Course à la performance
Depuis le milieu des années 90, le monde du travail a radicalement changé. Les entreprises périclitent ou fusionnent, les emplois apparaissent et disparaissent, les postes en CDI sont remplacés par des CDD, les entreprises sous-traitent à tour de bras, souvent auprès de petites sociétés qui n’obtiennent que des contrats de courte durée. La peur de perdre son emploi, le risque de déclin social ont pour effet une course à la performance. Selon Michael Schumann, sociologue à Göttingen, le monde du travail se caractérise par une cruauté croissante. Le harcèlement se multiplie dans les entreprises. Pour y résister, mieux vaut avoir le cuir épais.
La peur de craquer
Les petits jeux malsains de mise à l’écart et de chouchoutage sont devenus quotidiens. De plus en plus, la peur de craquer au travail s’installe. De surcroît, les rapides mutations des techniques de communication font monter la pression sur les salariés. Pour beaucoup, c’est aujourd’hui tout naturel d’être joignable en soirée et le week-end. On a pris l’habitude de consulter ses courriels à toute heure, en tout lieu, sur le net ou sur le Blackberry, de faire tout en même temps : coordonner des projets, fixer des rendez-vous, répondre à des questions, prendre des décisions. Notre système économique ne peut se maintenir que si nous gagnons du temps. La technologie permet la densification du travail qu’en retour elle accroît. Et le fait d’être en permanence au four et au moulin rend agressif, nerveux, improductif. Pour tenir la pression et gagner en efficacité, de plus en plus de salariés recourent aux psychotropes. Pour certains, la pression est telle que la seule issue est de se donner la mort. Une évolution périlleuse et choquante.
Cette soirée thématique s’intéressera aux poids de l’économie sur le travail, aux subterfuges utilisés par les intéressés pour tenir la pression, ainsi qu’aux alternatives et aux évolutions à venir.





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