>> MOYA en interview
Visite virtuelle sur l'île Moya 1
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Visite virtuelle sur l'île Moya 3
Un art protéiforme
Peintre, sculpteur, céramiste, VJ... Moya a des collectionneurs et des fans dans le monde entier ; incontournable dans la région de Nice où il habite, il expose le plus souvent ses toiles, ou céramiques, en Italie et ses sculptures à Taiwan. Mais c’est à Paris pourtant que je l’ai rencontré pour la première fois, à la galerie Cour Carrée : pas lui non, le petit personnage qui porte son nom, une sorte de Pinocchio que l’on retrouve dans ses tableaux aux côtés de Dolly, un mouton à l’allure d’une peluche qui nous tire la langue en souriant, accompagné parfois d’une charmante poupée à lunette, genre dompteuse de lions aux seins tentaculaires.Le temps du vernissage Moya avait repeint deux rideaux de fer de la rue Quincampoix, face à la galerie puis il était reparti. Moya est comme ça : pendant qu’on le croît à Florence exposant ses « artefacts » reliques et vestiges de sa vie cybernétique au musée d’anthropologie, il peint des fresques en direct pour le Salon du livre à Toulon, et nous donne rendez-vous le soir même aux Transmusicales de Rennes pour une visite guidée de son domaine en 3D. Entre temps il a réfléchi aux couleurs de son char pour le carnaval de Nice, et animé tout un cirque pour le festival de Monaco.
Moya vit de sa peinture, et doit vendre ses toiles pour se payer des murs virtuels dans Second Life. Révélé par la galerie Ferrero à Nice, il a eu un tel succès dans les années 90 qu’il en est arrivé à devoir produire une toile par jour et eut peur de tomber en esclavage. Mais c’est plus fort que lui.
L’égotisme exacerbé
Aujourd’hui, il se relève la nuit pour voir si de nouveaux amateurs d’art ont emprunté les sentiers de son île : un domaine de 130 000 mètres carrés dans Second Life doté d’un cinéma où il projette ses films en 3D, un centre commercial avec boucherie et lingerie fine, une galerie d’art où il organise lui même vernissages, cocktails et soirées Vjing, trois ou quatre musées où sont exposées la quasi-totalité de ses pièces, etc. Pour épater ses collectionneurs, Moya Janus y possède une décapotable, mais il a tellement construit qu’un hors-bord et un hélicoptère sont devenus indispensables pour en faire le tour du propriétaire ! On y découvre ainsi la vieille ville dotée d’une chapelle qui reproduit à l’identique, celle que l’on peut réellement visiter dans les hauteurs de Nice, à deux pas de celle de Matisse. La Provence ayant pour coutume d’offrir des murs à ses artistes pour les rapprocher de ses saints.L’ironie du style
Le travail de Moya s’étend du conceptuel aux productions plasticiennes les plus, hum ??? naïves, kitsch ? Illustratives, bucoliques, oniriques ? Ce n’est pas si simple. Car si Moya est dans l’urgence de faire il est aussi dans celle de dire, et de démystifier le monde de l’art, avec un sens de l’ironie et d’une auto-dérision qui semble avoir déserté les steppes contemporaines.Mario Gerosa, le commissaire de l’exposition « Renaissance virtuelle » (Florence du 21 octobre au 7 janvier 2009) a tout de suite perçu son île comme « un chef-d'œuvre d'auto-ironie derrière lequel se dessinait un puissant concept ». La preuve : si tout ici ne parle que de Moya, le nom des rues, musées, laboratoires, magasins, office du tourisme, etc., on y trouve même des rebelles manifestant contre la dictature artistique de Moya !
Le jeune homme qui fit l’école de Nice et sévit à La Villa Arson dans les années soixante-dix, connaît bien ‘Les nouveaux réalistes ’. Et c’est pour rire qu’il créa ‘La nouvelle école de Nice’ où il se sentait davantage chez lui : il s’appelait Patrick Moya et décidait alors, de créer son petit personnage, Moya pour expliquer l’art contemporain, dont il se devait d’explorer toutes les manifestations formelles, de l’objet détourné de Duchamp au Land Art.
Ainsi son œuvre devint protéiforme, son atelier bordélique et l’artiste eut peur de s’y perdre.
Mais c’est dans la virtualité même de Second life, dans le code de la matrice qu’il détourne pour y ajouter les ombres portées de ses sculptures que Moya redécouvre la cohérence même de tout son travail.
Car depuis qu’il est tout petit Moya préfère Tintin à Hergé, la créature au créateur. Et quand Moya rencontre Mac Luhan il comprend que le medium c’est lui : l’artiste !
Moya à 21 ans en 1976 quand au risque de choquer ses camarades des Beaux Arts il voue et affiche une admiration sans borne pour Guy Lux qu’il considère comme « téléartiste, champion du direct ». Il vient en effet de réaliser « qu’après le règne de l’écrit, l’âge de l’électricité étant caractérisé par la simultanéité et la forme orale de l’expression, le vrai medium dans la télévision en direct (média suprême) n’est pas la télé en tant que technique, mais l’homme.
Il comprend alors qu’un artiste doit faire avec son ego et qu’il doit se représenter dans son œuvre.
Aussi derrière le narcissisme exacerbé de Moya Janus, gardien des passages, divinité du changement se cache un personnage attachant drôle et visionnaire que la « psychojournaliste » Florence Canarelli analyse sous toutes les coutures dans« Le cas Moya », un essai drôle et bourré d’illustrations paru en 2006.
Quelques livres
Les livres "sont en vente sur la Boutique ebay DERIVED'ARTLa chapelle MOYA
par Florence Canarelli
aux éditions Melis
Pour tout savoir sur la chapelle peinte par l'artiste niçois Patrick MOYA, à Clans, Alpes Maritimes. Sur les murs d'une petite chapelle de montagne, MOYA raconte la vie de saint Jean-Baptiste à sa façon très personnelle - à base d'autoportraits ! Retrouvant pour l’occasion son ancien métier de modèle dans les académies de beaux-arts, Patrick MOYA se prend lui-même en photo pour se portraiturer en ange ou en bourreau, en adolescent, en vieille femme, en saint Sébastien ou en Christ. Pas aussi sacrilège qu’on pourrait l’imaginer, la fresque signée MOYA est de facture classique, réaliste : un art catholique figuratif dans la tradition de la Renaissance ... remixé avec une symbolique propre à notre époque...
MOYA practical tourist guide, 2008
Edité par l'office du tourisme du Moya Land, ce petit guide vous emmène en visite sur l'ile Moya, "une destination de rêve". Hébergée par Second Life, l'ile Moya est l'une des plus belles destinations du web 3D. Tout ici s'inspire de l'oeuvre de l'artiste Moya Janus, ex-Patrick Moya ! Pour une immersion virtuelle dans l'oeuvre de l'artiste revisitée sur Second Life.
Le cas MOYA
Par Florence Canarelli
Une psycho-journaliste dans les coulisses de l'art. Pour tout savoir sur l'artiste niçois Patrick MOYA, depuis les ressorts psychologiques de sa créativité jusqu'au pourquoi de ses thèmes fétiches.
Quelques liens
>> Le site officiel de MOYA>> Patrick Moya, ou la tentation d'une île - sur le site de Florence Canarelli
>> Patrick Moya sur Wikipedia






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