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09/12/05

Sirp (Estonie)

  • CARTE D’IDENTITÉ

Titre : Sirp
Fondateur : Ministère estonien de la Culture
Domaines couverts : seule publication culturelle estonienne impartiale couvrant le théâtre, le cinéma, la musique, l’art, la littérature et les questions sociales
Tirage : 4 900 ex. (14 000 lecteurs)
Périodicité : hebdomadaire
Lectorat : artistes, intelligentsia, personnes s’intéressant à
des domaines précis
Positionnement politique : neutre
Adresse : Väike-Karja 12, EE-10140 Tallinn


  • ARTICLE

Auteur : Aili Aarelaid, directeur du Centre d’études de culture contemporaine à l’Université de Tallin.
Titre : ,,Sotsiaaldemokraatia on võrsunud ametiühinguliikumisest, mis oli nõukogude ajal kompartei ripats“.
« La social démocratie est née du mouvement syndical, lui-même simple prolongement du parti communiste ».
Sirp, 12 août 2005.


  • FICHE DE LECTURE

Aili Aarelaid étudie dans cet article la situation de la social-démocratie en Estonie. Elle commence par livrer des anecdotes sur la façon dont la période d’occupation soviétique a affecté l’opinion des Estoniens sur le socialisme et la social-démocratie. Les Estoniens qui ont fui le régime communiste pour se réfugier en Occident abhorrent dans l’ensemble la couleur rouge. Personne ne portait de rouge lors des manifestations officielles. Anton Hansen Tammsaare, un des écrivains estoniens les plus connus, a écrit dans son ouvrage en cinq volumes, « Vérité et justice », que la social-démocratie est à un pas du socialisme.

Ce sont, d’après elle, les mouvements syndicaux du XXe siècle qui ont permis le développement de la social-démocratie. Elle mentionne spécifiquement les pays nordiques et les « vieux » pays européens comme l’Angleterre, la France et l’Italie. La syndicalisation des travailleurs était néanmoins mal vue en Estonie durant la période tsariste et au début des années d’indépendance (les années 20 et 30) et on y mettait l’accent sur l’organisation de manifestations indépendantes par les usines et les associations sportives. Les travailleurs estoniens n’étaient pas politisés.

L’éditorial se poursuit par l’analyse de l’influence de l’occupation soviétique sur le mouvement social-démocrate en Estonie. Tandis que les syndicats des pays nordiques ouvraient la voie à l’émergence de l’État providence, leurs homologues soviétiques accordaient des bons de logement et des coupons d’achat de tapis à leurs membres « loyaux ». Simple prolongement du parti communiste, les syndicats soviétiques étaient loin de constituer une composante de la société civile. Aarelaid suppose que la période soviétique a rendu tabou le concept de socialisme, provoquant un basculement vers le centre et dépeuplant les rangs de la gauche.

L’article se conclut par un rappel historique. L’auteur demande où se trouve la génération ayant grandi avec les syndicats comme dans les pays nordiques. L’Estonie a sa propre intelligentsia, mais celle-ci ne possède pas de tradition social-démocrate (ni libérale, ni conservatrice). L’Estonie n’est pas encore parvenue à assumer son « passé rouge ».

Daniel Erik Schaer

POUR ALLER PLUS LOIN

Sur le pays :

Sur la revue :

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Regards croisés n° 2,
L’Europe sociale malmenée
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Edité le : 09-12-05
Dernière mise à jour le : 09-12-05


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