Il y a 15 ans, ce natif de Kiev décide de se balader tout nu et à quatre pattes dans les rues de Moscou.
Ses performances, où il mord aux mollets les visiteurs, l'emmènent plusieurs fois non pas à la fourrière mais au commissariat.
Désormais, à 50 ans, Oleg est une star. Le Théâtre du Châtelet lui a même proposé de mettre en scène "Le Messie" d'Haendel.
En 2009, Oleg Kulik tombe sur un os : il découvre que certaines icônes de l'église orthodoxe représentent Saint Christophe avec une tête de chien. La truffe émoustillée, l'artiste se lance alors dans la mise en scène d'œuvres religieuses : "Les Vêpres de la Vierge", puis "Le Messie" d'Haendel ici présenté au théâtre du Châtelet.
Chercher la petite bête, c'est le credo d'Oleg. En 1999, suspendu au plafond du Musée d'Art Moderne d'Anvers, le performeur se métamorphose en tatou, un mammifère doté d'une carapace capable de se rouler en boule.
"Cosmonaute fœtus", "Martyre aux oies", Kulik enchaîne les rôles. En 1993, avec "Deep into Russia", au cœur de la Russie, l'artiste évoque pour la première fois sa passion pour les animaux. Il y a quatre ans, les photos illustrant ces liaisons dangereuses sont exposées à la FIAC. Elles sont confisquées par la police sur ordre du Parquet de Paris. Du jamais vu !
La première sortie en laisse d'Oleg remonte au 23 novembre 1994. Ce jour-là, il monte la garde devant l'unique galerie d'art contemporain de Moscou. Pour protester contre la fermeture des squats d'artistes décidée par les autorités, Kulik aboie sa colère. "Tout le monde est devenu sauvage alors que nous sommes des gens cultivés, des amateurs de Tchekhov, de Dostoïevski, de Nabokov ! On disait que c'était une métaphore de l’état de Moscou : "Un homme cultivé a perdu la raison"."
Oleg a inventé le concept de "zoophrénie" pour définir son travail obsédé par les rapports entre l'homme et l'animal. Dans cette performance organisée à Riga en Lettonie, l'artiste se dote d'un bec pinceau. Face à son portrait incarnant le consommateur, l'oiseau Kulik tente de résister par le geste artistique.
"J’ai donné quelques coups avec mon bec. Mais le miroir ne se brisait pas. Alors j’ai envoyé un coup de poing très violent. J’ai eu peur que le consommateur ne sorte vainqueur, c’est moi qui devais vaincre et pas lui, le personnage-consommateur ! C’est moi l’artiste !"
Dès ses débuts, Oleg Kulik envisage ses performances comme des actes politiques. Deux ans plus tard, affublé de deux cornes et d'un blazer à tétines pour nourrir son électorat, Oleg est paré pour sa campagne. Avec le slogan "Kulik is Your President" et un programme invitant au "devenir animal", il passe à la télé et croise le chemin d'une autre activiste : La Cicciolina.
Cadreur : Pierre Chautard Ingénieur du son : Alexis Farou
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vendredi, 24 février 2012 à 01:20
Pas de rediffusion
(France, 2012, 52mn) ARTE F
Edité le : 15-02-12
Dernière mise à jour le : 15-02-12