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Cinéma TRASH - 19/02/12

Rencontre avec William Lustig

Rencontre avec le réalisateur William Lustig, président du jury de la 11e édition du Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel, le NIFFF, du 1er au 9 juillet 2011.

Entré dans l’industrie du cinéma par la petite porte (verte ?) de derrière, William Lustig a fait ses armes en tant que réalisateur/producteur avec deux « films pour adultes », sous le nom de Billy Bag. Suite à quoi le comédien Joe Spinell lui a demandé de réfléchir avec lui à un film intitulé « Maniac » et cette pièce maîtresse de l’histoire du cinéma d’horreur a vu le jour en 1980. Après, il y a eu « Vigilante » (1983) avec Robert Forster et Fred Williamson, puis un premier « Maniac cop » (1988, avec Bruce Campbell) si efficace qu’un second opus n’a pas tardé à être tourné, « Maniac cop 2 » (1990), et il y en a encore eu un troisième en 1993, « Maniac cop 3 : Badge of silence ». On évoque même, de loin en loin, l’éventualité d’un « Maniac cop 4 »… Peut-être l’occasion pour William Lustig de repasser derrière la caméra ? En effet, depuis « Uncle Sam » en 1997, il n’a plus tourné pour le cinéma. Il s’est reconverti dans la distribution de films en DVD (et maintenant en Blu-ray), d’abord pour Anchor Bay, et à partir de 2002 pour sa propre maison d’édition, Blue Underground : il offre une seconde vie à quelques classiques de l’horreur soigneusement choisis et veille à leur fournir un écrin à la hauteur de l’amour qu’il leur porte. Car William Lustig est un amoureux du cinéma. Donc l’homme de la situation dans le rôle de président du jury qu’on lui a proposé pour la 11e édition du NIFFF ! Monsieur le président s’est aimablement privé de salles obscures le temps d’un entretien sur une terrasse ensoleillée… (Propos traduits de l’anglais).

Vous présidez le jury de cette compétition internationale : est-ce à la fois un plaisir d’avoir l’occasion de découvrir et de défendre des films et une frustration de ne pas être vous-même à la place d’un de ces compétiteurs ?
C’est amusant de découvrir de nouveaux films, de nouveaux réalisateurs, c’est ce que j’aime dans les festivals de films. Mais en même temps j’aimerais aussi avoir un film à moi ici : je suis nostalgique de l’époque où l’on programmait mes films dans les festivals. Mais j’apprécie ma position, je n’ai pas à subir la pression à laquelle sont confrontés les réalisateurs. Je suis en totale empathie avec ce qu’ils traversent pour faire exister leurs films. Du coup, je pense que je suis un juré bienveillant.

Cela dit, même s’ils ne sont pas récents, vos films sont tout de même projetés dans les festivals, « Maniac » en particulier est régulièrement programmé dans les sections « hommage » ou « rétrospective ».
Oui, c’est amusant. Je veux dire : j’ai de la chance que mes films, « Maniac » en particulier, mais aussi les « Maniac cop » ou « Vigilante », n’aient jamais cessé de circuler. Ils sont régulièrement montrés dans les festivals depuis l’époque où je les ai réalisés. C’est très gratifiant pour moi qu’ils continuent à divertir les gens. Ça fait maintenant trois générations.
Ils circulent dans les festivals, mais aussi et surtout, à l’époque, en VHS puis maintenant en DVD, en Blu-ray…
Il y a eu une période où la nouveauté de pouvoir voir des films chez soi a tenu les gens éloignés des cinémas. Mais ce que je constate depuis cette dernière décennie, c’est que maintenant que cet effet de nouveauté est passé, les gens veulent retrouver cette communion : voir des films, en particulier les films d’horreur, avec leurs amis. Ce n’est pas amusant de regarder un film d’horreur seul chez soi. C’est amusant d’en voir un dans une salle où d’autres spectateurs crient, réagissent.

