Taille du texte: + -
Accueil > Monde > ARTE Journal

ARTE Journal

Le journal de l'actualité européenne

> > Wulff et les entrepreneurs

ARTE Journal - 05/01/12

Nouvelle accusation contre le président allemand de financements occultes

Le président allemand Christian Wulff à nouveau dans l'oeil du cyclone. Il est accusé d'avoir été illégalement financé par un ami entrepreneur lors de sa campagne éléctorale pour les régionales de Basse Saxe, en 2007et 2008.

L'affaire fait grand bruit Outre-Rhin. Le président Christian Wulff est à nouveau à la une des tabloïds. Cette fois parce qu'un de ses amis entrepreneurs, l'homme d'affaires Carsten Maschmeyer aurait financé une publicité pour son livre publié à l'automne 2007 pendant la campagne électorale pour les régionales de Basse-Saxe.

L'avocat du président allemand affirme que ce dernier ignorait le financement par son ami pour cet ouvrage au titre prémonitoire "il vaut mieux dire la vérité."

"Il vaut mieux dire la vérité"

Par l’intermédiaire de son avocat Gernot Lehr, le président de la République a fait savoir qu’il n’était au courant de rien. Dans ce livre d’entretiens, le président de la République parle de sa vie privée et de sa vie politique. Ce livre a été un élément clef de la stratégie électorale de la CDU en Basse-Saxe. Un porte-parole a confirmé que Maschmeyer, fondateur de la holding AWD, groupe prestataire de services financiers, a effectivement dépensé environ 42 700 euros, prélevés sur sa fortune personnelle, pour la promotion de ce livre, sans demander officiellement de contrepartie.

Après son élection à la présidence de la République, Wullf a continué à entretenir des relations avec Maschmeyer. Durant l’été 2010, il a séjourné à Majorque, dans un lieu de villégiature appartenant à cet entrerpeneur.

Une affaire qui met à nouveau en cause la probité du Président allemand. Car il avait été déjà malmené en 2008 lors d' une précédente affaire, un prêt personnel alloué par un autre ami entrepreneur.

L’affaire du « crédit de Geerkens » passée au crible

En 2008 Christian Wulff avait accepté le prêt de 500 000 euros que lui avait accordé l'épouse de l'homme d'affaires Egon Geerkens. En échange les époux Geerkens auraient profité des largesses du Président en fonction.Le Parlement de Basse-Saxe étudie actuellement les faits reprochés au président. Le Conseil des Anciens s’est réuni en session extraordinaire pour répondre à la question suivante : Wulff a-t-il enfreint la loi, en acceptant en 2008 le prêt de 500 000 euros que lui a accordé l’épouse de l’homme d’affaires Egon Geerkens ? Le Conseil veut également faire la lumière sur ses relations avec d’autres hommes d’affaires chez lesquelles Wulff aurait effectué des séjours de vacances.

 

La loi sur les ministres et la question des vacances

La question clef est de savoir si les faits reprochés à Wulff tombent sous le coup de la loi sur les ministres du land de Basse-Saxe qui interdit aux responsables politiques d’accepter tout cadeau ou gratification dans le cadre de leurs fonctions. Dans l’intervalle, le président de la République a fait publier une liste de séjours de vacances qui établit qu’entre 2003 et 2010, il a passé six séjours de vacances, en tant que chef de gouvernement régional, chez des amis en Espagne, en Italie, en Floride et sur l’île de Norderney, au nord de l’Allemagne.

 

Des liens étroits avec Geerkens.

Selon un sondage réalisé lundi dernier en collaboration avec la première chaîne allemande, 70% des Allemands souhaitent que Wullf reste en poste, malgré les doutesqui pèsent sur sa probité. En revanche, seuls 49% des sondés, donc moins que la moitié, approuvent le fait qu’un ministre-président puisse bénéficier d’un crédit privé de la part d’un homme d’affaires.

Du côté des partis politiques, les demandes de démission sont rares. Les Verts, en revanche, exigent des explications sur trois voyages officiels à l’étranger auxquels l’homme d’affaires Egon Geerkens a pris part sur invitation de son ami Wulff. Volker Beck, secrétaire du groupe écologiste au Bundestag, souhaite savoir « au nom de quoi un homme d’affaires émérite serait autorisé à accompagner la délégation économique d’un ministre-président ».

 

Wulf est soumis à une forte pression. Il peut néanmoins compter sur le soutien de la chancelière Angela Merkel qui sait qu’un retrait de Wulff pourrait avoir des conséquences graves pour l’alliance CDU/CSU.

Merkel a récemment subi deux défections de poids : celle de Horst Köhler, prédécesseur de Wulff, contraint à la démission à la suite de déclarations controversées sur l’engagement de l’armée allemande en Afghanistan.

Et celle de Karl-Theodor zu Guttenberg (CSU), étoile montante politique et ex-ministre de la Défense, mais accusé de plagiat pour sa thèse de doctorat. Une affaire qui a d’ailleurs fait une bien mauvaise publicité aux universités allemandes.

 

Ellen Hofmann/Arte Journal/ dpa/handelsblatt, spiegel-online, SZ

Edité le : Tue Dec 20 12:00:00 CET 2011
Dernière mise à jour le : Thu Jan 05 15:50:59 CET 2012