Le trailer du film (Real Vidéo)Critique : Du calvaire de Hans et Sophie Scholl et de leurs compagnons de lutte pacifique, le réalisateur Marc Rothemund a voulu retenir une observation de la période nationale-socialiste et de la résistance à son encontre d’un point de vue féminin. Il concentre son récit sur l’incarcération des résistants, pour atteindre à une économie qui tend à une exposition concrète des faits. La chute du mur, en 1989, lui a également permis d’exhumer un nombre important d’archives, en particulier les protocoles de l’interrogation des enfants Scholl, concourant à une grande précision, voulue à la fois par le scénario et par une mise en scène focalisée sur le genre du huit clos.
Il ne s’agit pas d’atteindre à une épure censée présenter Sophie Scholl comme une sainte, mais comme une personne responsable, aimant la vie, mais se voulant totalement impliquée, pour évoquer son combat non comme un héritage, mais comme un challenge capable de mettre en situation la jeunesse et le public d’aujourd’hui, et concourir à lui demander quelle serait son implication, dans pareilles circonstances. A ce titre, la confrontation entre l’étudiante et un homme de la rue (Alexander Held) ayant eu accès à un statut important, celui d'agent de la Gestapo, par une dévotion zélée et aveugle au régime nazi, loin d’apparaître manichéenne, se révèle d’une grande efficacité.
Le film parvient de fait à un haut niveau d’intensité émotionnelle, grâce aussi à la composition jamais hagiographique de Julia Jentsch, aperçue dans un rôle beaucoup plus en surface dans « The Edukators » de Hans Weingartner, ou celle d’ André Hennicke, incarnant un Dr Roland Freisler, chef du « tribunal du peuple », qui éructe sa rage totalitaire d’une manière absolument glaçante. Restreint à un point d’émotion et de revendication que peu de films cherchent cependant à atteindre, « Sophie Scholl – Die Letzen Tage » est un film sombre, parcouru par quelques raies de lumière saisies par Sophie Scholl comme des moments volés, c´est-à-dire une invitation à ne pas lâcher prise.
Julien Welter






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Un film sombre, parcouru par quelques raies de lumière saisies par Sophie Scholl comme des moments volés
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