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06/01/10

Présidence espagnole de l'Union européenne : rapprochement avec Cuba

(Espagne, ARTE Info, 31.12.2009) Il fait un froid cinglant à Madrid, mais Alejandro Gonzales s'y est habitué. En revanche, ce dissident cubain a du mal à accepter l'idée que son combat pour plus de démocratie et de liberté n'aura servi à rien. Un combat qui lui a valu 14 ans de prison dans son pays.

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"A Cuba, la formation et les soins de santé se paient par le silence. Ici, en Europe, nous bénéficions des mêmes prestations mais nous n'avons pas besoin de nous taire pour cela", constate Alejandro Gonzales. Alejandro n'arrive plus à payer son loyer depuis que les autorités ont cessé de l'aider financièrement. Et dans une Espagne ravagée par la crise, il a peu de chances de trouver du travail.

Début janvier, Madrid doit assurer la présidence de l'Union européenne. Une perspective qui inquiète cet écrivain cubain : "Je comprends que l'Espagne souhaite intensifier ses relations avec Cuba, mais le gouvernement ne doit pas oublier pour autant les Cubains qui croupissent en prison, les Cubains qui souffrent sous la dictature. C'est cette amnésie que nous critiquons en tant que dissidents, pas le rapprochement en lui-même."

L'Espagne a besoin de ce rapprochement. Avec un volume d'affaires de 800 millions d'euros, elle est le plus important partenaire commercial de Cuba - notamment dans le secteur de l'hôtellerie et du bâtiment. Le problème, c'est que les Cubains sont de très mauvais payeurs : le régime Castro doit près de 2 milliards d'euros à Madrid. Le gouvernement Zapatero mise donc sur un changement de politique.

De leur côté, les entreprises qui travaillent avec Cuba ne semblent guère convaincues par ce changement de cap. Sur la vingtaine de sociétés interrogées, aucune n'a souhaité s'exprimer devant les caméras. C'est trop risqué, expliquent-elles. S'il y a trop de publicité autour de cette affaire, La Havane n'hésitera pas à rompre les relations commerciales. Et les espoirs de remboursement s'envoleront alors à jamais. Ici, pourtant, personne ne croit à l'efficacité de méthode douce sur la dictature cubaine.

Plus de droits et libertés : cela devrait être la condition sine qua non à un rapprochement entre l'Europe et Cuba, estime Alejandro Gonzales. L'écrivain en exil réclame aussi un véritable élan de solidarité envers les dissidents restés sur l'île communiste. Car selon lui, le régime Castro ne peut être affaibli que de l'intérieur.

Edité le : 31-12-09
Dernière mise à jour le : 06-01-10