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ARTE Journal - 07/08/12

RDC : la rébellion s'approche de Goma

Depuis une semaine, Goma redoute le pire. Le pire, ce serait l'arrivée triomphante des hommes du M23, des soldats mutins déterminés, qui n'ont pas pour habitude d'épargner les populations civiles. Ils se sont déjà emparés de Rutshuru, une ville sur la route de Goma et pourraient arriver dans les jours qui viennent dans la capitale du Nord-Kivu. Bien sûr, ni les forces de l'armée régulière congolaise, les FARDC, ni les troupes de l'ONU (Monusco), n'ont l'intention de les laisser faire. Ils sont déployés tout autour de la ville pour empêcher leur progression. Mais par le passé, le M23 s'est montré plus fort. Depuis qu'ils ont pris les armes, en avril dernier, ces hommes ont enregistré plusieurs victoires. D'abord cantonnés dans les collines du parc national des Virunga, ils sont désormais aux portes de Goma.

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Une région très instable
Depuis la fin de l'ex-Zaïre, en 1996, les guerres se suivent et se ressemblent dans le Nord-Kivu. La dernière date de 2008, lorsque les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), avaient tenté de renverser le pouvoir du président Kabila. Un accord avait été finalement trouvé le 23 mars 2009 dans lequel des rebelles avaient intégré l'armée nationale. Kinshasa avait choisi d'acheter la paix au prix fort mais les plaies n'ont jamais été cicatrisées. Ce sont ces hommes, ceux du CNDP intégrés à l'armée congolaise, qui ont repris les armes en avril dernier. Ils estiment que le président Kabila n'a pas respecté l'accord conclu le 23 mars, d'où le nom donné à leur mouvement.


Qui sont les hommes du M23 ?
A l'origine, ce sont 600 à 700 hommes qui sont partis en mutinerie derrière le général Bosco Ntaganda, un criminel notoire recherché par la cour pénale internationale. L'homme est un habitué des combats dans la région du Nord-Kivu. Depuis il aurait été destitué sous pression du Rwanda. Le mouvement a pris de l'ampleur. Au total 2000 hommes auraient rejoint les rangs, plus ou moins de force. De nombreux témoignages font état de milliers d'enfants en fuite vers le Rwanda et l'Ouganda pour ne pas être enrolés de force.


Régionalisation du conflit
Ce qui inquiète l'ONU, c'est que dans cette guerre, ce ne sont pas seulement un Etat et une rébellion qui se font face. Kinshasa a regulièrement accusé le Rwanda et l'Ouganda d'être partie prenante en armant les soldats du M23. Même si les deux capitales démentent, un rapport publié par l'ONU début juillet apporte les preuves d'une implication du Rwanda. C'est donc toute une région qui pourrait être potentiellement déstabilisée. Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont réitéré cette semaine leur "ferme condamnation de tout appui extérieur apporté au M23 notamment par d'autres pays". L'Ouganda accueillera en début de semaine un sommet des chefs d'Etat de la région.




Plus de 200 000 déplacés
La multiplication des violences dans la région a entraîné d'importants déplacements de population. Selon le bureau de coordination des affaires humanitaires, près de 220 000 personnes ont dû quitter leur foyer pour échapper aux violences, rien que ces derniers mois.


Fanny Lépine pour ARTE Journal



Le reportage de la RTBF


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Edité le : 05-08-12
Dernière mise à jour le : 07-08-12