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Le Serment

À travers un double regard – celui d’une jeune Londonienne qui se rend pour la première fois en Israël et celui de son grand-père, soldat britannique dans la Palestine des années 1940 – Peter Kosminsky retrace l’histoire du conflit israélo-palestinien de 1945 à nos jours.

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Le Serment

À travers un double regard – celui d’une jeune Londonienne qui se rend pour la première fois en Israël et celui de son grand-père, soldat britannique dans la (...)

Le Serment

18/11/13

Repères chronologiques

Un conflit centenaire


De la gestation du premier foyer national juif à la promesse, encore insatisfaite, d'un Etat palestinien, retour sur un long différend, nourri de violence, d'incompréhensions et de rendez-vous manqués.

1901

Création du Fonds national juif. Destiné à acheter des terres en Palestine, il est financé par l’argent de la diaspora et la vente de timbres-poste.

16 mai 1916

La Grande-Bretagne et la France signent l’accord secret Sykes-Picot lors duquel ils se partagent l’Empire Ottoman, anticipant sa défaite lors de la première Guerre mondiale.
La France prend le Liban et une zone d’influence sur la Syrie, les Britanniques s’adjugent la province arabe de Bassorah et la Mésopotamie moyenne. La Palestine est placée sous administration internationale.
Les deux pays promettent à leurs alliés arabes la création, à terme, d’un grand Etat arabe.

2 novembre 1917

Dans une lettre adressée au chef de file de la communauté juive en Grande-Bretagne, Lord Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères, écrit que « le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif ». Le texte précise que « rien ne sera fait qui porte atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives de Palestine ».

Quoique le mot « État » n’y figure pas, cette lettre est souvent considérée comme l’outil qui légitimera, trente ans plus tard, la création de l’État d’Israël.

1920

Suite aux émeutes anti-juives menées par les nationalistes arabes  à Jérusalem, Hébron, Jaffa et Haïfa, un réseau d’autodéfense clandestin voit le jour : la Haganah.

1922

La Société des Nations accorde aux Britanniques un mandat sur la Palestine en intégrant la déclaration Balfour de 1917 parmi les obligations de la puissance mandataire. Jérusalem est désignée comme la capitale.

1900-1930

Des centaines de milliers d’immigrants juifs (aliya) affluent vers la Palestine, notamment suite aux pogroms en Russie.

1936

De sanglantes émeutes (la « révolte arabe ») éclatent en Palestine contre la population juive qui riposte. Au total, des centaines de morts de part et d’autre. Les troupes britanniques peinent à maintenir l’ordre.

Juillet 1937

Suite à la Révolte arabe, Londres envoie une commission d’enquête pour analyser la situation en Palestine. A sa tête, Lord Peel fait une recommandation-choc : le partage du territoire en trois entités : un Etat juif (un tiers de la Palestine sous mandat britannique, y compris la Galilée et la plaine côtière), une zone restant sous mandat britannique (Jérusalem et le couloir menant de la ville à la mer) et un Etat arabe (le reste du territoire).

Ce plan est refusé par les parties et les représentants palestiniens et arabes exigent la fin de l’immigration juive en Palestine.

1939

La Grande-Bretagne limite l’immigration juive en Palestine à 75 000 personnes pendant cinq ans, soit 15.000 par an.

1939-1945

Durant la Seconde Guerre mondiale, 5 à 6 millions de juifs européens sont exterminés par l’Allemagne nazie.

22 juillet 1946

L’Irgoun, organisation armée juive, fait sauter l’hôtel King David de Jérusalem, quartier général des Britanniques : 91 morts, dont des civils juifs et arabes.



Alain Decaux raconte : « En juillet 1947, 4554 juifs européens dont beaucoup étaient des survivants de la Shoah s'embarquent à bord du "President Warfield", un vieux cargo, pour rejoindre la clandestinement la Palestine alors sous mandat britannique. Mais les Anglais s'emparent du bateau rebaptisé "Exodus 1947" et renvoient tous ses passagers dans la zone sous contrôle britannique en Allemagne. » (Document INA).

29 novembre 1947

Ne sachant plus comment gérer la question palestinienne, la Grande-Bretagne se tourne vers l’ONU qui présente un plan de partage du territoire :  coexistence d’un État juif souverain (56 % du territoire), d’un État arabe souverain (43%) et d’une enclave internationale pour Jérusalem et Bethléem.

