(USA, 2004, 1h40)
Synopsis : Pour évoquer les conséquences de la malnutrition aux USA, Morgan Spurlock, un américain ordinaire, a décidé de devenir le sujet de sa propre expérience en ingérant matin, midi et soir un menu McDonald’s… taille XL. De jour en jour, il constate l’évolution de sa personne : son taux de cholestérol monte en flèche, ses performances sexuelles sont inversement proportionnelles et ses tests cardiaques donnent des sueurs froides au trois médecins qu’il a judicieusement sollicités pour le suivre durant son chemin de croix. Enfin, des migraines apparaissent et ne s’estompent qu’au moment où il consomme à nouveau un menu XL.Critique : Trente ans après « La Grande Bouffe » de Marco Ferreri, une critique légitimement « chargée » de la surconsommation occidentale où un groupe de personnes décidait de se suicider à la (bonne) nourriture, l’américain Morgan Spurlock a tenté de rééditer un exploit tristement similaire. Le documentariste a adapté son calvaire alimentaire à nos habitudes modernes en se rendant exclusivement chez McDonald’s, qu’il considère à juste titre comme la plus puissante et la plus représentée des enseignes de restauration rapide.
Son film est agencé de manière pédagogique : les différentes étapes de sa transformation sont complétées par des parties plus détaillées, qui dressent un état global de la malnutrition aux USA pour remonter la filière alimentaire et sa corruption, avec ce sens caractéristique du cinéma américain à allier le genre documentaire (les chiffres et les graphiques, qui forment des cascades alarmistes) au genre du film catastrophe. Morgan ponctue son calvaire du témoignage de nutritionnistes et de gloutons incurables qui incarnent cette imprégnation de la culture, voire de la « philosophie » du fast-food dans la société.
S’il évoque certains films de Michael Moore, notamment leur didactisme épais et souvent aussi unilatéral que le sujet qu’ils dénoncent, le style de Morgan Spurlock rappelle aussi celui de Johnny Knoxville, le cascadeur reconverti en spécialiste des actions les plus dégénérées grâce à son émission télévisée « Jackass ». Jamais le dernier pour avaler d’un trait trois cheeseburgers et les vomir dans la minute avec le sourire, Knoxville est le pendant de Spurlock, dont le film cherche à expliquer comment son pays sera toujours prêt à se sensibiliser à ses méfaits, plutôt que de se soucier plus simplement de se maintenir en bonne santé. « Super Size me » ne se porte donc jamais au-delà de la bouffonnerie revendicatrice pour se positionner en une critique plus conséquente de cette folie des proportions relative à l’économie et à la culture américaine.
Julien Welter
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Super Size me
Documentaire de Morgan Spurlock
(USA, 2004, 1h40)
Sortie du 30 juin 2004






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