De Terry Gilliam(2006, USA, 1h57)
Avec Jodelle Ferland, Janet Mc Teer, Jeff Bridges…
Synopsis : Jeliza-Rose vit avec ses parents héroïnomanes, La reine Gunhilda (Jennifer Tilly), claquemurée dans sa chambre à dévorer des chocolats et Noah (Jeff Bridges), un rocker de seconde zone. Lorsque sa mère décède, la petite fille suit Noah, décidé à se réfugier dans la demeure de sa mère, perdue au cœur d’une région parcourue de plaines herbeuses. A l’abandon, la maison est déserte et les alentours ne sont habités que de quelques originaux. Esseulée, Jeliza-Rose se crée son propre monde, fait de conversations avec ses poupées. Plusieurs drames vont néanmoins ponctuer ses amusements…
Critique : Il n’est pas difficile de deviner ce qui a pu séduire Terry Gilliam, à la lecture du roman de Mitch Cullin dont « Tideland » est adapté, comme il est aisé de tisser des liens entre la frénésie des personnages imaginés par l’écrivain, Dickens, un jeune homme illuminé et grimaçant, ou sa sœur Dell, une inquiétante borgne figée dans sa peur panique des abeilles, et ceux, nombreux, issus de l’inspiration excentrique du cinéaste : les chevaliers vagabonds de « Fisher King » ou les reporters sous influence de « Las Vegas Parano ». Il est plus constructif de se demander si la connivence de ces deux univers n’est pas trop évidente, au point que l’envie de les associer pourrait résulter d’une fausse bonne idée. Qu’a donc à prouver Gilliam, cinéaste toujours en quête d’un nouveau challenge icarien, en s’appropriant une galerie de doux dingues qui paraphrasent sa création au lieu de la relancer ? Doté d’un budget restreint assurant au cinéaste une indépendance relative, « Tideland » se soustrait malheureusement à cette question.
Au cœur d’une Amérique délibérément antidatée, un pont entre les sixties chimiques et le tribalisme actuel, il suit en le ponctuant d’effets familiers le parcours d’un rocker sans âge (une savoureuse création de Jeff Bridges, d’autant plus exagérée qu’elle est brève) et de sa fille (Jodelle Ferland, aperçue depuis dans « Silent Hill » de Christophe Gans, attendu que « Tideland » a tout de même connu d’importants retards de distribution… Gilliam ne se refera plus). En dépit d’un formalisme hystérique, « Tideland » est intégralement situé au cœur de ces étendues herbeuses et traditionnelles. Le choix de ce lieu unique, associé au respect de sa dominante chromatique, pastorale et reposante, permet au film de trouver une assise. Cette bonne idée en surpasse une autre, plus développée, mais qui tourne un peu court, celle de plonger une petite fille dans un univers trouble où la psychologie enfantine éradique les réflexes moraux liés au monde des adultes et pose sur un pied d’égalité loufoquerie, évènements tragiques et situations scabreuses.
Julien Welter
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Tideland
De Terry Gilliam
(2006, USA, 1h57)
Avec Jodelle Ferland, Janet Mc Teer, Jeff Bridges…






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Terry Gilliam revisite sa terre natale, pour mieux chanter son amour des marginaux. Une bonne idée ?
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