Mais quand même, vous, depuis une quinzaine d’années, vous vous occupez d’éditer des films en DVD.
Ce qui se passe c’est que les gens veulent voir les classiques de l’horreur ensemble, mais ça ne les empêche pas d’acheter des DVD et Blu-ray, notamment pour avoir accès aux bonus. Je considère les DVD et Blu-ray de la même façon que, quand vous allez voir une comédie musicale à Broadway, vous repartez en ayant acheté le disque à la sortie. Ça devient un souvenir de cette expérience. Même s’ils ne revoient pas le film, ça reste un souvenir de cette expérience.

C’est pour ça que le soin apporté à la fabrication des bonus est si important : vous faites un travail très sérieux sur vos éditions.
Oui, je traite chaque film en me disant que c’est ce film-là qu’une personne aime par-dessus tout autre. Je traite chaque film avec respect. Je fais tout mon possible pour avoir la meilleure présentation possible. Évidemment, beaucoup de ces films sont anciens, donc souvent la pellicule est plus ou moins détériorée. Mais au sein de ma société, c’est ma mission de les sortir avec le plus haut degré de qualité qu’on puisse obtenir.

Pour ces éditions, vous contactez aussi les réalisateurs, acteurs…
Oui, on implique les réalisateurs chaque fois que c’est possible pour superviser la restauration et pour participer aux suppléments. On essaye de rechercher, s’ils sont toujours en vie, les membres des équipes qui ont participé à ces films afin de les interviewer, qu’ils nous donnent un aperçu des coulisses. Au mieux de leurs souvenirs.

C’est un point intéressant parce qu’il y a beaucoup de mythes qui circulent ! C’est important de garder une trace des tournages de ces films légendaires –les vôtres en font d’ailleurs partie-, mais il y a souvent des histoires fantaisistes, contradictoires qui sont racontées.
Oui, les souvenirs des intervenants ne coïncident pas toujours sur un même film. Ça fait partie du plaisir de la chose : entendre ces différents souvenirs, ces différents points de vue. C’est « Rashomon » ! Vous vous souvenez du film de Kurosawa, « Rashomon » ? Où il y a cet incident que chaque personnage a vu à sa façon ? Ce que raconte ce film, c’est que chacun a son propre point de vue. Dans nos interviews, on s’en rend compte lorsque les intervenants évoquent leurs souvenirs.

Est-ce qu’il y a des films que vous aimeriez absolument avoir pour vos DVD/Blu-ray et que vous ne trouvez pas ?
Bien sûr, il y a énormément de films « orphelins », qui pour une raison ou une autre sont impossibles à sortir. Il y en a tant…

Que vous ne pouvez pas n’en citer qu’un seul…
Je réfléchis, mais il y en a tant… Et aussi, je ne veux pas donner mes idées à mes concurrents !

Bon, alors : un de ces jours, vous-même vous allez refaire un film, non ?
J’y pense, mais l’économie a tellement changé dans le cinéma que, je ne sais pas, c’est difficile. C’est très très difficile de faire un film de nos jours et qu’il tienne économiquement.

Avec votre société, vous n’avez pas suffisamment de ressources pour vous lancer dans ce genre de financement ?
Ce n’est pas seulement ma société qui n’a pas la puissance économique pour faire ça, je ne pense pas que même une plus grande entreprise l’ait. Si vous écoutez les gens qui ont eu leurs films distribués par, disons Lions Gate par exemple : ils ne gagnent rien. Les personnes qui ont produit le film ne revoient jamais la couleur de leur argent.

Pourtant, vous avez prouvé que vous pouviez faire des films très efficaces, très spectaculaires avec beaucoup d’action et des cascades convaincantes, pour de tout petits budgets : ça devrait être un atout ?
Oui je sais, mais le business à changé. Il n’y a plus de marché pour les films à petits budgets que je faisais. Les temps sont durs. Je peux entrer dans les détails, mais je ne sais pas si c’est intéressant pour vos lecteurs.

Si, allez-y.
Bon, alors voilà ce qui se passe : les films ne sont plus distribués démocratiquement, ils sont distribués selon la puissance de la société qui les détient. Ce n’est pas juste car on n’évalue plus les films sur leur qualité, mais en fonction de qui les présente.

