Outre les performances lors de soirées dites hybrides avec lives electro-visuels ou des ateliers pour les petits qui s’inscrivent aussi dans un travail de médiation, de relais ou d’une programmation artistique d’envergure internationale tout au long de l’année, l’originalité du festival consiste à porter pendant cinq jours, les arts électroniques dans la rue : une gageure.
Il est vrai qu’en sortant des sous-sols de la ligne 12, face à la Mairie D’Issy, on peut être intrigué par un écran dégoulinant de pluie rouge en vitrine de la librairie centrale, ou bien charmé par ces petits baraquements de couleurs vives où vous attend toute une équipe de médiatrices bien briefées dans leurs t-shirts noirs ajustés. Vous y trouverez aussi, disons une horloge électronique puisqu’il s’agit là d’un film sur plasma, réalisé avec l’aide de 70 travailleurs œuvrant toute une journée pour modifier en temps réel la construction monumentale d’un horaire concocté avec des planches de bois.
Quelques publications, dont la "Technology review" du MIT en version française ou la nouvelle mouture de la collection DVD Talents, spécial archi@design, déposées en consultation ou à l’achat, avec quelques jeux spécifiques en réseau tel que le joli “Tales of Tales” de Entropy8Zuper à découvrir sur place.
Surtout, ne pas prendre “L’Emotion Vending Machine” de Maurice Benayoun et Jean-françois Barrière pour la machine à café : au mieux vous pourrez sélectionner trois émotions parmi neuf sur cet appareil aussi identifiable qu’incongru, “peur”, “extase” etc et, à l’issue d’un “scan mondial instantané ”, obtenir une composition sonore unique à récupérer sur votre clef USB. L’art du dispositif
Après tout pourquoi pas, puisqu’il s’agit là de transformer la salle d’exposition, en kiosque et de placer la boutique sur la place publique. Mais qui aurait envie de se promener sous la pluie pour découvrir des installations plus ou moins interactives, illisibles dès lors qu’un rayon de soleil se pointe à l’horizon. Ça partait d’une bonne intention citoyenne, qui me rappelle le refrain sous forme de promesse d’une chanson d’Henri Tachan : “Demain l’art sera dans la rue monseigneur, l’art sera dans la rue !”.
Quand certains posent la question pertinente de savoir si les arts numériques sont solubles dans le capitalisme, je répondrais avec regrets qu’avant d’en arriver là, ils sont bien souvent hélas, dilués dans le dispositif. Pas facile en effet, de quitter le cocon immaculé de la salle d’expo, “the white cube” pour s’exposer aux intempéries d’une jungle sonore et peuplée.
Pourtant, certaines pièces ont bel et bien été conçues pour une lecture urbaine, en mouvement : l’installation de Thierry Fournier n’est autre en apparence, qu’un panneau d’affichage urbain classique à la différence près qu’il diffuse, comme s’il était devenu transparent, l’image même de la rue traversante, 24 heures plus tôt. Un décalage troublant qui induit "profondeur de temps" tout en évoquant l’ambiguïté d’une réelle « réalité intégrée » à la K.Dick, et que l’auteur nomme avec humour A+. Jeu de piste et cyber rallye
D’autres applications plus ludiques, telles que le parcours sonore sur psp d’Antonin Fourneau, "Oterp", ou plus narratif, celui de Xavier Boissarie, "Paysage Ephémère", qui permet de laisser, par le biais de son téléphone portable, des traces de son passage, ou suivre celui d’un autre, dans une modélisation en 3D de la ville, créent des passerelles entre monde réel et virtualité.
Participatif, le “meat your heart beat” de IVO Flammer et Wolf KA, donne pour but de retrouver son jumeau cardiaque dans les rues bien réelles de la ville muni d’un téléphone portable et d’un capteur de rythme cardiaque au bras. Mais attention ne pas s’emballer dès lors que vous approchez de la cible car votre rythme pourrait s’en voir modifier et votre avatar de disparaître sur l'écran de l’âme soeur. L’intitulé du festival 2008 est tout de même No(s) Futur(s) !
Comme disait Thomas Dolby déguisé en psychiatre, dans un vidéo-clip des années 80 : "Let’s the cube be with you !" (n’attendez pas qu’il vous trouve dans la rue)

Cube FestivalLes arts numériques réinventent la ville
du 3 au 8 juin 2008
Issy-les-Moulineaux
>> Le site du festival
Exposition dans la rue, concerts, performances, rencontres, ateliers, espace kids...

Le blogDécouvrez comment les artistes mais aussi l'équipe du Cube et celle d'arte.tv vivent le CubeFestival au jour le jour sur notre blog!
La bande-annonce du festival
Extraits du DVD "Special Issue 2 : Archi & Design"
A propos de l'auteur de l'article"Jesus on the dancefloor"
un film de Orevo
2008 - France - 26 min
Projeté dans le cadre du festival "Filmer la musique" au Point Ephémère vendredi 06 juin à 16h00
Reporter des scènes electro-arty depuis le début des années 90, Orevo rencontre Turzi au festival EXIT de Créteil en 2006. Frappée par l'étrange puissance de ce cocktail électro rock lancé sur les steppes désertées d'un psychédélisme jubilatoire, elle filme tous leurs concerts à Paris. Elle les suit à Toulon où ils répètent et jouent deux heures d'une création sonore inédite de Romain Turzi, pour le film de Fritz Lang Métropolis (1926), et dont on retrouvera les Tracks, quelques mois plus tard sur l'album A (Record Makers). Orevo a su capter l’énergie froide de Turzi, chef de file du renouveau psychédélique en France.






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