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ARTE Reportage

Le rendez-vous du grand reportage.

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Le magazine d'actualité internationale. Tous les samedis à 18h50. Présenté en alternance par William Irigoyen et Andrea Fies

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samedi, 7 avril 2012 à 18:50

Rediffusions :
13.04.2012 à 10:30
ARTE Reportage
(France, 2012, 52mn)
ARTE

16 / 9

Le rendez-vous du grand reportage.

Inde : l’université pour handicapés
Saraswat est dans l’incapacité de travailler. En Inde, être pauvre et handicapé relève d’une double fatalité. Le pays compte autour de 90 millions d’handicapés. Pauvres et exclus, ils profitent peu de la croissance du géant asiatique. Seuls 1100 d’entre eux ont la possibilité de suivre une formation.
A Chitrakoot, dans l’Uttar Pradesh, une université pas comme les autres a ouvert ses portes en 2001, créée par Jagadguru Rambhadracharya, moine, poète et pédagogue, révolté contre l’injustice faite aux handicapés.
L’université, dont le budget est essentiellement basé sur des dons, dispense des cours de langues, de mathématiques, de psychologie, d’informatique. Les étudiants ne paient pas de frais d’inscription. Le logement, le réfectoire et les soins médicaux sont gratuits.
Saraswat rêve d’entrer en politique avec l’espoir de bousculer les tabous. Dans la plus grande démocratie du monde, l’accès aux études est aussi une lutte pour la reconnaissance sociale.

Chine : les enfants perdus de la pollution
C'est le combat d'une vie. Kong Zhenlan, ou "Mama Kong" comme on l'appelle dans son village, se bat depuis des années pour sauver les enfants perdus des campagnes de Chine. Nous sommes dans le bassin minier du Shanxi, à l'ouest de Pékin, où l'on brûle chaque année des millions de tonnes de charbon pour fournir de l'électricité à tout le pays.
Dans ce qui est devenu l'une de régions les plus polluées au monde, le taux de malformations congénitales est aujourd'hui six fois supérieur à la moyenne nationale. Les bébés nés avec des malformations sont souvent abandonnés dans la foulée, par des parents qui n'ont droit qu'à un seul enfant, et qui perçoivent l'arrivée d'un handicapé comme une malédiction. Au fil des abandons, au fil des adoptions, Mama Kong, elle, est devenue la mère officielle de 31 enfants - ce qui, au pays de l'enfant unique, n'est pas sans provoquer quelque conflit avec les autorités.
Aidée par son fils aîné, elle se bat pour faire opérer ces enfants dont personne ne veut, grâce à l'aide d'un chirurgien. Autre combat : faire reconnaître ces enfants auprès des autorités pour qu'ils puissent aller à l'école. Des autorités partagées entre la volonté de ne pas faire d'exception à l'orthodoxie de l'enfant unique, et la nécessité de trouver malgré tout une vie à ces bébés perdus, là les pouvoirs publics restent incapables de proposer un encadrement social.
L'histoire de Mama Kong, c'est celle de la Chine d'aujourd'hui : ravages du développement à marche forcée, persistance des vieilles superstitions face à l'enfant handicapé, absence de protection sociale dans les campagnes, application rigide de la politique de l'enfant unique... Alors que le charbon fournit toujours 70% de l'énergie consommée en Chine, elle pose aussi la question brûlante de l'approvisionnement énergétique et des alternatives au nucléaire.

Ferme modèle au Bénin
En moins d’une minute et sur le ton de la plaisanterie, Godfrey Nzamujo résume presque l’essentiel du principe fondateur de sa ferme bio. Un concept né au milieu des années 80 quand ce prêtre dominicain, ingénieur en électronique, abandonne son laboratoire californien pour partir au chevet de son continent d’origine.
« L’Afrique est riche », dit-il, mais elle l’ignore. Son salut passe par une exploitation raisonnée des ressources en valorisant au maximum les produits locaux et leurs déchets. Vingt ans après les résultats sont là.
Aux conférences, Godfrey préfère l’expérimentation sur le terrain et la diversification. Les poissons ne sont pas uniquement nourris aux asticots mais aussi avec des granules essentiellement végétales confectionnées sur place.
Mais Songhaï n’entend pas se cantonner au rôle de ferme témoin. C’est aussi un laboratoire où se préparent les cultures de demain pour s’adapter aux changements de la société africaine. Exemple avec le riz dont la consommation ne cesse de grimper en Afrique.
Ouverte 7 jours sur 7, la boutique propose l’ensemble des produits labellisés « Songhaï » dont une partie provient de trois centres installés dans d’autres villes du Bénin. Le reste est fourni par la filière des anciens élèves. Tous produits confondus, les ventes assurent 700.000 euros de bénéfices chaque année, entièrement réinvestis dans l’amélioration des installations.
25 ans après sa création, « Songhaï » poursuit sereinement son combat contre la pauvreté et l’exode rural. Ni prophète ni gourou, Godfrey veut juste convaincre par l’exemple.
L’idée commence à faire son chemin puisque l’ONU va l’aider à reproduire le même modèle dans treize autres pays africains.