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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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04/12/08

Nouvelle Collection RKO

( note Arte: 4 ) Le noir, c’est mieux choisi avec la RKO.

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(USA, 1937 – 1951)
Avec Ginger Rogers Joel McCrea, Robert Mitchum…

Une collection de DVD aux Editions Montparnasse

Synopsis : Ce nouveau pan exhumé des productions du défunt studio hollywoodien de la RKO permet notamment de redécouvrir « Primrose Path » (1940), un mélodrame étonnement cru de Gregory La Cava, dont on connaît mieux la veine enjouée. Ginger Rogers y campe une jeune femme issue d’un milieu pauvre et surtout aliénant. Elle pense trouver une issue lorsqu’elle s’éprend d’un garçon bien élevé, mais le passé la rattrape impitoyablement. « Voyage sans retour » (1950) joue sur les codes du film noir au lieu de s’inscrire platement dans leur tradition et suit la cavale d’un médecin (Robert Mitchum) qui s’est amouraché d’une femme fatale.

Critique : Encore des surprises dans cette nouvelle collection RKO, avec « Primrose Path », un Gregory La Cava de 1940, parcouru par des mouvements de caméra très élaborés pour l’époque et des choix esthétiques radicaux. A plusieurs reprises, les amoureux contrariés Ginger Rogers et Joel McCrea se retrouvent au même endroit, entre un embarcadère et une jetée (lui, le fiancé trop idéal, travaille dans un snack en bord de mer). Ils sont proprement entre crustacés et coquillages, comme si leur amour se trouvait sans cesse rejeté par le ressac. Un hasard les réunit, une méprise va les séparer de manière tout aussi dramatique. Avec ses ambiances de tripot et la vision d’une demeure familiale envahie par la misère, « Primrose Path » évoque presque « Loulou » et « Journal d’une fille perdue » de Pabst avec Louise Brooks. Le happy end, qui démentit la séparation des amants, semble presque rajouté à la demande du studio ou des censeurs, mais devant tant d’épreuves, on se demande ce qu’il peut rester de ce couple ballotté.

Le happy end relatif s’immisce lui aussi avec étonnement dans « Voyage sans retour ». A l’issue de ce polar, Mitchum échappe à un funeste destin mais troque une aventure pleine de fureur avec une créature démoniaque pour une vie rangée avec une fade et aimante collègue. Peut-on là aussi parler de happy end, ou plus volontiers d’un pied de nez bien dans l’esprit retors des séries noires ? En tout cas, si on sourit à voir Mitchum incarner un médecin prévenant et honnête, il excelle par contre à jouer de son habituel air de somnambule, une fois sur la route, lorsqu’il tente d’échapper aux policiers à ses trousses. Son personnage, désarçonné par l’enchaînement diabolique des évènements, ne semble pas croire à ce qu’il lui arrive, et le comédien en profite justement pour perfectionner son habituel détachement, y compris lorsqu’il est censé jouer le coup de foudre. Mitchum, le prince du flegme à l’américaine, disait d’ailleurs, pour expliquer sa méthode : « Peigner des yeux ouverts sur mes paupières et dites-moi dans quelle direction aller ». Ici, blessé lors d’une rixe, son personnage figure véritablement le mort vivant, à moitié là, à moitié effacé, et « Dead Man » de Jim Jarmusch (1995) sera d’ailleurs son dernier film. « Voyage sans retour », se révèle en tout cas une série B plutôt savoureuse, lorsque la scoumoune qui s’abat sur le pauvre docteur, un cercle infernal de péripéties, le préserve à chaque fois de la mort ou de la capture … pour mieux continuer à endurer son périple en compagnie d’une psychotique irrécupérable, doublée d’une redoutable affabulatrice dont il n’aurait bien sûr jamais dû croiser le regard. Un scénario pervers, selon la formule consacrée.

Julien Welter

Les Bonus : Présentation des films par l’enthousiaste Serge Bromberg.


Edité le : 04-12-08
Dernière mise à jour le : 04-12-08