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09/12/05

The Economist (Royaume-Uni)

  • CARTE D’IDENTITÉ

Titre : The Economist
Date de naissance : septembre 1843
Rédacteur en chef : James Wilson
Domaines couverts : politique, économie, entreprises,
science, technologie, littérature, art
Tirage : 1 million d’exemplaires par semaine dans le monde
(80% du lectorat habite en dehors du Royaume-Uni)
Périodicité : hebdomadaire
Lectorat : de 18 à 45 ans
Positionnement politique : extrême centre (NDLR, sans jeu de mot)
Adresse : The Economist,25 St James’s Street, UK-London SW1A 1HG
Tél. : +44 (0)20 7830 7000
Fax : +44 (0) 20 7839 2968/9


  • ARTICLE

Auteur : les articles ne sont jamais signés dans The Economist.
Titre :Choose Your Poison: Europe’s social policies offer a heady and intoxicating mixture”.
« Les politiques sociales de l’Europe : un choix de boissons fortes ».
The Economist, 29 septembre 2005.


  • FICHE DE LECTURE

Les vaillantes tentatives de leadership mondial auxquelles on assiste depuis un an de la part du gouvernement britannique s’expliquent en partie par la présidence conjointe du G8 et de l’Union européenne. Un des points clés de l’ordre du jour européen était le « modèle social européen », ou plutôt l’absence de modèle commun.

Comparant les modèles sociaux à un choix de boissons alcoolisées populaires, cet article de The Economist ne craint pas de suggérer que le modèle anglo-saxon pourrait finalement convenir à l’UE. Cette métaphore laisse entendre que le mérite de ces boissons, et donc leurs conséquences, varie selon les pays, quelle que soit la dose absorbée pour apaiser la soif. Elle a toutefois pour but véritable d’évaluer la place exacte du Royaume-Uni dans ce bar européen, la question étant de savoir si la Grande-Bretagne prône vraiment la fin du modèle social européen, ou si le débat ne fait que l’isoler du reste de l'Europe continentale et dresser celle-ci contre elle.

L’auteur suggère que c’est le débat lui-même qui s’est trouvé injustement formulé en termes très manichéens, malgré la diversité des modèles et des politiques des États membres de l’Union. À l’extérieur, la Grande-Bretagne se voit associée à une Amérique sans cœur et opposée à une Europe continentale compatissante offrant une couverture sociale à ses ressortissants. Il est évident qu’une caricature aussi nuisible ne sert qu’à promouvoir (à tort) le modèle américain comme seule alternative au statu quo en Europe et que tout pas en direction de la voie anglo-saxonne est synonyme d’abolition de l’État providence, de violation des valeurs, de la culture et de l’identité européennes, et de soumission aux lois du capitalisme.

Après avoir pris en compte les spécificités culturelles, sociales et historiques de certains États membres, l’article entreprend de recenser les forces et les faiblesses de leurs modèles sociaux, leurs priorités en termes de redistribution du revenu, de protection sociale et de législation du travail, ainsi que leurs relations les uns avec les autres. En conclusion, leurs différences proviennent principalement du niveau plus élevé d’endettement des pays continentaux et méditerranéens par rapport aux pays nordiques et anglo-saxons, de leur taux d’emploi plus faible et de leur temps de travail inférieur, ainsi que de leur plus forte hostilité à la mondialisation. Ce cocktail provoque la mauvaise forme de la machine européenne. Le tonique ? Moins recourir à la législation du travail sans craindre de détruire l’État providence, en un mot, moderniser. La leçon serait de tirer les leçons de l’expérience de ses voisins… les Anglais ayant peut-être raison… en théorie au moins.
Seem Mistry

 

POUR ALLER PLUS LOIN



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Regards croisés n° 2,
L’Europe sociale malmenée
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Edité le : 09-12-05
Dernière mise à jour le : 09-12-05