Palmarès
- Longs métrages : le jury de la compétition internationale présidé par William Lustig a décerné le Prix H.R. Giger Narcisse du meilleur film à « The Troll hunter » d’André Ovredal. Le public, raccord, a distingué le même film qui fait décidément carton plein puisqu’il a également été élu Mélies d’argent ! « Stake Land » de Jim Mickle repart avec une mention spéciale du jury international, « Hello ghost » de Kim Young-tak avec le Prix du meilleur film asiatique, « Wake wood » de David Keating avec le Prix de la Jeunesse Denis-de-Rougemont, « The violent kind » des Butcher Brothers avec le Prix Mad Movies du film le plus Mad et enfin, « Insidious » de James Wan avec le Prix Titra Film.- Courts métrages : « Evermore » de Philip Hofmänner a remporté le Prix H.R. Giger Narcisse du meilleur court métrage suisse et le Prix Taurus Studio, « Employé du mois » d’Olivier Béguin a eu droit au Prix Taurus Studio à l’innovation et pour finir, « Brutal relax » de David Munoz et Adrian Cardona a été nominé pour le Mélies d’Or du meilleur court métrage européen.
Très honoré
Avant de commenter ce palmarès, arrêtons-nous un instant et plantons le décor. Le Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel, NIFFF de son petit nom, existe depuis l’an 2000 et en est à sa 11e édition (il y a eu une interruption en 2001). Trois lieux distincts, très proches les uns des autres, accueillent les projections, donnant ainsi l’occasion aux festivaliers de se dégourdir les jambes entre deux séances et de goûter aux charmes de la ville et de son lac. Chaque année, le NIFFF s’offre un invité d’honneur : Eli Roth était celui de cette 11e édition et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a répondu présent à l’appel sans bouder son plaisir, rendant largement hommage à ses hôtes. A juste titre, il a souligné la convivialité de ce festival (appartenant au genre hautement estimable des festivals faits avant tout pour le public) fréquenté par des spectateurs très respectueux. Et tout aussi agréable : pas ou peu de frustration puisque les films programmés dans les diverses sections sont projetés plus d’une fois et qu’il est donc possible de s’organiser pour presque tout voir. Même sur un court laps de temps, on peut repartir rassasié.
Au début
Et justement, en à peine quatre jours, dès le lancement des festivités, il a été possible de de voir les 12 films de la compétition (ouf : certains étaient déjà passés au BIFFF notamment, ça aide tout de même) et d'emmagasiner le maximum de séances dans les autres sections, en particulier la section « New cinema from Asia » -puisque le NIFFF met, depuis ses débuts, l’accent sur les cinématographies de ce continent. Du coup : « Hello ghost », meilleur film asiatique ? Ah ? C’était sympathique d’écouter son réalisateur le présenter, mais l’histoire de cet homme qui rate son suicide et se retrouve affublé de quatre fantômes envahissants rappelle fortement une partie de l’intrigue de « Drôle de fantômes » (Ron Underwood, 1993) et peine à démarrer… Alors que « Limah’s ghost goes home » (Mamat Khalid) c’est drôle de bout en bout ; alors que « Guilty of romance » (Sion Sono), même s’il se perd en cours de route, intrigue ; alors que « Red eagle » (Wisit Sasanatieng), pur descendant de la grande époque des serials fait passer ses 2h10 en un rien de temps ; alors que « Underwater love » (Shinji Imaoka), comédie musicale érotique et fantastique titille joyeusement les sens… Mais bon, les goûts, les couleurs, tout ça… Et puis il y a quand même moyen de s’entendre car « The Troll hunter » multi récompensé = OK. Et pourtant ça n’était pas gagné cette affaire-là. Le film a beau se tailler un joli parcours à travers les festivals, son pitch n’inspire guère confiance : encore, berk, saleté de « Blair witch project », un pseudo documentaire avec caméra nauséeuse à la clef. Mais dans le cas de « The Troll hunter » ça passe car cela permet d’introduire efficacement les Trolls et puis ce qu’on perd en qualités visuelles est compensé par un humour piquant, notamment sur la religion (le film sort en France le 27 juillet). Moins drôle mais assez critique aussi, on retiendra également parmi les films de la compétition « Todos tus muertos » de Carlos Moreno, satire sociale économe au ton original. « Insidious » (James Wan) et « Saint » (Dick Maas), chacun à leur manière, rappellent le bon vieux cinoche des années 80, ça fait plaisir. Les coups de cœur s’arrêtent là pour ce qui est de la compétition, mais il y a au moins deux autres films récents qui méritent d’être mis en avant : « The murderer » (Na Hong-jin, déjà auteur du remarquable "The Chaser" : "The Murderer" sort en France le 20 juillet) et « Hobo with a shotgun » (Jason Eisener, avec l'impeccable Rutger Hauer).





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