Amnisties, parades militaires et feux d'artifice...l'armée a mis le paquet pour cet anniversaire de la révolution. Elle voulait aussi faire oublier qu'elle a servi la dictature Moubarak pendant trente ans et que depuis le départ du Rais, elle règne toujours d'une main de fer sur le pays. Pour faire bonne figure, l'armée a libéré 3.000 prisonniers. Et le maréchal Hussein Tantaoui, le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), a annoncé à la télévision la "fin de l'état d'urgence partout dans le pays en vigueur depuis octobre 1981, à l'exception des cas de lutte contre les délits violents". Mais cette législation restrictive pour les libertés publiques et les droits des détenus, est maintenue pour lutter contre la "violence" commise par des "voyous", une définition vague qui fait redouter qu'elle ne continue d'être appliquée pour toutes sortes de motifs. L'organisation Human Rights Watch a ainsi estimé que cette levée partielle, entrée en vigueur aujourd'hui était une "invitation à la poursuite des mauvais traitements".
Vive la liberté
Parmi les prisonniers libérés mardi, le blogueur Maïkel Nabil. Arrêté fin mars 2011, il avait été condamné en avril à trois ans de prison pour avoir critiqué l'armée sur son blog. Sa peine avait ensuite été réduite à deux ans en appel le 14 décembre dernier. Face à l'armée, les mouvements de jeunes qui avaient initié le mouvement de contestation appellent à relancer le mouvement, estimant que leur révolution a été confisquée par les militaires qui dirigent le pays depuis le départ de Hosni Moubarak le 11 février 2011. "Nous devons descendre dans les rues, non pas pour célébrer une révolution qui n'a pas réalisé ses objectifs, mais pour manifester pacifiquement notre détermination à réaliser les objectifs de la révolution", a ainsi martelé un manifestant pro-démocratie aujourd'hui. Depuis la victoire des islamistes aux dernières élections, les jeunes de la place Tahrir se retrouvent avec un autre pouvoir autoritaire à combattre.






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