“Extended harm”, “Third hand”, “Muscle machine”, “Motion prothesis”, “Ear on arm”… plus d’une dizaine de pièces majeures, exosquelettes et prothèses conçus par l’artiste australien, photos et documents vidéo témoignent d’une carrière artistique vouée au corps, ses limites et ses extensions possibles : deux têtes ‘pensantes’ en action, l’une prothétique - pour ne pas dire prophétique - (Prosthetic head), l‘autre déambulatoire (Walking head), comme troublantes incarnations de la Stelarc-machine, nous accueillent dans le Hall du centre d’art.
Quarante ans d’expérimentation ou presque, de performances et de collaborations avec des équipes techniques et médicales : une sculpture dans l’estomac et l’implantation récente d’une troisième oreille dans le bras - bientôt dotée d’un récepteur wi-fi pour que nous puissions partager ses pérégrinations auditives-, un avatar sur Second life et un autoportrait programmé selon les règles de l’IA… Stelarc n’a pas fini d’explorer ce qu’il résume par "l’obsolescence" d’un corps qu’il considère comme prothèse, réceptacle de nos outils de survie au monde moderne.
"Ce sont les suspensions (nu, retenu par des crochés plantés dans la peau en plein ciel de New York, de Copenhagen, ou dans la discrétion d’un hangar, ndlr) qui m’ont fait réaliser les limites du corps humain, sa fragilité." raconte Stelarc. Et c’est en parallèle de ces expériences où seul s’entendait le bruit du vent et des crissements de sa peau, qu’il a développé cette idée d’un corps augmenté de prothèses mécaniques ou sensorielles, d’un corps interfacé, connecté, partagé, manipulé à distance par autrui, capable d’expérimenter une réelle intimité sans nécessaire promiscuité, questionnant la notion même d’individualité. "Ce qui importe, annonçait-il en 1991, dans les colonnes de la revue ‘art-science’ Leonardo, ce n’est plus le rapport homme-femme mais l’interface homme-machine, le corps est obsolète."
Stelarc persiste avec l’idée que la technologie construit la nature humaine. "Aujourd’hui, dit-il, nous entrons dans l’ère de la circulation de la chair (circulation of flesh) où le vivant, le déjà mort (cryogénisé) ou le pas encore né co-existent dans l’attente de futures retrouvailles". Une nouvelle entrée en matière, qu’il ponctue d’un rire espiègle comme s’il s’agissait d’un défi à relever.
L'exposition
Stelarc : Les mécaniques du corpsjuqu'au 28 juin 2009
au Centre d’art d'Enghien-les-Bains
>> Voir le site
Le festival
Bains Numériquesdu 05 au 13 juin 2009
à Enghien-les-Bains
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Liens
- Le site officiel de Stelarc
- Le site olats
- Le site du Centre des Arts d'Enghien-les-Bains
- Le site du festival Bains Numériques






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