Dès que l’académie de Pékin a annoncé le lieu d’examen – une semaine seulement avant le jour fatidique - les parents de Shuo sont venus voir la salle de classe dans laquelle leur fils va passer l’examen sésame. Comme des milliers d’autres parents, ils réservent une chambre d’hôtel pour que leur rejeton puisse profiter de quelque minutes de repos pendant la pause de midi. Les Tian ont mis toutes leurs économies dans l’éducation de leur fils.
Ensemble, ils gagnent un peu moins de 500 euros par mois. Le salaire de la mère passe tout entier dans les cours du soir. L’enjeu ? Il est énorme, car si le fils est recalé, ils perdent la face vis-à-vis de leur famille, des voisins, des amis. Un cauchemar pour les Chinois !
« Aussi rapides et efficaces qu’un ordinateur »
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Faisant partie des nantis pékinois, le ménage dépense 2000 euros par mois pour l’éducation de leur fille. A l’école maternelle « Berceau doré » réservée aux plus nantis, les bambins de trois ans bûchent déjà sur les leçons de CP. En plus des idéogrammes, ils apprennent l’anglais et les mathématiques. Pas de place pour le jeu dans cette fabrique de têtes bien pleines ! Aux yeux de nombre de parents chinois obnubilés par les performances de leur progéniture, une enfance passée dans l’insouciance est une perte de temps.
« Aussi rapides et efficaces qu’un ordinateur », c’est ainsi que les souhaite le fondateur de la chaîne de jardins d’enfants : « Nous ne voulons plus d’enfants qui fonctionnent à la vitesse d’un vieux PC 286. Trop lents, trop de plantages. Les enfants, nous voulons qu’ils fonctionnent comme un processeur Pentium ».
Les espoirs de médaille de demain
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Grâce à une discipline de fer, les résultats sont au rendez-vous, en classe comme en salle de sport. Jin et ses camarades de classe s’accommodent de la rudesse du régime. Pour eux, c’est un honneur de faire partie des 400.000 jeunes sélectionnés pour cette forge à talents. Ils représentent les espoirs de médaille de la Chine de demain et s’ils souffrent, c’est pour la gloire et l’honneur de la patrie ! Dans cette course aux performances, les familles engagent là aussi tous leurs espoirs et toutes leurs économies.
Les gagnants et les perdants
La modernisation de la Chine et son fulgurant essor économique ont pour effet de partager le gros milliard de Chinois en deux : d’un côté les gagnants, les perdants de l’autre. Ceux qui ne tiennent pas le rythme scolaire et la compétition acharnée n’ont aucune chance. La fuite dans les univers virtuels est l’un des moyens d’échapper à la pression du quotidien. D’ores et déjà, un Chinois sur huit serait accroc à l’Internet, avec une majorité de jeunes hommes.
C’est le cas de Xing : dans une consultation, ce timide adolescent avoue à son médecin qu’Internet est son seul refuge, le seul lieu où personne n’attend rien de lui. Sans son ordinateur, il est perdu. Dans son cas comme dans d’autres, l’Etat chinois n’est pas à court de solutions : les victimes peuvent par exemple se faire soigner dans des centres de désaccoutumance. L’hôpital militaire n°7 de Péking - il n’est pas le seul - a une double réponse : traitement médicamenteux et mise au pas militaire !
Une formation scolaire de qualité - un luxe réservé à une élite
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La jeune fille a soif d’apprendre et rêve d’une vraie formation scolaire. Mais les conditions de vie à la campagne sont quasi moyenâgeuses et dans un village comme le sien, la vie d’une fille ne vaut pas grand-chose. Les moyens financiers de sa famille suffisent à peine à payer les études d’un des enfants et l’heureux élu sera plus probablement son petit frère Xiao Yun qui fait toute la fierté de son père.
Pour l’instant, Xiao Yan attend avec impatience l’heure des cours. C’est le seul moment de la journée où elle échappe à ses tâches ménagères. L’école du village se trouve à plusieurs kilomètres de marche de sa maison et compte 4 classes pour quelque 200 élèves de tous âges. C’est avec bonheur que les enfants suivent les cours, même si ces derniers ne peuvent rivaliser avec le niveau d’enseignement dans les villes.
En Chine communiste, suivre une formation scolaire de qualité reste un luxe réservé à une élite. Le pays compte environ 120 millions de personnes illettrées et leur nombre va croissant. Beaucoup de parents enlèvent en effet leurs enfants très tôt de l’école parce qu’ils ont besoin de main-d’œuvre à la maison. C’est le destin qui attend sans doute Xiao Yan, malgré sa soif de connaissances.





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