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Un thriller diabolique inédit en France

Un meurtre atroce, une brigade criminelle qui multiplie les fausses pistes, une famille sous le choc, un homme politique en campagne impliqué malgré lui...

> Retour sur un succès mondial

Un thriller diabolique inédit en France

Un meurtre atroce, une brigade criminelle qui multiplie les fausses pistes, une famille sous le choc, un homme politique en campagne impliqué malgré lui...

Un thriller diabolique inédit en France

12/07/12

Retour sur un succès mondial de la série

"Forbrydelsen" - Le crime à l’état brut

 
« Il est troublant de voir à quel point la sensibilité nordique convient à un genre qui paraissait jusqu'à présent, de façon aussi indiscutable qu'inimitable, comme devant être violent et américain (...) Par bien des aspects, The Killing est l'opposé des séries policières les plus populaires de la télévision américaine [où] chaque équipe d'enquêteurs possède son personnage décalé dont les plaisanteries assurent au téléspectateur qu'il ne fera pas de cauchemar une fois l'épisode terminé. » Dans le New York Times daté du 1er avril 2011, Alessandra Stanley ne tarit pas d’éloges sur la série danoise et résume ainsi l’engouement général qu’elle a suscité dans le monde entier : au Danemark d’abord, en Europe ensuite et pour finir aux Etats-Unis, quatre ans après sa première diffusion.



The Killing II (ou Forbrydelsen en VO) se base sur le même principe que la saison précédente : une enquête criminelle unique, où chaque épisode correspond à une journée d’investigation qui voit les inspecteurs étudier chaque piste, et confronter chaque suspect. Un « whodunnit » classique mais efficace qui se mêle également à un jeu de pouvoir politique plus ou moins lié à l’affaire : il s’agissait de la campagne électorale pour la mairie de Copenhague lors de la première saison, ce sera la lutte contre le terrorisme au sein du Ministère de la Justice et du gouvernement danois deux ans plus tard.
La nouvelle enquête, assortie de personnages inédits, permet de constituer une saison totalement indépendante ; seule Sarah Lund et son supérieur font le lien avec la première saison.
Avec moitié moins d’épisodes mais une intrigue plus dense et plus resserrée, la saison 2 de The Killing reprend donc le meilleur de sa première saison, en conservant la lenteur et l’ambiance caractéristiques de son succès.
 
 

Un triomphe danois sans précédent

 
La première saison de The Killing devait initialement être diffusée sur la chaîne danoise DR1 en deux parties de dix épisodes. Néanmoins, suite au succès sans précédent de la première partie, diffusée de janvier à mars 2007, la suite de la saison avait finalement été avancée à l’automne de la même année - alors même que la chaîne avait initialement prévu de diffuser cette seconde partie un an plus tard.
 Cette anecdote en dit long sur le choc de la série sur le public danois. Diffusée en prime time le dimanche soir sur la première chaîne publique du pays, la série explose les records d’audience, attirant jusqu’à 2,1 millions de téléspectateurs le soir de l’épisode final, soit près de la moitié des habitants du Danemark ! 

Auparavant, les téléspectateurs s’étaient déchaînés sur les sites de paris et sur Twitter pour débattre de l’identité du meurtrier de Nanna Birk Larsen. Pareil phénomène ne s’était pas produit, de mémoire de sériephile, depuis la révélation Twin Peaks de David Lynch – série à laquelle on peut d’ailleurs trouver de nombreux points communs avec The Killing.


La comédienne Sofie Gråbøl, qui interprète avec sensibilité et retenue le rôle de Sarah Lund, est désormais devenue célèbre au Danemark. « [Pendant la diffusion], je ne pouvais pas me rendre dans un supermarché à Copenhague sans être entraînée dans des discussions complexes sur la vie sentimentale de Lund ou sur l’identité du tueur. »

Les fameux pull-over, en grosse maille illustrée de flocons de neige, que porte son personnage durant toute la série, sont également devenus cultes - au même titre que l’imper des détectives d’antan. Il est en effet si rare aujourd’hui de voir un personnage féminin ne pas changer de vêtements à chaque scène que le pull fait désormais partie intégrante de la série et de son univers.
 
