(USA, 2004, 1h43)
Avec Ben Affleck, Liv Tyler, Jason Biggs et Jennifer Lopez
Synopsis : Ollie Trinke (Ben Affleck) est un publiciste branché. Il s’épanouit dans un travail qui lui prend l’essentiel de son temps, qu’il parvient néanmoins à sacrifier à son épouse Gertrude (Jennifer Lopezà avec qui il forme le couple idéal, dans la ville de ses rêves : New York. Mais Gertrude décède en donnant naissance à leur petite fille et Ollie, à bout de nerfs, commet une faute professionnelle irréparable. Persona non grata à Manhattan, le voilà obligé de retourner chez son père, dans le New Jersey, avec sa rancœur, le souvenir de son irremplaçable épouse et pour seule consolation sa fille Gertie, qu’il adore. Un jour pourtant, le résolu Ben fait une rencontre qui pourrait donner un second souffle à sa vie…Critique : Révélé en 1995 par le précaire « Clerks, les employés modèles », un film symptomatique de l’image que l’on se faisait alors de la production américaine indépendante (soit une suite de longs dialogues décalés et sarcastiques, filmée selon un style aussi chiche que mal dégrossi), Kevin Smith, à la différence de Quentin Tarantino et à l’instar de Neil Labute, n’est jamais vraiment sorti de cette ornière. Pire, au grès d’une filmographie prolifique, il s’est trop de fois laissé aller à la facilité et surtout à une trivialité systématiquement maquillée en une subversion des moins élaborées, comme en témoignent les indigents « Jay & Silent Bob contre-attaquent » (2001) et « Dogma » (1999), qui eu néanmoins l’honneur d’une sélection cannoise sacrifiant un fois de plus à la mode d’alors.
« Père et fille » sort, aujourd’hui que ce genre de production est tombé en pleine désuétude, ce qui est bien dommage tant il témoigne d’un salutaire retour en forme du réalisateur et d’un repositionnement assez heureux vers le genre de la comédie mélodramatique « mainstream ». Centré sur la relation en Ollie, new-yorkais « déporté » dans le New Jersey (soit la pire des rétrogradations) et sa fille qui lui inculque les vertus d’une vie banlieusarde éloignée des mirages de Big Apple, « Père et fille » a davantage à voir avec certains mélos valables et récents comme « Family Man » de Brett Ratner (2000), avec Nicolas Cage.
Grâce à une écriture consensuelle mais plus subtile qu’il n’y parait et en misant sur l’efficacité du « running gag », soit la variation sur une même blague (ici à propos de l’horrible comédie musicale « Cats », un succès historique à Broadway), « Père et fille » fait entrer son réalisateur dans la cour des grands, plus de dix ans après ses débuts. On ne tient pas là un talent moderne de la trempe d’un Blake Edwards ou d’un Woody Allen, mais Kevin Smith parvient à nous convaincre qu’il est désormais capable de se ménager un avenir dans le genre de la comédie douce-amère.
Julien Welter
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Père et fille
De Kevin Smith
(USA, 2004, 1h43)
Avec Ben Affleck, Liv Tyler, Jason Biggs et Jennifer Lopez
Sortie du 11 août 2004






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