Barbara Valentin (Barbara), Irm Hermann (Krista), Rainer Werner Fassbinder (Eugen)
Image : Jürgen Jürges, Musique : Peer Raben, Production : Filmverlag der Autoren, Tango Film, ARD

Inspiré de Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk, un magnifique chant d'amour, antiraciste et anticonformiste. Une note d'espoir dans la filmographie noire et radicale de Fassbinder.


Un jour de pluie, une femme d'un certain âge, Emmi, entre dans un café fréquenté par des travailleurs immigrés et des femmes légères. Ali, un jeune homme, propose à Emmi une danse. Ils se confient l'un à l'autre. Il lui parle du Maroc, son pays natal ; et du racisme des Allemands envers les Arabes. Elle lui dit sa solitude depuis la mort de son mari. Emmi invite Ali chez elle. Quelque temps plus tard, ils se marient. "Ça ne peut pas marcher, ce n'est pas naturel", murmure-t-on dans le bar où ils se sont rencontrés...

Dans la filmographie de Fassbinder, Tous les autres s'appellent Ali clôt la période influencée par la Nouvelle Vague et inaugure, sous l'empire du maître Douglas Sirk, celle des grands mélodrames. Au regard de l'oeuvre fleuve de Fassbinder, dire qu'il s'agit de son plus beau film risquerait d'être péremptoire. Il n'en demeure pas moins "le" film qui laisse émerger une lumière d'espoir, une vague de générosité. Les rapports de domination entre les hommes et les femmes, la monstruosité quotidienne des rapports de classe, n'apparaissent qu'en filigrane, par le truchement de touches impressionnistes. Non que le racisme, le désordre des sentiments et le conformisme social soient ici absents. Bien au contraire. Avec Fassbinder, tout se passe dans le plan, dans l'art de la mise en scène. Un simple contrechamp permet de construire un couple qui danse et s'aime contre un public abasourdi. Tous les autres s'appellent Ali, que Fassbinder a réalisé avec son amant El Hedi ben Salem, a quelque chose d'une comptine, chargée d'une force poétique éblouissante, avec, en creux, son lot de vérités proverbiales et sadiques. Présenté à Cannes en 1974, ce chant d'amour antiraciste et anticonformiste est également le chant par lequel le vilain petit canard Fassbinder est devenu un cygne magnifique.

Tous les autres s'appellent Ali
mercredi, 20 juin 2012 à 22:05
Pas de rediffusion
(Allemagne, 1974, 89mn)
ZDF

Edité le : 08-06-12
Dernière mise à jour le : 08-06-12