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Venise 2005 - Compétition - 05/09/05

Sympathy For Lady Vengeance

Un film de Park Chan-Wook


Encore une illustration violente et artificielle de
la loi du talion, par un cinéaste coréen surestimé.

(Corée, 2005, 1h52)
Avec Lee Young-ae, Choi Min-sik, Kim Si-hu…

Synopsis : Lee Geum-ja est libérée de prison après treize années d’emprisonnement, consécutives à sa condamnation pour l’enlèvement et le meurtre d’un enfant de cinq ans. Son cas a passionné l’opinion, mais elle ne compte pas en rester là. Très vite, elle se met à la recherche d’un homme qui pourrait être le vrai responsable du crime pour lequel elle a été incarcérée, et qui l’a séparée de sa propre fille, confiée à une famille d’accueil. Son but se précise : celui d’une impitoyable vengeance…


L'interview avec le réalisateur Park Chan-Wook
L'interview avec l'actrice Lee Young-ae


Critique : Sur un postulat identique à celui de ses deux films précédents (« Sympathy For Mister Vengeance » et « Old Boy »), Park Chan-Wook, conforté par un Grand Prix du Jury obtenu à Cannes l’an dernier, se lance dans une nouvelle variation graphique et violente sur le thème de la revanche. Le glamour semble plus prononcé, ce que le cinéaste légitime naïvement par une volonté de décliner son sujet fétiche sur le mode féminin. Ce qui ne le prive pas de truffer son récit d’une multitude de flash-back situés en prison, où la rudesse des conditions de vie au sein des établissements carcéraux réservés aux femmes n’a rien à envier à leurs équivalents masculins. Mais, plus que le goût pour une violence qui remue sans vraiment faire réfléchir, ce qui horripile dans la mise en scène de Park Chan-Wook, c’est sa foi inébranlable en la valeur d’un plan, au détriment d’une scène.

Catalogue éreintant de trouvailles brèves et « coup-de-poing » (dont certaines s’avèrent, il est vrai, assez bonnes), « Sympathy For Mister Vengeance » demeure d’une grande superficialité et d’une ringardise assumée par un esprit pseudo rock’n’roll. Quand les effets répétés d’une brutalité portée par l’utilisation de la musique classique n’arrivent guère à la semelle du travail identique mené par Stanley Kubrick avec « Orange mécanique », le kaléidoscope obtenu au montage ne débouche que sur une illustration sommaire et caricaturale de la loi du talion. Le grand méchant est un homme de lettres et d’autorité, tandis que les réactions des familles meurtries s’avèrent aussi nauséabondes que les tristes desseins du croque mitaine qui les a plongées dans le malheur. Ne frappant jamais à la tête, mais toujours sous la ceinture, Park Chan-Wook orchestre un jeu macabre et idiot, dont il ne reste absolument rien, sitôt la projection conclue.

Julien Welter


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Sympathy For Lady Vengeance
De Park Chan-Wook
(Corée, 2005, 1h52)
Avec Lee Young-ae, Choi Min-sik, Kim Si-hu…
Venise 2005 - Compétition

Edité le : 30-08-05
Dernière mise à jour le : 05-09-05