Adopté en dépit de l’opposition arabe, ce plan ne sera jamais mis en œuvre.



Plan de partage Palestine - Israël / La joie des Israëliens (document INA)




Après la décision de l'ONU de partager la Palestine et de créer un Etat juif, la population arabe a réagi violemment et des troubles ont éclaté à Jérusalem. La population des quartiers juifs a commencé à fuir. (document INA)


9-10 avril 1948

Massacre du village de Deir Yassine par les troupes de l’Irgoun emmenées par Menahem Begin (110 morts).

14 mai 1948

Au moment même où le mandat britannique prend fin, David Ben Gourion, qui devient Premier ministre, proclame unilatéralement l’indépendance de l’État d’Israël. Reconnaissance de l’État hébreu par les États-Unis et l’URSS.


15 mai 1948

Première guerre israélo-arabe : l’indépendance d’Israël provoque des représailles immédiates de l’Égypte, de la Transjordanie, de la Syrie, du Liban et de l’Irak qui entrent en guerre contre les Israéliens et envahissent le pays. 


Ce conflit armé se solde par la victoire de l’Etat d’Israël qui devient membre de l’ONU le 11 mai 1949. Plus de 750.000 Palestiniens sont contraints à l’exil.


1950

La Knesset, le parlement israélien, adopte la « loi du retour » : tout Juif peut immigrer en Israël et devenir citoyen israélien.
C’est la grande aliya : près de 700.000 Juifs émigrent en Israël en provenance des pays arabes, d’Europe centrale et orientale.

En violation des résolutions de l’ONU, Israël vote une loi qui déclare Jérusalem capitale de l’État hébreu.


1951

David Ben Gourion créé le Mossad, le service de renseignement israélien.


29 mai 1964

Création de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), une initiative de la Ligue arabe afin de fédérer les millions de Palestiniens éparpillés dans les pays arabes suite à la création de l’État d’Israël.


5 juin 1967

Guerre des Six Jours : l’Égypte, la Syrie et la Jordanie bloquent le golfe d’Aqaba, seul accès d’Israël à la Mer Rouge. Craignant le blocus du pays, l’Etat hébreu attaque victorieusement les trois pays et occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, le plateau du Golan et Jérusalem-Est. Début de la colonisation de ce qu’on appelle dorénavant les « territoires occupés » dans lesquels vivent 2,5 millions d’arabes.

L’URSS et ses satellites rompent leurs relations diplomatiques avec Israël.


Rappel des raisons du conflit entre Israël et les pays arabes qui vient de mener à l'ouverture des combats militaires. (Document INA)


22 novembre 1967

L’ONU adopte la résolution 242 prévoyant l’évacuation par Israël des territoires occupés en échange de la reconnaissance par les Etats arabes du droit d’Israël à la paix dans des frontières sûres.

L’Égypte et la Jordanie acceptent la résolution et exigent, comme condition préalable aux négociations, un retrait israélien de tous les territoires occupés lors de la guerre de 1967.

Israël accepte également la résolution mais déclare que la question du retrait et celle des réfugiés ne peuvent être réglées que par des négociations en direct avec les États arabes et par la conclusion d’un traité de paix global. La Syrie et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) rejettent la décision de l’ONU qui, selon elles, a subordonné le retrait israélien à des concessions exigées des pays arabes.


1-4 février 1969

Yasser Arafat devient président de l’OLP.


17-27 septembre 1970

Septembre noir : le royaume hachémite de Hussein de Jordanie ne supporte plus la défiance des fedayins de l’OLP qui ont fait de son territoire la base arrière de leurs actions terroristes contre son propre sol et contre Israël. L’armée jordanienne bombarde alors des positions palestiniennes et expulse les réfugiés. L’offensive fera des milliers de morts. L’OLP d’Arafat se réfugie au Liban sous la protection de la Syrie.


6 octobre 1973

Début de la guerre de Kippour : les troupes égyptiennes et syriennes attaquent Israël par surprise le jour du jeûne de Yom Kippour (Grand Pardon). But : reprendre leurs territoires occupés (Golan et Sinaï) et laver l’affront de la guerre des Six Jours. Le début de l’offensive est favorable à l’Égypte et à la Syrie, mais Israël reprend l’avantage.

