Taille du texte: + -
Accueil > Europe > Regards croisés > Regards croisés n° 15 > Regards croisés n° 15

Regards croisés n°15 - 23/06/10

Éditorial

À qui profite l'Europe ? À question naïve, réponses multiples de la part des étudiants … et des événements


De janvier à mars, l'équipe d'étudiants de Bruges et de Natolin participant au blog L'Europe en débat qui alimente ce numéro s'est interrogée sur une question faussement naïve « À qui profite l'Europe ? » Embarquez avec eux pour l'Espagne, le Luxembourg, l'Albanie, la Grèce, l'Irlande, le Royaume-Uni, la Turquie, l'Allemagne et la France. Leurs analyses insistent sur l'importance du prisme identitaire pour soupeser les bénéfices communautaires.

Mais, pendant ce voyage au cœur des représentations que les citoyens se font de l'Europe, nous avons été rattrapés par les événements qui accompagnent la mise en œuvre des nouvelles institutions voulues par le traité de Lisbonne. Ainsi nous avons constaté que la présidence tournante espagnole du Conseil des ministres avait du mal à exister et à faire valoir ses priorités face au nouveau président stable du Conseil. Le discours sur « l'état de l'Union » que ce dernier a prononcé au Collège d'Europe à Bruges, le 25 février, quelques jours après le sommet extraordinaire sur l'économie du 11 février, a été l'occasion pour lui de faire valoir que le Conseil assumerait désormais la tâche d'un gouvernement économique de la zone euro. La monnaie unique implique, surtout par gros temps, un gouvernement économique ou un pilotage économique, dont la chancelière allemande, Angela Merkel, ne voulait pas entendre parler quand la crise financière, née aux Etats-Unis, a commencé à frapper l'Europe en octobre 2008.

La crise financière grecque oblige justement les dirigeants de la zone euro, depuis février, à mettre les mains dans le cambouis pour donner un sens concret au mot
« solidarité ». Évidemment, ce genre de discussions et de tractations mène à des revirements, des renoncements et des compromis de dernière heure, comme ceux intervenus le 25 mars au soir, en marge du sommet de printemps des chefs d'État et de gouvernement des 27. Car les responsables politiques sont condamnés au réalisme face aux menaces et aux jeux dangereux des marchés financiers. Ces compromis renforcent la perception – fausse – que l'euro ne remplit pas sa mission. Or, ce n'est pas le cas. Imaginez un seul instant où nous en serions sans lui depuis bientôt deux ans.

Oui, une monnaie unique a besoin d'être défendue. Au nom de l'intérêt des citoyens.
Parfois, nécessité fait loi.

Claire A. Poinsignon
www.arte.tv/europe

Luis Bouza Garcia
Assistant académique
Chargé de la coordination du projet sur les deux campus
Collège d’Europe
Campus de Bruges

Ont participé à ce numéro :
Aysu Acar (Turquie)
Luis Bouza Garcia (Espagne)
Agathe Fadier (France)
Andreas Isensee (Allemagne)
Katherine Morris (Royaume-Uni)
Méabh Ní Drisceoil (Irlande)
Efthimia Ntivi (Grèce)
Louis-Mathieu Roux (France)
Roxane Schwandt (Luxembourg)
Xheni Varfi (Albanie)
David Weis (Luxembourg)

Conseil éditorial : Alexander Knetig
Traduction : service linguistique ARTE GEIE et Alexander Knetig pour la conclusion
Recherche iconographique : Luis Bouza Garcia
Révision de la version allemande et intégration : Diana Kraus.
...............................................
Regards croisés n° 15
À qui profite l'Europe ?
Identités, classes sociales, représentations
...............................................

Edité le : 31-03-10
Dernière mise à jour le : 23-06-10


+ de Europe