Naturaliste passionné, Roger Etcheberry vit depuis toujours à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il connaît la mentalité des insulaires. Même à l’autre bout de l’Atlantique, ils sont français dans l’âme : « Ils aiment la liberté. Ils croient que, parce qu’ils sont isolés sur une île, ils peuvent faire n’importe quoi. Mais malheureusement, si nous continuons comme ça, nous aurons du mal à survivre ». Pendant des décennies, ils ont vécu, et bien vécu du cabillaud. Une surexploitation effrénée a entraîné l’interdiction de la pêche dans les années 1990. Un arrêt de mort pour l’économie de l’archipel. Personne n’a prévu d’alternative. Il n’y a ici rien d’autre que la nature, certes d’une grande richesse, mais vulnérable.
Roger Etcheberry sait que les populations de nombreuses espèces d’oiseaux rares sont en recul, parmi elles le pluvier siffleur, et que certaines espèces de plantes ont même déjà disparues. Jusqu’à présent, il était l’un des seuls à s’en inquiéter, mais cela va changer. L’aide vient de la métropole – qui l’eut cru ?
Guidé par Roger, Jean-Philippe Siblet, du Muséum d’Histoire naturelle, étudie la situation, explore les quelques sites de l’archipel encore sauvages et les déclare patrimoine naturel. Des oiseaux marins comme le macareux moine trouvent ici des conditions propices à la nidification ; ils sont parfaitement adaptés au climat rude et venteux de ces îles. Désormais, c’est à l’homme de faire en sorte que leur habitat soit préservé pour qu’ils puissent se reproduire.







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