La tension internationale est à son comble. Le 22 octobre, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 338 qui réaffirme les principes de la résolution 242 de 1967 et appelle à la tenue de négociations visant à « instaurer une paix juste et durable au Moyen Orient ». Les combats cessent le 24 octobre.


13 novembre 1974

En dépit de la vive opposition d’Israël, l’ONU inscrit la question palestinienne à son agenda. Yasser Arafat, leader de l’OLP, y prononce un discours historique dans lequel il appelle à la création, en Palestine, d’un État démocratique où chrétiens, juifs et musulmans pourront vivre dans la justice, l’égalité et la fraternité.

La cause palestinienne fait alors un pas en avant : le 22 novembre, l’OLP se voit octroyer par l’ONU le statut d’observateur et est considérée comme acteur principal dans l’établissement d’une paix durable au Moyen Orient.

L’ONU reconnaît le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et les « droits inaliénables » des réfugiés palestiniens de retrouver leurs maisons et leurs biens.


Avril 1975

Début de la guerre civile libanaise


Novembre 1977

Visite historique du président égyptien Anouar el Sadate en Israël au cours de laquelle il prononce un discours devant les parlementaires israéliens à la Knesset. C’est la première fois qu’un dirigeant arabe se rendait dans le pays.




Interview d'Anouar el Sadate un an après son voyage en Israël (document INA).


17 septembre 1978

Signature des accords de Camp David entre l’Egypte et Israël, sous l’égide des Etats Unis, consolidés par le traité de paix israélo-égyptien, le 26 mars 1979 à washington. Les troupes israéliennes doivent alors se retirer du Sinaï.



Menahem Begin, Anouar El Sadate et le président américain Jimmy Carter signent le traité de paix israëlo-Egyptien à Washington. (Document INA)


30 juillet 1980

Le Parlement israélien vote une loi fondamentale proclamant Jérusalem « réunifiée » capitale d’Israël.


6 octobre 1981

Au cours du défilé militaire commémoratif de la guerre d’octobre 1973, le président égyptien Anouar el Sadate est assassiné par des extrémistes musulmans appartenant à l’organisation islamiste al-Jihad.


14 décembre 1981

Face au refus syrien de négocier, le Premier ministre israélien Begin procède à l’annexion du Golan.


25 avril 1982

Fin de l’évacuation du Sinaï par Israël.


6 juin 1982

Début de l’invasion israélienne du Liban et siège de Beyrouth.


9 septembre 1982

Adoption de la résolution finale de Fès appelant à la création d’un État palestinien indépendant, reconnaissant l’OLP comme représentant unique et légitime du peuple palestinien.


Juin 1985

Fin du retrait israélien du Liban, à l’exception de la zone frontalière du sud, contrôlée par l’Armée du Liban Sud.


A partir du 9 décembre 1987

Début de l’Intifada (la « Guerre des pierres ») : des Palestiniens de tous âges et de tous milieux se soulèvent dans les territoires occupés par Israël. Manifestations de masse (parfois violentes), boycottages des produits israéliens et grève de l’impôt pour protester contre l’occupation militaire de leurs terres et exiger la création d’un Etat palestinien. 

Cette révolte est un moyen pour les Palestiniens de rappeler aux Israéliens les mots de leur propre premier Premier ministre David Ben Gourion, en 1938 : « Un peuple qui se bat contre l’usurpation de sa terre ne se lasse pas si facilement. »

Entre 1987 et 1993, plus de 1 000 Palestiniens seront tués et des dizaines de milliers blessés, selon l’ONU.



Reportage dans la Bande de Gaza à la veille de la session extraordinaire du Conseil National Palestinien à Alger. (Document INA)



12-15 novembre 1988

L’OLP proclame l’État de Palestine, reconnaît les résolutions de l’ONU et réaffirme sa condamnation du terrorisme.


23 juin 1992

Itzhak Rabin remporte les élections législatives israéliennes. Il évoque un « retrait limité » du Golan en échange d’une « paix totale avec la Syrie ».


24-26 novembre 1992

Lors d’une tournée en Israël et en Jordanie, François Mitterrand défend le droit des Palestiniens à un Etat et appelle les autorités israéliennes à considérer les dirigeants de l’OLP comme des « interlocuteurs qui s’imposent ».


