Avec Kim Rossi Stuart, Anna Mouglalis, Pierfrancesco Favino, Stefano Accorsi…
Synopsis : Rome, dans les années 1970. Une bande de jeunes gens issus des quartiers populaires nourrit l’ambition de régner sur la ville. Du rançonnage au trafic d’héroïne, le libanais, Freddo et Dandy assoient peu à peu leur emprise criminelle. Allégeance est faite à la mafia, ainsi qu’à plusieurs politiciens. Tandis que le terrorisme d’extrême gauche déchire le pays, cette coalition de malfrats apolitiques se charge parfois des basses besognes de l’extrême droite. Mais les mensonges, l’avidité et la naissance de l’amour chez Freddo, pourtant considéré comme le plus insensible de tous, vont précipiter le gang dans sa chute, au cours des années 1980.
Biographie : Né le 19-5-1946 à Ascoli Satriano, dans les Pouilles. Acteur de cinéma depuis 1972, également réalisateur à partir de 1990. Ours d’Argent en 1979 pour son rôle dans ERNESTO (réal. : Salvatore Samperi). Interprète de plus de 90 films et téléfilms réalisés par des metteurs en scène italiens de premier plan comme Francesco Rosi, Marco Bellocchio, les frères Taviani, Marco Ferreri, Damiano Damiani, Lina Wertmüller et autres. Célèbre en Europe pour son rôle du commissaire milanais Corrado Cattani, dans la série télévisée « La Piovra » (« La Pieuvre ») (1984-89).
Critique : Le comédien Michele Placido est indissociable de la longue série télévisée « La Pieuvre », une évocation des luttes policières anti-mafia produite par la Rai au cours des années 1980. La logique télévisuelle dans son versant le moins novateur et le plus formaté semble à nouveau conditionner les ressorts dramatiques et le casting de sa nouvelle réalisation, auxquels ils ne confèrent aucune densité. Tout au long d’un récit parcourant pourtant près de quinze années d’une odyssée meurtrière, Placido s’en tient au seul registre de la façade : le défilé des vieux modèles Fiat, des imperméables aux coupes seyantes, des Ray Ban vintage, quelques images d’actualité… Nulle source de plaisir ou de folie transgressive n’émerge d’une fiction qui a essentiellement retenu du cinéma politique italien l’indécrottable sérieux de ses moments les plus ternes. Quant à la photographie, oscillant de manière foncièrement laide entre le carmin outrancier de son référant policier et le choix excessivement ombrageux des éclairages, elle ôte toute crédibilité à l’entreprise.
Scénariste et metteur en scène ont sans doute assimilé l’amoralité des personnages à leur très dommageable manque de consistance. Il y avait pourtant matière à nourrir d’une jubilation vénéneuse ce film prêt à invoquer, en dernier recours, les grandes heures de la série B criminelle italienne… pour mieux plagier le cinéma américain. Rétroactivement, ce dernier a toujours reconnu s’en être inspiré. Hélas ! Plusieurs plans issus des oeuvres de Martin Scorsese ou Brian de Palma (et même « Boogie Nights » de Paul Thomas Andrerson !) sont reproduits par Placido dans un geste cruellement dépourvu de nuance. En Italie, « Romanzo Criminale » s’est présenté comme le versant noir de « Nos meilleures années » (2003). Même si l’on ne s’ennuie pas vraiment au cours de ces 2h30 de projection, il s’agit en réalité d’un avatar purement illustratif et tape-à-l’œil de la fiction très estimable réalisée par Marco Tullio Giordana. Julien Welter
-------------------------
Romanzo Criminale
(Italie – France, 2005, 2h30)
Avec Kim Rossi Stuart, Anna Mouglalis, Pierfrancesco Favino, Stefano Accorsi…
Sortie du 22 mars 2006






Envoyer à un ami
Une recréation artificielle du film noir.
RSS
Facebook
Twitter