Le festival de poésie de Berlin (du 17 au 24 juin 2011) a présenté quelques poètes français très remarqués. Dans l´atelier « RéVERSible », ces derniers ont rencontré leurs « homologues » allemands et traduit mutuellement leurs poèmes. Ce dialogue poétique a fait naître de nouvelles créations étonnantes, écrites dans la langue du voisin. En septembre 2012 paraîtront en France et en Allemagne une anthologie bilingue, un recueil de tous les textes en question, ainsi qu´un CD audio. Nos deux poètes en étaient : la Saumuroise Albane Gellé et le Berlinois Tom Schulz.
Lancez-vous dans l´aventure et venez participer à l´opération « RéVERSible / VERSschmuggel » - Envoyez vos traductions jusqu'au 1er juillet 2012 et vos clip vidéo ou audio jusqu'au 15 septembre 2012 !
Vos récompenses se déclineront sous plusieurs formes :
Les poètes Albane Gellé et Tom Schulz choisiront chacun leur adaptation préférée de ces poèmes. A l’automne 2012, les deux poètes sillonneront la France et l’Allemagne pour des lectures-rencontres. A cette occasion, ils feront partager à l’auditoire leurs coups de cœur de l’opération « RéVERSible ».
Probablement, les meilleures contributions audio seront diffusées dans une des émissions de nos partenaires radio et les meilleurs clips vidéos sur notre chaîne.
Les trois contributions retenues dans chacune des trois catégories du concours seront postées sur les sites Internet d’ARTE, du SWR et de l’OFAJ, partenaires sur ce projet.
En cadeau, des livres, notamment une anthologie bilingue à paraître de part et d’autre du Rhin aux éditions Das Wunderhorn (Heidelberg) en coproduction avec les Editions La passe du vent (Lyon). Aurélie Maurin et Thomas Wohlfahrt en seront les éditeurs.
- Pour nous envoyer vos clip vidéo ou audio (maximum 7') consultez notre plateforme ARTE Creative
- Envoyez vos traductions à : info@arte-tv.de en mettant le mot « RéVERSible » dans le sujet
- Règlement du concours
- Dialogue poétique : interview de l'auteur Tom Schulz
Je, cheval
Je, le cheval, l´animal, le corps, le sauvage.
Je, dans le cheval comme dedans l´écriture. Avec l´indomptable l´équilibre l´inconnu le jamais acquis. L'extrême attention au monde. Entre panique et jouissance. Ce qui en moi est cheval. Proie fuite solitude et troupeau. Ce qui en moi résiste, s´obstine, risque. Ce qui en moi s´en va, pour rejoindre.
A cheval je suis d´emblée au coeur des choses, désencombrée, réunie. Débarrassée des entraves périphériques, des noeuds stériles. Dans le vif du sujet. Je me rejoins, dans une extrême présence à ce qui m´entoure. Dénouée.
Pas dans la terre seulement, un cheval. Sous ses pieds dans la terre aussi, dans le dos, au creux, et tout au long de l´encolure jusqu´à la nuque, les oreilles, au bout.
Si vite le corps paniqué, quand pas assez cheval finalement, l´homme en face. Sinon de la tendresse, brusque dans l´herbe ; le cou tendu comme une oie blanche. Le mot cheval au-dedans. Les mouvements les muscles quand au galop, cette chaleur dessous. Quand tout se rassemble, est rassemblé, pour faire vivant le cheval à deux têtes que nous sommes.
Dehors il y a des lions dans les yeux du cheval, tout seul avec son corps de zèbre. Ce n´est pas l´homme vraiment qui le rassure, ou une seconde seulement parce que cheval c´est solitude. Et à la fois inséparable d´un autre dans le pré. Enfantin presque il se raccrocherait à un âne.
Marcher à côté, sur la route de retour, avec dans les oreilles le pas du cheval, qui va chaud dans le dos. Tranquille, et respire. Aller chacun dans sa fatigue, la même, parmi les odeurs mélangées du cheval et de la pluie. Et ca ne le freine pas, toute cette eau qui tombe. Il va contre, il a de quoi. Libre enfin, il retourne à la terre, calme, il se roule, avant de se secouer se relever, debout comme un cheval.
Couché le cheval est-il encore vivant, est-il encore cheval. Jusqu´à ce que la tête bouge, que l´encolure emmène le reste, et les jambes s´envolent avant de se remettre d´aplomb. De la poussière vole.
Cheval sellé et l´autre dans le pré, ils se ressemblent. Les mêmes oreilles, qui ne font pas n´importe quoi. Quelque chose dans le sang, insensé, échappe. Un écart pour une couleur trop vive de plastique dans un arbre, il y a de quoi s´écarter du chemin pas sauvage. Des naseaux à la croupe. Le cheval attentif à dehors plus qu´à lui-même. Que se passe-t-il-quand il s´arrête, les quatre pieds plantés pour toujours.
Si dans les jambes quelque chose casse, pas le sabot, plutôt un os, un muscle, fini le cheval c´est debout ou c´est mort. Fragile devant du barbelé. Pourtant quatre pieds. Il suffit d´un bruit de train, le cheval seul est capable de tout risquer en un quart d´heure, et tant pis si au bout, un accident, la mort.
© Albane Gellé
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Tagesmutter
Gerölle von kleinen Steinen, ein Kiesel
farbener Tag, von ihm ist nicht mehr
viel übrig, von mir
allerhand, du kannst es aus meinen Augen
trinken, die nicht nachtblinden Fensterscheiben
die morgens niemanden fortgehen sehen
auf Uhren täglich, die eingestellte Zeit
Sittiche mag ich, Babys, beaufsichtige
sie jedoch nicht gern, zwei Katzen
wohnen in meiner Brust, die Mutter
wie Friedhofskresse, im Sommer
muss man alle Mütter gut gießen
man muss sich am Eingang eine Plastik
Kanne ausleihen, dann zu einem Brunnen
schlendern, es gibt sie doch
Brunnen, wenn ich die Stelle streichele
zittert dann die Mutterschoßhand?
es gibt sie doch, zwischen Quietschwatte
Singvögeln, zwischen mir
& der Vorstellung, ich würde Rentnerinnen
umarmen in Parks
wie sag ich es ihr?
ich habe keine & ich weine
den lieben langen Tag ins frische Gras
© Tom Schulz






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