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Mang'Actu - 26/10/06

Octobre 06

Un Mang’actu très coréen ce mois-ci avec pas moins de quatre manhwas au sommaire quelques coups de cœur (Takita à ne pas manquer), des habitués et un mot sur Shogun, mensuel de prépublication de BD sous influence manga lancé en grande pompe par les Humanoïdes associés. Ca commence dessous.

Chauds, chauds, les petits pains !
Et autres ragots du quartier
Takita (Yû)
Picquier manga / 16,50 €

Chronique semi autobiographique sur la vie d’un petit quartier de Tokyo durant la Seconde Guerre mondiale.

Chauds, chauds, les petits pains est le prolongement des deux nouvelles parues dans le savoureux Histoires singulières du quartier Terajima aux éditions du Seuil (cf. Mang’actu février 2006). Les voies de l’édition comme celle de la raison étant impénétrables, c’est chez Picquier Manga que l’on retrouve ces délicieuses tranches de vie axées sur le quotidien d’une famille de tenanciers et de leur fils Kiyoshi. Agé d’une dizaine d’année dans les années 40, Yû Takita se raconte à travers ce petit personnage dont il restitue le regard empreint de spontanéité et d’innocence. Avec son espièglerie coutumière, l’auteur redonne vie à ce Tokyo populaire disparu vu comme un village où se côtoyaient, dames de petites vertus, commerçants ambulants, clients éméchés et soldats en permission. Mais la guerre lointaine et abstraite au début de l’ouvrage vient peu à peu enrayer cette douceur de vivre. Après les bombardements américains, plus rien ne sera comme avant. Et l’ouvrage de s’achever sur cette image attendrissante et terrible du petit Kiyoshi contemplant les ruines encore fumantes de son quartier et pleurant son chat disparu.


Une bien triste famille
Abe (Shinichi)
Seuil (coll. Mangaself) / 17 €

La vie d’une communauté de mineurs au début du XXè siècle dans le Nord du Japon.

Issu de la revue Garô, Shinichi Abe est l’un des grands noms du manga d’avant-garde des années 70. Son style brut, presque agressif tendant vers l’expressionnisme est ici mis au service d’un récit long et âpre qui dépeint le quotidien sordide de mineurs. Loin d’un simple Germinal nippon, Une bien triste famille dépeint avec une crudité souvent éprouvante un milieu où l’esprit de corps n’existe pas, encore moins la solidarité. Abe nous montre la réalité complexe du fonctionnement de la mine avec ses hiérarchies particulières, ses clans, ses luttes de pouvoir et ses chefs redoutés qui ont presque droit de vie et de mort sur des travailleurs aliénés, soumis et résignés à survivre. Face à la pénibilité du travail, à la fatigue, à la promiscuité et à la rigueur du climat, les distractions se font rares et les tensions sont permanentes. Dans cette vie crépusculaire et miséreuse, Abe s’intéresse particulièrement au sort des femmes, réduites à des objets de plaisirs que l’on viole ou que l’on violente à loisir sans ménagement comme seul moyen d’évacuer sa frustration. Par son réalisme clinique, la scène d’ouverture chez le docteur de la mine ne nous épargne d’ailleurs rien et donne le ton général de ce récit plein de morgue. 


Rivage (2 tomes sur 5)
Kashiwagi (Haruko)
Delcourt, Akata / 7,50 €

Sur l’île du Démon, il y a plusieurs centaines d’années, la petite Torago voit sa grande sœur, Tana, emportée par les flots sous ses yeux. Quelques années plus tard, devenue jeune femme, Torago découvre une personne naufragée sur l’île qui pourrait bien être Tana devenue adulte. C’est alors que le volcan se met à gronder et la prêtresse accuse la nouvelle venue d’en être responsable…

Auteur de l’intéressant Initiation conte érotique contemporain puisant librement dans des croyances paysannes traditionnelles, Kashiwagi imagine cette fois une société matriarcale primitive dominée par les superstitions et les rites. Le mangaka nous montre comment ceux-ci viennent réguler les rapports de l’Homme face à son environnement et comment l’apparition d’un élément inopportun vient mettre en péril l’équilibre fragile de la communauté qui se retrouve dès lors au bord de l’implosion. A partir de cet enjeu dramatique, Kashiwagi déroule ensuite son récit avec ce qu’il faut de mystère, d’action… et de femmes plantureuses aux courbes généreuses, ce qui ne gâche rien.


All my darling daughters
Yoshinaga (Fumi)
Casterman, Sakka / 9,95 €

Yukiko accepte mal le remariage de sa mère avec un jeune homme qu’elle prend pour un gigolo. Elle confie ses peines à ses amis avant de décider de s’installer chez l’un d’eux.

