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Le diable

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Le diable

27/10/02

Lucifer

LUCIFER


LA GENESE

Pendant les premiers siècles du christianisme, Jésus Christ est appelé LUCIFER, c'est-à-dire le porteur de lumière (du latin lux, lumière et de ferre, porter) et ce n'est qu'à partir du Moyen-Âge qu'il désignera le Démon.

Dans le livre de la Genèse où il est rapporté la tradition des origines de l'Univers et de l'Homme, il n'est question que du serpent Tentateur d'Ève, mais le nom de Satan ou de Lucifer ne figure nulle part.

Or, dans le "Livre du prophète Isaïe" (XIV, 12/15), on trouve ce verset :
"Oh ! Quelle chute as-tu faite du haut des Cieux,
Astre du matin, fils de l'Aurore ! ...
Toi qui disais dans ton cœur :
"J'escaladerai les Cieux, j'y érigerai mon trône et je siégerai sur le Mont des Assemblées ...
Je serai l'égal du très haut ! ..."
Et te voilà précipité dans le sépulcre, dans les profondeurs de l'abîme".

Origène, dans son De principiis, fut le premier à considérer que ce passage attestait de ce que Lucifer – l'Astre du matin - était tombé dans l'Abîme pour avoir voulu égaler Dieu et que sa déchéance lui avait valu de devenir Satan, l'Accusateur, le Tentateur et, en fait, le Diable.

Par la suite, Tertulien, Saint Cyprien, Saint Ambroise et bien d'autres, moins illustres, ont accrédité cette thèse. Ainsi, le Diable n'est entré dans la théologie et donc dans la Genèse que postérieurement aux premiers textes à proprement parler chrétiens – les Évangiles – sur la base de l'interprétation d'un texte hébraïque.

Les exégètes modernes, bien que la trouvant insuffisante, justifient cette antique interprétation et admettent donc désormais que le texte d'Isaïe est le plus ancien témoignage de la Chute de l'Archange, porteur de Lumière, vers les Ténèbres de l'Abîme.

Il faut toutefois indiquer que d'autres exégètes n'ont vu dans ce texte que la prédiction de la chute de Babylone et de son dernier roi. Pour ces auteurs, il n'y a donc pas de Diable dès lors que l'on n'en trouve trace nulle part ailleurs dans la Genèse.

LE TRIOMPHE DU DIABLE

Le véritable triomphe du Diable n'intervient qu'au Moyen-Âge puisque ce n'est qu'à cette époque que son existence est posée comme un dogme de la foi catholique et que son existence est érigée au rang de Vérité révélée. Ce dogme affirme par ailleurs que, suite à sa déchéance, Lucifer, l'Ange de la Lumière, est devenu Satan, le Prince des Ténèbres, autrement dit le Diable, et que ce n'est pas dans l'Abîme qu'il a été précipité mais dans les Enfers.

L'érection de ce dogme intervient à une période particulièrement obscurantiste, marquée par de nombreuses catastrophes (épidémies, guerres, massacres, famines, mouvements climatiques), souvent présentées comme l'œuvre du Diable.
Dès lors, la théologie va se diviser en une théodicée, l'étude de Dieu, et une démonologie, l'étude du Diable.

Au temps des réformes, de Luther, lorsque le monde laïc est en pleine crise religieuse, les grandes confessions se battent pour essayer de convaincre les chrétiens de les suivre. Protestants comme catholiques font une surenchère sur le Diable et définissent de plus en plus nettement le Démon comme étant capable d'intervenir à peu près dans tous les actes de l'existence; ils valorisent ainsi une idée nouvelle, apparue à la fin du Moyen-Age, l'idée de la sorcellerie. C’est la transcription de fantasmes à propos d'une secte démoniaque, d’humains qui ont abandonné la foi chrétienne et qui se réunissent dans des lieux secrets pour pratiquer un culte particulier, le Sabbat, et pour faire le plus de mal possible autour d'eux.

Edité le : 10-12-04
Dernière mise à jour le : 27-10-02