Voir l'interview de Lynn Pook et Julien Clauss
Le travail de plasticienne de Lynn Pook s'axe principalement sur le corps et l'intime. C'est à l'école des médias de Karlsruhe qu'elle crée en 2003 sa première installation audio-tactile.
"A fleur de peau" invite les participants à rejoindre un espace clos, munis d'une combinaison dans laquelle sont fixés 16 haut-parleurs. Ces derniers diffusent à même le corps des sons "assez basiques", qui décrivent l'enveloppe corporelle. Elle continuera ses expériences en plaçant cette fois le public à l'horizontale, dans un hamac : "Raplapla".
C'est à cette période que les chemins de Lynn Pook et de Julien Clauss se croisent. Alors que Lynn est à la recherche d'un moyen de "réduire le système sonore à l'échelle du corps", Julien travaille sur la spatialisation du son, souvent en extérieur et sur de grandes distances. L'idée étant de construire des sculptures sonores à grande échelle. Leurs pratiques - qui engagent toutes deux physiquement l'auditeur dans les processus d'écoute - se mêlent pour l'élaboration du projet "Pause" en 2004 puis "Stimuline" en 2008.
"Stimuline" - Concert audio-tactile
"Stimuline" reprend les principes de l'expérience audio-tactile, l'auditeur revêt une combinaison dans laquelle sont disposés 15 haut-parleurs : des stimuli sont envoyés individuellement dans chacun de ces 15 points, les vibrations se déplacent sur la peau tandis que le son est transmis à l'oreille par conduction osseuse. Les auditeurs sont placés dans une configuration de concert classique, où l'expérience intime se confronte à celle de groupe. Lynn Pook et Julien Clauss sont munis de leur propre interface en tous points semblables à celle des participants : auditeurs et musiciens sont ainsi reliés par câble à la même matrice, matérialisant ainsi la conduction. Pour "Stimuline", Julien Clauss et Lynn Pook ont voulu pousser l'expérience un peu plus loin. Alors que chaque spectateur, plongé dans le noir et muni de bouchons d'oreilles, explore la résonnance de son propre corps, le duo va progressivement réorienter, déhiérarchiser l'appareil perceptif en ajoutant une source sonore extérieure ainsi qu'une forte lumière. Cette multiplication des sources va écraser le dispositif audio-tactile pour mieux le réintroduire. Les sons émis par les baffles, placées autour des participants, vont petit à petit se faire moins présents, avant de totalement disparaitre pour laisser place - à nouveau - à l'exploration intime, créant ainsi une balance entre l'espace intérieur et extérieur."La dimension tactile du son est difficilement mémorisable, elle fait appel à la partie "inconsciente" de notre mémoire. C'est ce qui rend l'expérience particulièrement intéressante" explique Lynn Pook qui se défend d'une approche trop "scientifique", et qui préfère faire appel au côté instinctif et sensible du dispositif. Aucune session ne se ressemble, "Stimuline n'est qu'un instrument et non un dispositif de diffusion" rappelle Julien Clauss. Un dispositif, en constante mutation, avec lequel les deux artistes expérimentent.
Actualités
Lynn Pook et Julien Clauss
le samedi 23 mai 2009
à La Force de l'art 02.
>> En savoir plus
Stimuline
du 15 au 21 mai 2009
dans la cadre du festival "Immatérielles"
à la Maison des Métallos - Paris
>> Le site officiel
Les séances ont lieu :
vendredi 15 mai à 21h
samedi 16 mai à 13h et à 20h
dimanche 17 mai à 13h et à 20h
mardi 19 mai à 20h
mercredi 20 mai à 20h
jeudi 21 mai à 13h et à 20h
La jauge est limitée à 28 personnes,
réservation indispensable au 01 47 00 25 20 / reservation@maisondesmetallos.org,
Liens
- Le site officiel de Lynn Pook
- Le site de Julien Clauss - cyclic
- Julien Clauss sur MySpace
- Julien Clauss fait parti du laboratoire de recherche en art audio Locus Sonus






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