C’est en fréquentant le milieu dôjinshi du manga amateur que Fumi Yoshinaga a commencé à se faire connaître en se spécialisant dans un genre en vogue mettant en scène des relations homosexuelles entre garçons. Dans All my darling daughters, elle laisse de côté le yaoï, pour aborder un thème plus généraliste et ambitieux qui peut parler à tous, celui de la relation filiale. La mangaka y pointe les petites blessures familiales jamais tout à fait cicatrisées qui font naître complexe et rancœur entre une mère et sa fille tout en brossant le portrait de trentenaires urbains face à leur difficulté de vivre une relation amoureuse stable. De cette double approche Yoshinaga tire une belle réflexion sur le fossé des générations et sur les trajectoires curieuses que peuvent prendre les destinées individuelles, entre regrets passés et aspirations futures. Beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît, ce manga drôle et émouvant est par certains aspects typiquement japonais (on y parle encore des mariages arrangés) mais il pourra néanmoins toucher le cœur des lectrices françaises tant son propos et ses personnages nuancés en font une œuvre universelle.


Diamonds
Sakurazawa (Erika)
Kankô / 6,95 €

Sous l’influence d’une copine et de son petit ami, une lycéenne sans histoire se met à jouer les escort girls auprès d’un riche chef d’entreprise.

L’éditeur jeunesse Milan se lance à son tour dans le manga en créant son label, Kankô. Parmi les premiers titres publiés, on retiendra Diamonds signé par une mangaka bien connue des fidèles de ce mang’actu, Erika Sakurazawa à qui l’on doit Entre les draps, Body and Soul et Crash tous parus chez Asuka. La dessinatrice reprend ici un thème traditionnel du lady comics, le passage à l’âge adulte, en s’interrogeant sur les motivations qui peuvent pousser une jeune fille à sortir avec des hommes mûrs pour de l’argent. A travers son héroïne, Sakurazawa dénonce une pratique qui défraya la chronique à la fin des années 90 au Japon et qui s’assimilait parfois ni plus ni moins qu’à de la prostitution. Mais Sakurazawa garde un ton léger en traitant cette relation ambiguë sur le ton de la comédie sentimentale avec un quadra romantique bien comme il faut, à la recherche de l’amour pur et qui aidera la jeune fille à prendre sa vie en main. Une sorte de Richard Gere japonais en somme.


Le Marécage
Kyu-sok (Choi)
Casterman coll.Hanguk / 15,75€

Quatre étudiants fauchés voient débarquer un colocataire inattendu et décontracté dans la promiscuité étouffante de leur minuscule appartement : un cerf. Déjà dure, la cohabitation va s’avérer encore plus explosive.

Choi Kyu-sok a le vent en poupe en ce moment chez les éditeurs français. Après avoir co-signé Nouilles Tchajang chez Kana et L’amour est une protéine paru avant l’été chez Hanguk, on le retrouve seul à bord de ce Marécage, du nom du bouge informe où lui et ses amis passèrent l’essentiel de leurs années étudiantes. Puisant dans son expérience personnelle, l’auteur se livre à un portrait de groupes souvent acide montrant la vie chaotique de ses colocataires entre exaltation amoureuse et frustration sexuelle permanente, rêve de réussite sociale et désenchantement. L’arrivée fantaisiste du cerf vient apporter une touche décalée à cette autobiographie déguisée, en permettant à l’auteur de se lâcher et d’exprimer pleinement sa causticité et sa vision ironique sur les travers de la nature humaine. Les filles futiles en prennent d’ailleurs pas mal pour leur grade, de même que les garçons trop nigauds, l’auteur franchissant parfois allègrement la ligne jaune du politiquement correct pour s’aventurer gaiement dans l’humour noir. Un auteur non consensuel à suivre.


Brève cohabitation
Kyung-sup (Jang)
Casterman coll. Hanguk / 14,75 €

M. Jang est dessinateur de BD fauché. Un jour, il découvre qu’un cafard énorme a élu domicile chez lui. Peu à peu, ces deux êtres, disparates en apparence, vont apprendre à se connaître jusqu’à ce qu’une jeune femme vienne remettre en cause leur amitié naissante.

Fable misanthrope aux accents kafkaïens, Brève cohabitation est un manhwa surprenant à défaut d’être pleinement convaincant. Plutôt nébuleux dans son déroulement, l’histoire semble dénoncer pêle-mêle le sacerdoce de la vie d’artiste en même temps qu’il s’interroge sur la discrimination de l’apparence dans la société d’aujourd’hui. On comprend assez vite que le dessinateur se considère lui-même comme un cafard, un nuisible inutile, contraint de vivre dans l’ombre, un marginal acculé à la solitude. Si l’auteur instaure des décalages amusants (on voit le cafard faire la vaisselle ou piquer des crises de jalousie) pour adoucir le pessimisme de son récit, il ne parvient pas malheureusement à « tenir » son sujet sur la longueur, l’ensemble donnant l’impression d’une œuvre décousue et inachevée. Les nouvelles plus ramassées de la fin du recueil sont d’ailleurs beaucoup plus réussies dans le registre de l’étrange tel Ma Chambre joyeuse, un délire «lynchéen» où le héros surprend ses doubles en train de faire l’amour !  


