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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie le 02 février 2005 - 03/02/05

Tenja

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de Hassan Legzouli
(France – Maroc, 2004, 1h20)
Avec Roschdy Zem, Aure Atika et Abdou El Mesnaoui
Section Cinéastes du Présent

Section Cinéastes du Présent / Locarno 2004

Synopsis : Nordine (Roschdy Zem) vit à Sallaumines, dans le Nord de la France. A la mort de son père, il doit exaucer son dernier vœu : être enterré dans son village natal, au Maroc. A bord de son break, qui transporte le cercueil de son père, il se rend dans ce pays qu’il ne connaît pas. Il commence un voyage auquel il est peu sensible et qu’il aimerait bien écourter. En chemin, il croise la route de Mimoum (Abdou El Mesnaoui), un jeune homme déconsidéré par la société marocaine et désireux de quitter le pays, ainsi que Nora (Aure Atika), qui ne mène pas non plus une existence épanouie. Ces rencontres vont aider Nordine au cours de ce voyage solitaire…

Critique : Un français d’origine marocaine, peu sensible à ses racines, un marocain n’ayant plus de marques dans son pays, une jeune femme ne sachant plus trop où elle en est… Entre la pudeur, la contemplation et l’évocation d’une communauté désunie, le premier film d’Hassan Legzouli épouse le genre du road movie pour le conduire vers l’état des lieux d’une génération trentenaire, plutôt que vers celui, plus schématique, des relations entre le Maghreb et la France.

« Tenja » (le testament) a pour lui un style économe, qui substitue au caractère accidenté du voyage le cheminement progressif du personnage de Nordine vers la connaissance. La finalité de ce périple (un semblant de réconciliation entre le fils et son père), rendue illusoire par la disparition de ce dernier, cherche néanmoins à se mettre en place grâce à l’inclusion de plusieurs scènes rêvées par Nordine, où il continue de s’entretenir avec son père. Peu à peu se résorbe cet éloignement, généré par le manque de communication que tous deux ont entretenu d’année en année, et plus précisément l’incapacité du père à évoquer ce Maroc qu’il a quitté très jeune, pour émigrer en France, ainsi que la propension du fils à rechigner, quand il lui faudrait s’immerger dans une culture qui n’est pas celle du pays où il est né.

Cette thématique délicate n’est jamais mise en défaut par la retenue de la mise en scène, quand le naturalisme du style l’exonère d’une abstraction malvenue pour un sujet relativement sensible. De là émergent quelques idées particulières et plutôt bien senties, comme de transcender la difficulté de Nordine à faire son deuil et à se rattacher à ses racines par… le plat traditionnel et faisandé qu’il a consommé et qui lui tord les intestins, jusqu’à le clouer au lit. Ce voyage, qu’il aurait voulu le plus anodin possible, finit par le prendre littéralement aux tripes. Sans pavoiser, le film s’avère donc moins anodin qu’il n’y paraît.


Julien Welter

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Tenja
De Hassan Legzouli
(France – Maroc, 2004, 1h20)
Avec Roschdy Zem, Aure Atika et Abdou El Mesnaoui
Sortie le 02 février 2005
Section Cinéastes du Présent

Edité le : 01-02-05
Dernière mise à jour le : 03-02-05