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ARTE Journal - 29/05/12

Printemps érable, été inconfortable ?

Au 105ème jour de conflit, les négociations reprennent ce lundi 28 mai à 14 heures au Québec. Autour de la table, les dirigeants des trois principaux syndicats étudiants et la ministre de l'Education, Michelle Courchesne, épaulée par le ministre délégué aux Finances, Alain Paquet, et le négociateur du gouvernement, Pierre Pilote. L'enjeu n'est plus seulement la hausse annoncée des frais de scolarité des étudiants. Il faut maintenant désamorcer une contestation plus générale du gouvernement de centre-droit. En attendant une solution négociée, les manifestations continuent et le pays craint pour son image à la veille de l'ouverture de la saison touristique.

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Concert de casseroles hier soir dans les rues de Montréal. Plusieurs cortèges plus ou moins spontanés se sont retrouvés pour manifester bruyamment leurs revendications qui dépassent désormais la simple hausse des frais de scolarité. Une manifestation déclarée illégale par les forces de l'ordre conformément à la loi spéciale votée le 18 mai, car aucun itinéraire ne leur avait été soumis. Malgré cette loi, la contestation est désormais quotidienne et le pays d'ordinaire si calme s'enfonce dans une crise profonde.

Une loi qui fait débat


C'est dans ce contexte qu'organisations étudiantes et responsables gouvernementaux vont une nouvelle fois tenter de s'entendre aujourd'hui. Officiellement la discussion ne concerne pas la loi 78 surnommée "loi matraque" mais les étudiants - et notamment leur aile la plus radicale, la Classe - insistent pour en parler. Ils la jugent "abusive" voire "liberticide" car elle dispose d'un volet "encadrant" certaines libertés, notamment celle de manifester. Et ils ne sont pas les seuls : cette loi qui divise la population leur a valu des soutiens inespérés dans la société civile, face à un gouvernement usé par neuf ans au pouvoir. Pour autant, il semble évident que le Premier ministre Jean Charest refusera toute reculade, forcément humiliante, sur le sujet.

L'espoir d'une solution est mince


Dès lors, sur quoi pourra porter le dialogue, alors que le gouvernement évite soigneusement toute allusion à une éventuelle réduction de la hausse des frais de scolarité ? Certains commentateurs canadiens ont vu une lueur au bout du tunnel dans les propos d'un des leaders étudiants, Léo Bureau-Blouin, qui a estimé possible de s'accommoder d'une certaine hausse si le gouvernement "acceptait de bouger" lui aussi sur ce terrain. Une prise de position qui n'apporte cependant rien de nouveau par rapport à l'entente ratée du 6 mai dernier. Les représentants des étudiants avaient alors envisagé d'accepter la hausse si les frais annexes de leur scolarité étaient sensiblement réduits. L'incertitude entretenue sur ce point par le gouvernement avait fait échouer l'accord.

Sortie de crise délicate... mais nécessaire


Il est d'autant plus difficile de trouver une solution que le "printemps d'érable" québécois s'inscrit dans un phénomène plus général : un refus du modèle ultra-libéral commun à une bonne partie de la jeunesse occidentale, apparu concrètement d'abord dans le mouvement des "indignés". La force de la mobilisation et la durée du mouvement s'expliquent également par l'échec de la gestion de la crise par le gouvernement, visiblement dépassé. L'équipe de Jean Charest pourrait bien payer cette incapacité à résoudre la crise qui commence à irriter les québécois. Il faut dire que pour des pans entiers de l'économie, il y a urgence : le puissant secteur du tourisme craint par exemple une saison désastreuse, alors qu'approchent la saison des festivals d'été et surtout le Grand Prix de Formule 1.

Damien Wanner pour ARTE Journal

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Edité le : 28-05-12
Dernière mise à jour le : 29-05-12