Mijeong
Byun-Byung Jun
Kana, coll.Made in Japan/ 12,50 €


Recueil de sept chroniques citadines dont la plus longue Yeon-du 17 ans suit une jeune fille désespérée qui arpente les rues de Séoul et trouve au hasard de sa promenade une oreille attentive pour l’écouter…

« Ca fait déjà un moment que je dessine des manhwas, mais j’ai l’impression de tourner en rond. Je ne vois aucune progression sauf celle des soucis ». C’est avec une modestie toute asiatique que Byun Byun Jun clôture ce recueil de nouvelles qui n’a pourtant pas grand-chose en commun avec la fable moralisante à la Cours Bong-Gu ! Jun étonne par le regard cynique qu’il porte sur la société coréenne et par l’étonnante cruauté de ses histoires où l’on voit des enfants insensibles se livrer à un jeu morbide ou des adolescentes sombrant dans le désespoir… Parfois mélo voire foncièrement misérabiliste, Byun-Byung Jun nous montre la face noire de la nature humaine mais sait aussi prendre du recul avec son sujet quand il le veut. A l’instar de 202, Villa Sinil, histoire comique et absurde d’un dessinateur névrosé, obsédé par son ex-petite amie qui bénéficie d’une pirouette scénaristique classique mais des plus efficaces...


Oreillers de laque. Du vent sur les fleurs
Sugiura (Hinako)
Picquier coll. Manga / 16, 50 €

Dans le quartier réservé des plaisirs de Yoshiwara durant l’ère Edo, on suit le quotidien de quelques courtisanes rencontrant des clients pour qui elles sont tour à tour amantes, confidentes ou amies.

Spécialiste de l’ère Edo, Hinako Sugiura travailla comme conseillère à la réalisation de film et de production TV à caractère historique tout en oeuvrant comme romancière, essayiste et dessinatrice de BD. Publiées dans Garô dans les années 80, ces histoires courtes puisant dans la tradition esthétique des estampes de Hokusaï, Utamaro ou Hiroshige sont graphiquement sublimes. Pour autant, la dessinatrice adapte les codes esthétiques de ce qu’on a appelé le « monde flottant » aux exigences de la narration BD dépassant ainsi le simple hommage pour créer une œuvre personnelle qui se nourrit de ces deux formes artistiques. Mais qu’on ne s’attende pas à une œuvre consensuelle ou conformiste, Oreillers de laque dévoile la réalité de cette société par le petit bout de lorgnette et le truchement de secrets d’alcôves. Au final, ces petites chroniques intimistes croustillantes et polissonnes en disent bien plus long sur la réalité d’Edo que tout essai historique.


Sorcières t.1 (série en 2 tomes)
Igarashi (Daisuke)
Casterman coll. Sakka / 9, 95 €

Trois histoires de sorcières. Une jeune fileuse est envoyée à Istanbul pour transmettre un message et déjouer le complot funeste d’une sorcière arriviste ; quelque part en Amazonie, une armée doit affronter un étrange brouillard blanc ; un homme explique à un religieux que sa défunte sœur est une sorcière vivant sur le dos d’un oiseau.

De magie, croyance ou mysticisme, il en est toujours question dans les œuvres de Daisuké Igarashi que l’on se souvienne de son fabuleux diptyque Hanashippanashi. Pour mettre en images cette histoire de sorcières, le mangaka utilise un style plus instinctif et lâché, mais toujours aussi foisonnant qui donne envie de se perdre dans ses pages et de prendre le temps d’observer. C’est alors que le monde visible s’efface, tel un décor factice de théâtre, révélant un univers inquiétant et merveilleux que seuls certains initiés ou élus peuvent voir. Malgré son sujet, Igarashi ne sacrifie jamais au spectaculaire et tout invite à la contemplation dans cette œuvre qui marche sur les traces de Miyazaki.


Détenu 042  t.1 (série en 5 tomes)
Kotegawa (Yua)
Kana (coll. Big Kana) / 7, 35 €

Condamné à mort pour avoir perpétrer sept meurtres, le détenu 042 (« O-shi-ni » en japonais autrement dit…« Crève ») accepte de devenir le cobaye d’une expérience dont la réussite pourrait permettre l’abrogation de la peine de mort au Japon. Une puce électronique est placée dans son cerveau afin de contrôler ses pulsions meurtrières mais au moindre danger, une décharge électrique lui fera exploser la tête. Sous l’œil de scientifiques, 042 se met à travailler dans un lycée.

