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ARTE Journal - 15/05/12

Syrie : le conflit déborde au Liban

5 morts et 47 blessés à Tripoli. Le Nord du Liban est depuis samedi le théatre d'affrontements entre pro- et anti-Assad. Ces échanges de tirs ont opposé l'armée libanaise à de jeunes islamistes sympathisants de la révolte syrienne. Des combats qui se sont amplifiés.


Le conflit syrien s'exporte au Liban
Ces affrontements armés qui ont eu lieu tout le week-end et ont opposé des Libanais hostiles ou favorables au régime syrien, se déroulent en territoire libanais, principalement dans le nord du pays. Ce même nord, qui accueille depuis des mois des milliers de réfugiés syriens. Le conflit s'étend, passant maintenant la frontière libano-syrienne. Dans la principale ville du nord du pays, Tripoli, une centaine de jeunes islamistes ont installé un camp et planté des drapeaux noirs ornés de la profession de foi musulmane, ainsi que des drapeaux symboles de la rébellion syrienne. Ces jeunes accusent les forces de sécurité libanaises d'avoir arrêté arbitrairement l'un des jeunes islamistes. Les autorités libanaises affirment que ce dernier serait en lien avec une organisation terroriste. Le régime syrien de son côté est persuadé que des armes et des combattants étrangers passent clandestinement depuis le Liban. Ils apporteraient ainsi un soutien logistique et humain aux rebelles qui cherchent depuis 14 mois à renverser le régime Assad.

La France appelle au calme
Cette poussée de violence inquiète Paris. Le ministère des Affaires étrangères, qui appelle au calme, demande au Liban de ne pas importer les violences syriennes sur son territoire. "La France appelle tous les Libanais à faire prévaloir l'intérêt du Liban sur toutes les autres considérations et à privilégier le dialogue, l'unité nationale et la paix civile afin d'éviter d'importer dans le pays un conflit qui n'est pas le leur", a souligné dans une déclaration le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères, Bernard Valero. Le Liban est divisé entre le camp du Hezbollah, qui domine le gouvernement avec le soutien de Damas et Téhéran, et l'opposition, hostile au régime syrien et soutenue par Washington et l'Arabie saoudite.

Les sanctions européennes
A Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont adopté lundi leur quinzième train de sanctions contre Damas. Encore une fois, ils ont gelé les avoirs de deux entreprises et de trois personnes considérées comme des sources de financement du régime syrien. Les personnes sanctionnées seront également interdites de visa. Désormais, 126 personnes et 41 sociétés sont visées par les sanctions européennes. Un embargo pétrolier et un embargo sur les armes pouvant servir à la répression ont également été mis en place. En avril dernier, les ministres européens avaient décidé d'interdire les exportations de produits de luxe vers la Syrie, une mesure essentiellement symbolique qui vise le train de vie du couple présidentiel. Pas sûr que ces mesures soient suffisamment disuasives pour la famille Assad.


Sophie Rosenzweig pour ARTE Journal

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Edité le : 14-05-12
Dernière mise à jour le : 15-05-12