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Rétrospective Miyazaki

Du 5 au 22 avril 2010, ARTE a fait découvrir l'univers onirique du réalisateur Hayao Miyazaki.

Rétrospective Miyazaki

01/04/10

Miyazaki l'enchanteur

Pour la première fois, une chaîne française diffuse dans sa quasi-totalité l’œuvre du grand maître de l’animation japonaise. Les trésors du Studio Ghibli en prime time, un privilège à savourer sur ARTE !

De drôles de machines volantes, des petites filles intrépides, des sorcières au cœur tendre, des monstres emblématiques des pires fléaux que l’homme inflige à cette planète… Depuis quelque vingt-cinq ans, Hayao Miyazaki trône en compagnie des maîtres du cinéma d’animation. En rupture avec le graphisme simpliste et le manichéisme de la majeure partie de la production japonaise, l’œuvre de ce créateur de génie, aujourd’hui âgé de 69 ans, a passé toutes les frontières. Elle est plébiscitée par les adultes comme par les plus jeunes, porteuse de problématiques et de valeurs universelles par-delà les références à la culture nipponne dont chacun de ses neuf longs métrages foisonne. Un film signé par Miyazaki est synonyme d’enchantement et de pure beauté. Son style est unique, qui convoque simultanément un imaginaire fabuleux et le souci du réalisme, déploie un univers polyphonique, en constant renouvellement et cependant traversé de thématiques récurrentes, en prise avec les réalités contemporaines.

Du prince du soleil au fils du futur


Quand le Japon célèbre Miyazaki à l’égal de son aîné Osamu Tezuka, le « dieu du manga » disparu en 1989, l’Occident le compare à Walt Disney même si son œuvre se révèle plus complexe, sa palette graphique plus riche et son propos plus ambigu. L’odyssée de ce grand modeste a pris toute son envergure dans le compagnonnage d’amis fidèles et sous un label d’exception, le Studio Ghibli, fondé en 1985. Miyazaki y a gagné son indépendance avec un complice de la première heure, Isao Takahata, auteur de l’indépassable Tombeau des lucioles. Leur collaboration a commencé au sein des fameux Studios Toei, en 1965, sur Horus, prince du Soleil, un long métrage soigné, sorti trois ans plus tard sans rencontrer son public. À l’aube des années 1970, Miyazaki et Takahata, rejoints par Yoichi Kotabe, quittent Toei pour les Studios A-Pro puis Zuiyo Pictures, filiale de Nippon Animation, où le trio travaille sur plusieurs séries télévisées. Au cours de cette décennie, Miyazaki entreprend ses premiers voyages à l’étranger et découvre l’Europe, dont certains paysages inspireront les décors de son œuvre à venir. En 1978, les studios lui donnent enfin l’occasion de réaliser sa propre série, Conan, le fils du futur, dans lequel Miyazaki explore notamment les problèmes écologiques, thème majeur de sa filmographie.

En toute liberté


Un jeune journaliste, Toshio Suzuki, suit le travail de Miyazaki depuis plusieurs années pour le mensuel Animage. C’est grâce à lui que l’artiste va publier la version manga de Nausicaä de la vallée du vent, exigée par les producteurs avant tout projet d’animation. La publication de cette fable post apocalyptique est un véritable succès et permet l’adaptation cinématographique. À l’heure où les séries constituent l’essentiel de la production japonaise, la tenue et la qualité graphique de Nausicaä emportent l’adhésion du public et le film est un triomphe à travers tout le pays, lors de sa sortie au printemps 1984. Avec la fondation du Studio Ghibli, Miyazaki et Takahata peuvent enfin œuvrer en toute liberté, bientôt rejoints par le fidèle Suzuki à la production. Les premiers temps sont périlleux, exténuants. Tous deux perfectionnistes, Takahata comme Miyazaki s’impliquent autant dans le scénario que dans la réalisation, et travaillent en équipe restreinte selon des méthodes traditionnelles. L’un et l’autre sont consacrés en 1988, avec la
sortie simultanée du Tombeau des lucioles et de Mon voisin Totoro, « classique instantané » dont le personnage devient la mascotte du studio. Kiki la petite sorcière (1989), adaptée du roman d’Eiko Kadono, puis Porco Rosso (1992), une chronique plus adulte relatant les aventures de pilotes d’hydravion dans les années 1920, confortent Miyazaki dans l’estime du public japonais. Avec Princesse Mononoké, projet éprouvant abouti en 1997 et annoncé à tort comme étant son dernier film, Miyazaki obtient une renommée internationale, caracolant en tête du box-office.

Nature et civilisation


Ce chef-d’œuvre épique campé dans le Japon médiéval explore les plus sombres obsessions de Miyazaki où s’exprime une guerre sans merci entre nature et civilisation. Foncièrement pessimiste, hanté par les dévastations de la Seconde Guerre mondiale où sa petite enfance a baigné, c’est sans doute dans cet opus pétri d’effroi que l’artiste s’est livré au plus intime. À l’inverse de l’univers solaire des autres films où l’innocence et le courage de l’enfance triomphent des pires dangers.


Valérie Cadet pour ARTE Magazine
Devant le musée Ghibli

Ghibli et le mystère Miyazaki

lundi, 26 avril à 11h25

Voyage au cœur du mythique studio Ghibli...




Edité le : 11-03-10
Dernière mise à jour le : 01-04-10