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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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Actualité DVD - 04/12/08

Montag + Bungalow

( note Arte: 4 ) DVD 2 films de Ulrich Köhler " Bungalow" et "Montag" : plus rien ne sera comme avant... La Nouvelle Vague du cinéma allemand

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Montag
Montag kommen die Fenster
(Allemagne, 2006, 88min.)
Avec Isabelle Menke, Hans-Jochen Wagner, Ilie Nastase u.a.

Un DVD La vie est belle


Synopsis: Nina (Isabelle Menke) -médecin de profession-, son mari Frieder (Hans-Jochen Wagner) et leur petite fille Charlotte ont déménagé de Berlin à Cassel, où ils rénovent une vieille maison. Ca pourrait être le début d'une véritable idylle familiale. Nina, cependant, s'en va sans laisser un mot. Elle rend visite à son jeune frère dans la maison de vacances de ses parents (dans la région du Harz), où ce dernier s'est installé avec sa petite amie. Mais Nina ne s'y attarde pas non plus. Elle s'égare dans un paysage surréaliste de moyenne montagne et atterrit finalement dans un complexe hôtelier, où une ancienne star du tennis (Ilie Nastase) se laisse exploiter comme un animal de cirque. Après la rencontre entre ces deux coeurs esseulés, Nina rentre chez elle. Mais, plus rien ne sera comme avant.

Critique: Une banlieue de Kassel, des pavillons avec jardin, de l'époque de la reconstruction, alignés proprement le long d'un parc: un havre pour les familles et les gens qui recherchent le calme, un lieu parfait quand après avoir fait la vie à Berlin, on cherche un endroit où élever sa fille, parfait aussi quand "l'homme de la maison" prend un congé sabbatique pour rénover intégralement une de ces maisons. En dépit de l'harmonie qui règne durant cette période d'installation et de bricolage, en dépit de l'amour et de l'attention prodigués par les parents envers leur fille, en dépit encore de la satisfaction apportée par leurs relations sexuelles et de la responsabilité que lui confère son métier, un malaise léger mais insidieux s'installe dans l'esprit de Nina: le carrelage, les tapisseries, les boiseries, plus il en question, plus il lui paraît monstrueux d'avoir seulement jamais pu évoquer tout cela.

On ne sait si ce sont les images fluctuantes et stoïques du cameraman Patrick Orth -qui ne quitte jamais Nina des yeux- ou les irritations minimalistes du quotidien qui nous permettent d'entrevoir la relation distante voire aliénante que Nina entretient avec sa propre vie. Même l'aspiration à être une mère aimante pour sa petite fille lui paraît de plus en plus absurde. Nina, cette gentille fille issue de la classe moyenne, aux doux yeux de biche, devient brutalement une mère indigne, qui rejette les consensus sociaux et renonce à son Devoir de mère, d'épouse, de soeur, de médecin. Köhler ne nous livre, d'ailleurs, aucune des explications usuelles telles que les dissonances matrimoniales vécues dans la maison des parents.

Köhler met en scène le voyage de sa protagoniste comme il l'avait déjà fait avec succès dans son premier film „Bungalow“, dans lequel un jeune déserteur se réfugie dans le bungalow de vacances de ses parents: un acte irrationnel et amoral pour lequel on cherche pas nécessairement une explication. Sa mise en scène, dont les plans-séquences et les perspectives de caméra n'envahissent jamais les personnages, laisse beaucoup de liberté aux acteurs et se garde, grâce à une lenteur assumée, de toute dramatisation artificielle. Ce qui anime Köhler, c'est la volonté d'arpenter avec précision cette apparente banalité, afin de livrer une topographie de l'état d'esprit des classes moyennes.

Le quotidien et son apparente banalité n'est que le point de départ d'une minutieuse observation. Dès lors, son „Roadmovie“ revêt progressivement un caractère surréaliste: les lieux, tels que ce monstrueux complexe hôtelier dans les montagnes du Harz, qui est décoré d'un ruban rouge géant (une idée photogénique grandiose de Köhler), ainsi que les rituels qui s'y déroulent paraissent de plus en plus absurdes. Mais, Nina ne trouve pas non plus son salut dans ses conversations nocturnes avec cette ex-star du tennis sarcastique et solitaire, joué par Ilie Nastase, le premier ‚enfant terrible’ qu'engendra autrefois le cirque tennistique, et dont l'interprétation nonchalante est digne des vétérans hollywoodiens. Ce qu'il y a de plus oppressant et à la fois de plus authentique dans ce film, c'est que Köhler ouvre les yeux de sa protagoniste sur sa propre tragédie, sans qu'elle parvienne cependant à la fin à quitter son cachot, à la fois si banal et si intime. Voilà qui nous paraît étrangement familier.

Martin Rosefeldt
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Bungalow
(Allemagne, 2002, 85 min.)
avec Lennie Burmeister, Nicole Glaser, David Striesow, Trine Dyrholm
Meilleur premier Film - Prix de la critique allemande (2003)

Synopsis : L’été, dans une petite ville de province au nord de Francfort. Après avoir effectué une manœuvre, une compagnie militaire rentre à la caserne. Elle fait un crochet par une station d’autoroute. Paul, un soldat de 19 ans, en profite pour « fait le mur » et se rend en stop au bungalow de ses parents absents…

Critique : Paul déserte et se rend en stop dans le bungalow déserté de ses parents qui sont partis en vacances en Italie. Une fois sur place, il retombe rapidement dans le schéma d’une vie de solitude contrariée seulement par le conflit que le jeune homme entretien avec son frère aîné Max, lui même palliant bien maladroitement au rôle d’une l’autorité paternelle absente.
Sur l’axe d’un scénario relativement ténu, le réalisateur Ulrich Köhler dépeint avec précision l’errance de cette jeunesse atteinte de léthargie, mue par un sentiment qui semble définir les contours d’un monde sans avenir et où la passion qui réveille parfois, relève au fond de l'amour impossible : en l'occurence, aimer la femme de son frère permet une évasion de courte durée et confine surtout à un retour à une réalité d’autant plus abrupte.
Ulrich Köhler réussit le tour de force de raconter cette histoire personnelle en l'élevant à une portée universelle, sans clichés, sans beaucoup de mots, ni musique, installant une ambiance de torpeur lucide et particulièrement représentative d’une jeunesse de province désœuvrée, coincée entre des aspirations d’alterité et un quotidien sans apaisement.
Olivier Bombarda
Le compléments du DVD
- Entretien avec Ulrich Köhler (5 min.)
- "Feldstraße" (1994), "Palü" (1998) - courts métrages
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Montag + Bungalow
2 films d'Ulrich Köhler
Un DVD La vie est belle
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Edité le : 21-10-08
Dernière mise à jour le : 04-12-08