 
La série ne tarde pas à s’exporter et dès 2007, elle est diffusée dans toute la Scandinavie, puis dans le reste de l’Europe entre 2008 et 2011. En France, c’est ARTE qui diffuse la première saison en mai 2010.
 
Le succès est aussi critique que public et les récompenses pleuvent. La saison 2 de la série a reçu en juin 2010 le prix de la meilleure production européenne au festival de Monte-Carlo, ainsi que le BAFTA Television Award de la meilleure série étrangère au Royaume-Uni en février dernier, triomphant ainsi des mastodontes américains Mad Men, Boardwalk Empire et Glee également nommés.
 
 

La consécration anglo-saxonne

 
Les anglo-saxons privilégient généralement leurs propres productions mais face au succès européen exceptionnel de la série danoise, la BBC diffuse la saison 1 de The Killing début 2011 en version originale sous-titrée et connaît un succès d’audience inattendu.
 
Consécration ultime pour une série européenne, The Killing a été l’objet en 2011 d’un remake 100% US par la chaine AMC, pourvoyeuse depuis quelques années de séries atypiques et exigeantes (The Walking Dead, Mad Men, Breaking Bad).


Dès la tagline de la série « Qui a tué Rosie Larsen ? », on constate que la série américaine ne s’éloigne que très peu du modèle original. La saison ne fait que 13 épisodes au lieu de vingt, mais suit le même principe - à savoir une journée d’enquête par épisode - et l’intrigue est désormais située à Seattle, filmée de façon aussi morne que la capitale danoise.
 
The Killing US a rencontré le succès escompté, le "series premiere" réalisant le meilleur démarrage de la chaîne après The Walking Dead (2,7 millions de téléspectateurs), confirmant AMC dans son rôle de « petite chaîne qui monte » dans le domaine des séries. Fort logiquement, la chaîne a rapidement reconduit la série pour une seconde saison de 13 épisodes.
 
 

Le succès du polar à la scandinave

 
Le succès tant critique que public de la série fait écho à une vague d’intérêt plus large pour la culture scandinave, et pour le polar en particulier. En littérature, tout a commencé avec la trilogie suédoise déjà culte de Millénium, adaptée ensuite au cinéma et à la télévision avec brio, et qui va faire à nouveau l’objet d’une adaptation aux Etats-Unis par le brillant David Fincher
 A la suite de ce best-seller mondial, d’autres personnages d’enquêteurs scandinaves ont fait leur apparition ; le public se fascine pour l’apparente froideur de ces pays contrastant avec une violence larvée, dépeinte sans compromission.
A la télévision, c’est la série Wallander adaptée des polars de Henning Mankell, qui retient l’attention. Achetée par la BBC dès 2008, la seconde saison fait l’objet d’une diffusion quasi-simultanée en Angleterre et en Suède, qui amène la chaine BBC4 à diffuser les derniers épisodes avant même leur sortie suédoise.
 Enfin, la dernière série produite par la Danmarks Radio, Borgen, s’annonce comme l’héritière proclamée de The Killing : traitant des arcanes de la politique danoise à travers un personnage de femme Premier Ministre, elle est d’ores et déjà multi primée dans les festivals et a été achetée par BBC4 et ARTE en vue d’une diffusion prochaine.
 
Quant à l’avenir de The Killing, la saison 3 est actuellement entrée en pré-production, et sera visible sur les écrans danois à la rentrée 2012. Nul doute que toutes les chaines européennes, BBC 4 en tête, n’attendront pas pour diffuser cette série d’exception.
 

Oriane Hurard

Edité le : 10-08-11
Dernière mise à jour le : 12-07-12