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ARTE Journal 11 janvier 2010 - 13/01/10

"Personnes" et "Après" de Christian Boltanski

Après l'allemand Anselm Kieffer et l'américain Richard Serra, c'est au tour du français Christian Boltanski d'investir la nef du Grand Palais à Paris pour la troisième édition de la Monumenta. Mémoire individuelle et mémoire collective, défi contre le temps et l'absurdité du destin, rempart contre la mort et l'oubli, Christian Boltanski installe la disparition des corps et restitue l'éternité des âmes avec "Personnes".

L'interview de Christian Boltanski en intégralité - Exclusivement pour le web

Des boites de biscuits comme un mur d'archives, des rectangles d'habits comme des tombeaux, le tout au rythme de battements de cœur, Christian Boltanski nous invite à célébrer notre condition d'être vivant : un jour nous serons morts et oubliés.
"C'est une forme de vaste lieu de commémoration, comme de très grands cimetières. On retrouve d'une certaine façon l'iconographie ancienne où on voyait dans les tableaux du jugement dernier les morts qui sortent de leurs tombeaux et vont se regrouper quelque part sous la main de Dieu", détaille Catherine Grenier, la commissaire d'exposition. Et au plasticien de préciser : "Je me considère comme un peintre dans la tradition. Effectivement je parle avec les mots de mon temps mais les questions que je pose sont les mêmes que pouvait se poser un peintre du XIVe ou du XIIe siècle."

En mettant en scène ces traces de corps disparus, Christian Boltanski tente, une fois encore, de concilier mémoire individuelle et mémoire collective. Il propose à nouveau une oeuvre comme on lance un défi au temps et à l'oubli, combat perdu d'avance. "Pour moi, la grue est un petit peu comme le doigt de Dieu ou comme le hasard. Elle prend des êtres au hasard au sommet de cette montagne. Elle les prend et elle les détruit. Puis elle en prend d'autres et elle les détruit. Et puis certains elle ne les prend pas. Il n'y a pas de raison à tout cela" explique Christian Boltanski. "Être humain c'est lutter, lutter pour conserver des mémoires, conserver des humains et ça rate forcément. Ce n'est qu'une sorte de petite parabole sur le ratage et sur l'impossibilité de lutter contre le destin". Et Boltanski de conclure : "Ici, on doit se poser des questions. Sur le hasard de la vie. Sur la vulnérabilité de la vie".

L’exposition se poursuit au MAC/VAL
Pour le MAC/VAL, Christian Boltanski a conçu une installation magistrale inédite, imaginée comme un film à grand spectacle, et convie les visiteurs à faire l’expérience d’un monde imaginaire, celui de l’au-delà. Cette fois encore, il réussit à transformer radicalement l’espace de l’art en un terrain de jeu jubilatoire, proposant au public de passer littéralement de l’autre côté, pour faire l’expérience improbable de cet Après.

Avec Personnes et Après, Christian Boltanski réalise là un nouveau tour de force : plonger le visiteur, au travers de deux histoires au demeurant disjointes et indépendantes, au coeur de ses plus intimes obsessions.


Le reportage



Expositions


Monumenta 2010
"Personnes" de Christian Boltanski
du 13 janvier au 21 février 2010
Nef du Grand Palais - Paris

"Après" Christian Boltanski
du 14 janvier au 28 mars 2010
MAC/VAL

Sur ARTE

"Les vies possibles de Christian Boltanski"
Un documentaire de Heinz Peter Schwerfel
Lundi 18 janvier 2010 à 23h35
Entre Paris, Berlin et le Japon, une plongée dans l'univers de Christian Boltanski, invité de Monumenta 2010 au Grand Palais.

DVD

"Les vies possibles de Christian Boltanski"
Un documentaire de Heinz Peter Schwerfel
Sera disponible e DVD chez ARTE Editions

Livres


L’Album
A l'occasion de l'exposition Christian Boltanski au Grand Palais, le Centre national des arts plastiques et la revue art press coéditent un album de l'exposition. Largement illustré, il réunit les grands articles publiés depuis 1970 dans art press sur Christian Boltanski ainsi qu'un entretien entre l'artiste et le critique Georges Didi Huberman.

Monographie Christian Boltanski
Co-écrite par Catherine Grenier, conservateur au Centre Pompidou, commissaire de l'exposition et Daniel Mendelson, écrivain américain (auteur du roman "Les Disparus", édité par Flammarion, qui a rencontré un grand succès, tant critique que public). Des textes inédits de Christian Boltanski et un facsimilé du livre d’artiste édité en 20 exemplaires en 1974 "Les morts pour rire" de Christian Boltanski complètent le texte critique de Catherine Grenier et la conversation avec Daniel Mendelson.

Edité le : 07-01-10
Dernière mise à jour le : 13-01-10