C’est avec un grand du théâtre européen que nous avons rendez-vous, Thomas Ostermeier. Il monte « Mademoiselle Julie » d’August Strindberg, et nous arrivons le soir de la première. A notre première rencontre, le metteur en scène est détendu, un grand gaillard assez charismatique, avec encore un visage d’enfant. Il parle allemand, bien sur, mais comprend aussi très bien le français, l’emploie dès qu’il le peut.
Directeur de la prestigieuse Schaubühne, il fréquente régulièrement les scènes françaises, Avignon presque tous les deux ans, depuis qu’il a été artiste associé en 2004, mais aussi le théâtre national de Bretagne à Rennes, et l’Odéon à Paris. A 43 ans, tout semble lui sourire. Et les défis l’entrainent.
Comme cette Mademoiselle Julie, réécrite pour l’occasion, transposée dans la Russie inquiétante de Vladimir Poutine, et jouée en russe. Avec lui, on sait déjà que l’on va parler bien évidemment de scène mais aussi d’engagement, pour le théâtre, mais aussi à travers le théâtre.
« Nous n’appelons pas à la révolution, nous essayons d’appréhender un aspect de l’actualité du moment. Nous n’apportons aucune réponse, nous décrivons une situation. »
Thomas Ostermeier est finalement un homme de son temps, dans son temps. A travers ses pièces et ses mises en scène, le metteur en scène se cherche des héros, des héros, comme il le dit, qui ont besoin de démesure. Des héros à sa mesure pour un regard singulier sur le monde
Lionel JULLIEN
Rédacteur en Chef SQUARE
square@arte.tv






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