Est-ce que les festivals ne permettent pas de contourner un peu cela ? En créant parfois du buzz autour d’un film par exemple ?
Bien sûr ça aide. Mais il y a trop peu de compétitivité : quand vous vendez un film à petit budget, il n’y a qu’un ou deux distributeur dans chaque pays qui puisse sortir, disons un autre « Maniac cop ». Et c’est injuste quand ces sociétés se rassemblent pour décider qui va distribuer quoi, parce que du coup, vous n’avez aucun moyen de faire monter les prix de vente de vos films. C’est devenu un vrai problème parce que vous vous retrouvez dans une situation où vos films deviennent insortables.

Et faire des films directement pour le marché du DVD ? Non ?
Ce n’est plus intéressant car en Amérique, il n’y a plus de magasins de location de films alors que c’est là qu’on gagnait de l’argent : chaque magasin du pays devait avoir une copie de votre film pour ses clients. Mais ils ont disparu. Tout ce qui reste maintenant, c’est Netflix et un système de streaming basé non pas sur le nombre de personnes qui regardent, mais sur une redevance négociée. Dans ce système, si j’ai un film qui a été plus vu qu’un film distribué par Twentieth Century Fox, Le film de la Fox gagnera davantage d’argent que le mien, même si le mien est plus populaire ! C’est injuste ! Je pourrais en parler encore et encore. Par exemple, ils empêchent la publication des données qui montrent ça. La situation actuelle est vraiment injuste.

Et la télé ? Les chaînes comme HBO ?
Même problème ! HBO achète des films en se basant, non pas sur le nombre de personne qui l’ont vu, mais en négociant une redevance. Donc une fois encore, les studios empocheront plus que ce que je pourrais toucher.

Est-ce que vous parlez de cette situation avec d’autres réalisateurs, est-ce que vous ne pourriez pas essayer de vous regrouper pour vous battre ?
D’abord, les réalisateurs sont intrinsèquement en compétition les uns avec les autres, réunir tout le monde dans une pièce pour se mettre d’accord serait extrêmement difficile. C’est une compétition amicale, mais c’est une compétition quoi qu’il en soit. Donc non, il est très improbable que les réalisateurs créent une sorte d’union.

Alors vous ne pensez plus faire de films ? Ou vous en feriez un de manière totalement différente ?
D’un point de vue créatif, je pense à faire un nouveau film parce que j’adore ça. Mais après, je réfléchis à comment lever des fonds et ensuite rembourser les investisseurs avec les profits et c’est le problème. Au bout du compte, oui j’aime l’art du cinéma, mais ça reste du show business, et le business compte. Si vous ne pouvez pas faire du business, vous aurez du mal à faire un film.

Vous n’avez pas tourné énormément de films finalement, c’est étonnant parce que vous avez quand même commencé dans les années 80…
J’en ai fait 12. À la fin des années 80 j’en tournais un par an. Puis les années 90 sont arrivées et les choses sont devenues plus compliquées.

Vous avez fait « peu » de films, mais cela dit ils restent mémorables. Peut-être aussi parce que vous avez travaillé avec des acteurs intéressants -même dans le porno, vous avez dirigé Jamie Gillis qui était connu pour ses talents de comédien.
Oui, j’adore les acteurs et quand je m’occupe du casting, je choisis mes acteurs préférés, ceux dont je suis fan.

Qu’est-ce qui vous manque le plus de la fabrication d’un film ?
Ce que j’aime, c’est le défi quotidien. J’adore cette lutte et la camaraderie au sein de l’équipe qui fait que le travail avance. Certaines personnes comparent la fabrication d’un film à un engagement dans une guerre. Il y a une sorte d’adrénaline qu’on ne trouve pas ailleurs. Quand je termine un film, je suis souvent en dépression. C’est terminé, on n’arrive jamais à accomplir tout ce qu’on s’était fixé, alors à la fin, on est juste épuisé… Mais il n’y a rien de comparable au fait de faire un film, j’adore cette sensation.

Caroline Munroe évoque volontiers le côté guérilla du tournage de « Maniac » qu’elle trouvait très stimulant.
Oui, on n’avait pas d’argent, mais on se débrouillait pour que ça avance.

