Taille du texte: + -
Accueil > Culture > Tracks

Tracks

Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

> > Roy Stuart

Tracks

Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

Tracks

07/04/09

Roy Stuart

Un reportage de Dominique Rebellini


Les petites culottes n’ont aucun secret pour lui. En guerre contre l’industrie du sexe et ses stéréotypes, Roy Stuart milite pour un porno au naturel, élevé en plein air.

Previous imageNext image

Selon lui, "le porno, c’est de la charcuterie, je n’ai rien à faire avec le porno, moi !"

S’il ne fait pas dans la bidoche, Roy Stuart n’est pas non plus un saint. Depuis 20 ans, ce photographe américain soumet d’innocentes jeunes femmes à tous ses caprices. Roy a réussit l’exploit de faire de ses livres cochons des livres d'art, vendus à plus de 500 000 exemplaires dans le monde. Un record qui repose sur une règle d’or : vive les poils, à bas le silicone.

Installé à Paris, son appartement haussmannien transformé en studio photo est le principal décor de ses fantasmes. A 53 ans, Stuart en a vu passer des vertes… et des pas mures. "Il y a des gens qui croient que des filles habitent ici et qu'elles sortent la nuit pour de grande partouze (...), ça, c’est le mythe !"

Cette année, Roy Stuart se sent pousser des ailes. Après avoir réalisé "Giulia" en 1999, un court métrage produit par le Fellini du film érotique Tinto Brass, le photographe américain sort son premier long métrage. "The Lost Door" mélange sans complexe érotisme et polar avec des dialogues qui feront date. "Ca te dirait que je te découpe de la chatte jusqu'à la bouche et puis que j'me glisse tout entier à l'intérieur de toi?"

The Lost Door
Les 9 et 16 mars 2009 à 21h30 au Cinéma Studio Galande

Né dans la bourgeoisie d’affaire new yorkaise, Roy se lance à corps perdu dans le cinéma où il décroche de petits rôles. Son Himalaya : une apparition dans le Parrain II. Sa carrière semble toute tracée jusqu’au jour où patatras : le destin frappe à sa porte. "J’avais une copine qui travaillait dans un topless bar et je trouvais ça moche que tous les mecs la regardent comme ça, nue… Elle me disait : tu ne comprends pas… viens, on va faire un film X… Je l’ai fait parce que c’était le challenge".

En parallèle à sa carrière dans le cinéma traditionnel, Roy Stuart devient le pervers de service dans de nombreux films X. Emporté par son élan, il se met à la photo. Dans sa buanderie, Roy archive des centaines de publications coquines.

Pourfendeur des photos de mode avec leurs filles calibrées et des clichés du porno amateur, Roy a sa botte secrète. Chacune de ses séances photos est conçue comme un tournage. "Je travaille toujours d'abord avec une caméra. Je fais une petite séquence et après je prends des photos. Ils sont plus naturels, ils bougent naturellement, comme s’ils étaient filmés au lieu d’être figés, posés…"

Pourquoi gâcher ? Roy fait des making-of de ses séances photos, des petits films qu’il rassemble dans sa série "Glimpse", coup d’œil en français. A 80 euros pièce, ces DVD autoproduits se vendent à la pelle. "C’est étonnant parce qu’ils sont assez chers, et pas super sexes non plus, ce sont des films un peu oniriques avec beaucoup de poésie."

Liens



Livres


  • Roy Stuart V, (Taschen, 2008, édition accompagnée d'un Dvd)

Vidéo "The Lost Door"



Tracks
samedi, 28 février 2009 à 03:00
Pas de rediffusion
(France, 2009, 52mn)
ARTE F

Edité le : 24-02-09
Dernière mise à jour le : 07-04-09