9-10 septembre 1993

Après des rencontres secrètes à Oslo, Israël et l’OLP se reconnaissent mutuellement et signent, trois jours plus tard à la Maison Blanche, la déclaration de principes.
L’administration civile du territoire palestinien est accordée à l’Autorité palestinienne. Yasser Arafat rentre à Gaza, où il est élu Président de l’Autorité palestinienne.



Les accords d'Oslo : la poignée de mains Arafat-Rabin (document INA).


14 octobre 1994

Arafat, Pérès et Rabin reçoivent conjointement le prix Nobel de la paix.


28 septembre 1995

En dépit de multiples attentats commis par le Jihad islamique et le Hamas, Arafat et Rabin signent à Washington des accords (Oslo II) sur l’extension de l’autonomie palestinienne à la Cisjordanie.


4 novembre 1995

Assassinat du Premier ministre israélien Itzhak Rabin par Yigal Amir, un étudiant juif d’extrême droite. Shimon Pérès lui succède à la tête de l’exécutif.


Novembre-décembre 1995

Israël achève son retrait des villes palestiniennes sauf Hébron.


27-29 septembre 1996

L’ouverture par la municipalité juive de Jérusalem d’un tunnel en contrebas de l’esplanade des mosquées provoque les violences les plus graves depuis la fin de l’Intifada.



8 octobre 1996

Première visite officielle d’Arafat en Israël.


15 janvier  1997

Protocole d’accord d’Hébron sur le redéploiement israélien dans la ville palestinienne.


25 mars 1999

Les chefs d’État des pays membres de l’Union européenne réunis à Berlin affirment « le droit permanent et sans restriction des Palestiniens à l’autodétermination, incluant la possibilité d’un Etat ».


13 octobre 1999

Démantèlement d’une dizaine d’implantations sauvages de colons israéliens sur les 42 établies sous le gouvernement Nétanyahou.


11-25 juillet 2000

Échec du sommet israélo-palestinien de Camp David II : les discussions achoppent sur la question de Jérusalem.


28 septembre 2000

Visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem. Le lendemain éclatent de violents affrontements qui gagnent vite la Cisjordanie et la Bande de Gaza. C’est le début de la « deuxième Intifada ».


12 octobre 2000

Après le lynchage de deux soldats israéliens à Ramallah, Israël bombarde des objectifs liés à l’Autorité Palestinienne à Gaza, Ramallah, Jéricho, Naplouse, Hébron.




La deuxième Intifada, octobre 2000 (document INA).


27 août  2001

L’armée israélienne exécute Abou Ali Moustapha, chef du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine).


17 octobre 2001

Assassinat du ministre israélien du Tourisme par le mouvement palestinien FPLP à Jérusalem.


3 décembre 2001

Début de la « réclusion » de Yasser Arafat à Ramallah.


13 décembre 2001

Ariel Sharon décide de rompre les contacts avec Yasser Arafat et l’Autorité palestinienne. 16 décembre : Arafat appelle à l’arrêt total des attaques contre Israël.


11 novembre 2004

Décès de Yasser Arafat.


2006

Le retrait israélien de Gaza renforce la popularité du Hamas. Le parti radical islamiste remporte les législatives avant de prendre le pouvoir dans la ville en 2007.


Avril 2012

Les Palestiniens envoient une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU réclamant la condamnation de la colonisation menée par Israël.

Le texte indique par ailleurs que les projets « illégaux et destructeurs d’Israël alimentent non seulement les tensions mais soulignent le caractère douteux » des affirmations des responsables israéliens lorsqu’ils disent être prêts à négocier un règlement de paix.

Les négociations de paix israélo-palestiniennes restent bloquées depuis septembre 2010 - échec de multiples tentatives internationales (Sommet de Taba, Initiative de Genève, Feuille de Route, Conférence d’Annapolis - pour ramener la paix entre Israéliens et Palestiniens). Avant de les reprendre, les dirigeants palestiniens exigent qu’Israël cesse la colonisation des territoires occupés depuis la guerre de juin 1967 et accepte les lignes d’avant 1967 comme base de discussions. Israël rejette ces revendications et se dit prêt à des négociations « sans condition préalable ».

Philippe Mathon

Edité le : 11-04-12
Dernière mise à jour le : 18-11-13