Si on s’amuse à faire des classifications, vos films appartiennent d’avantage à l’horreur qu’au fantastique, même s’il y a des monstres dans la série des « Maniac cop » ou dans « Uncle Sam ». En général vous traitez plutôt d’une horreur qui a à voir avec l’humain.
Oui, les « Maniac cop » et « Uncle Sam » sont essentiellement des « Monster movies », mais ils traitent de monstres qui furent humains. Il y a une sorte d’allégorie dans chacun de ces films. Je n’en fais pas toute une affaire, mais il y a des éléments allégoriques.

Et dans les autres, dans « Maniac », dans « Hit List », dans « Vigilante », on est encore plus confronté à une horreur très humaine.
Oui, mais je n’ai pas fait d’efforts conscients dans ce sens, c’est l’histoire qui veut ça.

En tant que spectateur, est-ce qu’il y a des choses qui vous choquent ?
Ce n’est pas tellement que je sois choqué quand je vais voir un film… Ce qui me déçoit le plus c’est quand je m’y ennuie… J’essaye de penser à ce qui pourrait me choquer ?… J’imagine que quand c’est méchant, ça me dérange : ce n’est pas que ça me choque, mais la violence méchante m’attriste. Je n’apprécie pas la cruauté.

Comment voyez vous l’évolution du genre horrifique ?
Je crois que la révolution dans l’horreur a commencé avec le film d’Hitchcock, « Psychose », mais que personne n’a vraiment dépassé cette façon de révolutionner l’horreur qui depuis a juste l’air de se nourrir d’elle-même. Je peux voir les racines de tous les films de ces dernières années, je ne les vois pas comme étant pleinement originaux. Pouvez-vous me citer un film vraiment original que vous auriez vu ces dernières années ?

Je n’ai pas une mémoire qui fonctionne à la commande, donc non, là, je ne saurais pas vous donner des titres…
Ici par exemple, ils ont sélectionné un formidable film intitulé « Insidious », mais on peut y voir des éléments de « Poltergeist »…

De « Shining »…
Oui, on peut voir les racines de chacune des scènes ! C’est extrêmement bien fait, mais c’est un dérivé d’anciens films. Je n’arrive pas à trouver un film entièrement original depuis « Psychose »…

Mais pour revenir à « Insidious » (NDLR : film de James Wan sorti en France le 15 juin 2011), ce n’est plus si fréquent les films qui reviennent aux vieilles recettes pour faire peur et qui y arrivent.
Ça marche parce que ça s’adresse à une nouvelle génération qui n’a pas vu les films qui précèdent.

Mais justement si, ça peut fonctionner également avec des gens qui ont vu ces films ; autre exemple avec Sam Raimi, dans « Jusqu’en enfer », qui revient lui aussi à quelque chose de très basique et en même temps efficace : on sursaute. Et ce n’est plus très fréquent il me semble : aujourd’hui on est plus dans de l’horreur pour faire rire ou pour dégoûter.
Eh bien je pense que la violence explicite n’est pas particulièrement effrayante. Elle est juste dégoûtante. Et elle pointe un manque de créativité. Je crois que le monde de la violence explicite est fini, à moins d’avoir une bonne histoire.

À propos de bonne histoire, vous avez travaillé avec Larry Cohen (NDLR : scénariste, producteur et réalisateur) : est-ce que vous aimeriez collaborer avec lui à nouveau ? Puisqu’il est toujours actif.
Oui, Larry et moi sommes toujours amis, nous avons fait cinq films ensemble et j’aime travailler avec lui. C’est un des cerveaux les plus créatifs que j’ai jamais rencontré.

Mais il ne fait plus de production.
Pour les raisons que j’ai évoqué tout à l’heure ! La plupart des gens que je connais ont arrêté de faire de la production à cause de la façon dont ça a évolué.

Votre travail d’éditeur vous prend beaucoup de temps, mais vous n’auriez pas envie de collaborer avec d’autres metteurs en scènes ?
Je ne sais pas si j’aimerais travailler sur les films des autres. J’ai un ami qui arrive à faire un film après l’autre, c’est un ami proche, Nicolas Winding Refn, on se voit souvent et on parle de son travail, parfois il me demande conseil, mais… C’est un réalisateur brillant : avez-vous vu « Drive » (NDLR : sortie française prévue le 5 octobre 2011) ?