Voilà un manga déconcertant moins par son sujet que par son traitement. Loin du thriller musclé attendu, Détenu 042 semble en effet peu destiné à un public d’ado friand d’action mais plutôt à un lectorat de jeunes filles tant l’intrigue glisse insensiblement vers les territoires guimauves et acidulés du shôjo. Certes, la dessinatrice y parle d’un sujet de société controversé, la réhabilitation de criminel dans un pays où, rappelons-le, la peine de mort est toujours en vigueur. Cependant, on a du mal à croire en ce détenu qui a tué sept personnes (même si c’est pour la bonne cause) et qui pleure à chaudes larmes ses fleurs piétinées par une bande de voyou quand il ne se démène pas comme un diable pour retrouver le petit lapin perdu d’une lycéenne éplorée ! Sorte d’Orange mécanique à la sauce kawaï, Détenu 042 pourra laisser circonspect voire incrédule même si finalement ce mélange inhabituel des genres, participe à son originalité.

*

Pour terminer, un mot sur Shogun, première revue de prépublications dédiée au manga non japonais lancée ce mois-ci par les Humanoïdes associés à retrouver en kiosque et dans les librairies spécialisées. Une initiative originale et risquée qui vise à transposer le mode de production du manga au Japon en France, en fournissant tous les mois au lecteur près de 300 pages de BD inédite sur un papier bon marché et pour un prix (relativement) modique de 4.50 €. Tous les 3 ou 4 mois, ces histoires seront compilées en recueil et certaines devraient même être adaptées en jeux vidéo. Destiné avant tout à un public d’adolescents, Shogun met l’accent sur la science-fiction, l’anticipation ou la fantasy en s’appuyant sur un collectif d’auteurs venus d’horizons variés (France, Espagne, Italie…) et plus ou moins débutants. Du coup, on regrette l’extrême disparité qualitative de ce premier numéro qui oscille du bon (Lolita HR très prometteur) au moyen voire au franchement mauvais (la palme du mauvais goût et de la misogynie crasse revenant à l’ahurissant Breath effect, suivi de près par le caricatural Love Inc’ qui devrait faire parler nos amis agenais…). Malgré ses défauts de jeunesse, Mang’actu suivra de près les évolutions de ce projet éditorial qui tente le pari fou de faire ni plus ni moins qu’un Shônen Jump à la française.  

A signaler aussi Tokyo Tribe 2, sympathique manga imprégné de culture de rue et de hip-hop signé Santa Inoue, mangaka que vous avez pu découvrir dans Mang’arte, et qui réinvente pour l’occasion un Tokyo tribal en proie à une lutte des gangs. Le style souple et rondouillard de Inoue sert bien cette histoire urbaine qui puise dans l’imaginaire du gangsta-rap américain avec ce qu’il faut de gros 4X4 et de règlements de comptes mais la contestation et les gros mots en moins. Yo ! (Glénat)

Sarami chez Kankô est une princesse de l’enfer qui rêve d’aller sur terre et de devenir mannequin. Après avoir fuguée, elle se met à faire la plonge dans un restaurant et s’entiche du beau Billy. Graphisme naïf, look kawaï et univers fantastico-rigolo font tout le charme de ce shôjô rock’n’roll et fashion.  Dommage que les chutes de ces histoires courtes ne soient pas toujours à la hauteur.

On ne savait pas le dessinateur de Coq de combat Akio Tanaka, fan du Grand bleu. Avec Glaucos, il fait le grand plongeon et suit l’apprentissage d’un adolescent né parmi les dauphins. Voilà un premier tome bien enlevé reprenant les recettes du shônen avec un soupçon de zen… et sans la musique d’Eric Serra ce qui est toujours ça de pris.

Le dernier volume de L’Arbre au Soleil est enfin paru. Si vous ne devez acheter qu’une série de Tezuka cette année jetez-vous sur ce classique où le Dieu du manga rend hommage à son aïeul, médecin durant l’ère Meiji, avec le génie narratif et le souffle romanesque qu’on lui connaît (Tome 8, Tonkam, 9€).
On se demande où s’arrêtera le Yamamoto dans l’étrange tant Homonculus continue de nous embarquer loin des sentiers battus. Le face-à-face entre une lycéenne et le SDF trépané dans la promiscuité d’une voiture constitue le morceau de bravoure de ce 5 volume décidemment très freudien à ne pas mettre entre toutes les mains.  

C’est tout pour ce mois-ci,

Mata ne !
Nicolas Trespallé

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# 22 - Octobre 06
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Edité le : 26-10-06
Dernière mise à jour le : 26-10-06