Non pas encore.
C’est un très bon film. Mais bref, c’est la seule personne qui… Parfois des réalisateurs me demandent conseil, mais je ne travaille pas vraiment avec eux.

Vous n’enseignez pas ? Beaucoup de réalisateurs donnent des cours.
En fait, à New York il y a une école, The school of visual arts, et ils m’ont invité plusieurs fois à parler aux diplômés. Mais je n’enseigne pas les bases, il s’agit d’une journée, de quelques heures de discussion avec les étudiants sur la façon dont ça se passe dans le monde professionnel : je leur parle de mon expérience et répond à leurs questions aussi honnêtement que je peux afin de les aider à se préparer à affronter le vrai monde.

Et faire un film dans un autre pays, comme Brian Yuzna ? Ça pourrait être une solution ?... J’ai envie de voir un nouveau film fait par vous !
Où est-il maintenant ? En Thaïlande ?

Indonésie aux dernières nouvelles.
Il est passé de l’Espagne à l’Indonésie : ce Brian est stupéfiant, il peut vivre partout ! Je vis à New York et Los Angeles et je n’ai pas envie de partir ! Je ne suis pas sûr que ça en vaille la peine.

Quelles seraient vos suggestions pour alimenter la case Trash d’ARTE ? Quels films montreriez-vous ?
Eh bien chaque année, je m’occupe d’un festival à New York, ça s’appelle « William Lustig Presents », et si vous allez sur le site internet, vous verrez ce que j’y ai programmé au fil des ans, des films que j’adore et que j’ai envie de partager avec le public. Pour la plupart, ces films ne sont pas disponibles en DVD, on ne peut les voir qu’à mon festival. Un des films que je montre cette année est un film merveilleux avec Richard Burton, « Villain »

Où les trouvez vous ces films ?
Je les avais vus à l’époque de leur sortie… HEY, MISTER LEWIS !!! (NDLR : Herschell Gordon Lewis, nous reparlerons bientôt de lui, vient nous dire bonjour puis s’en va). Quel show man ! La nuit dernière on était à la séance où son film « 2000 Maniacs » était projeté et il a fait chanter le public ! Il nous a expliqué à Eli (NDLR : Roth) et moi comment parler au public, on a eu droit à une master class !

Et vous allez appliquer ce qu’il vous a appris ?
Bien sûr ! Je ne sais pas si je ferai aussi bien…

Aimeriez-vous ajouter autre chose pour conclure cet entretien ?
Eh bien. J’ai eu beaucoup de chance que mes films aient été appréciés par le public français. Je regrette que le festival du Grand Rex n’existe plus, c’était si drôle ! J’ai une histoire amusante : je n’avais jamais gagné de prix et mon film, « Maniac cop » a été montré au Grand Rex, au Festival du cinéma fantastique d’Alain Schlockoff. Je ne m’attendais pas à gagner quoi que ce soit et donc le soir de la remise des prix, j’étais à l’hôtel et je me suis dit que j’irais juste faire un tour à la fin de la cérémonie, histoire d’aller dîner avec tout le monde quand ce serait terminé. J’étais en jeans et T.shirt, j’arrive dans l’entrée du cinéma, vide, et soudain quelqu’un m’attrape le coude et me dit : Monsieur Lustig, venez avec moi ! Et il m’emmène en coulisses, je ne sais pas ce qu’ils font, la seconde d’après je suis sur scène, acceptant un prix pour je ne savais même pas quoi, la salle était bondée, il y avait 3000 personnes qui m’applaudissaient et je regarde en bas, je vois des caméras braquées sur moi !!! C’était mon expérience la plus mémorable en France !

Un très grand merci à William Lustig, ainsi qu’aux organisateurs du NIFFF.
Entretien réalisé à Neuchâtel le 4 juillet 2011 par Jenny Ulrich

Edité le : 06-07-11
Dernière mise à jour le : 19-02-12