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Actualité DVD

Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

Actualité DVD

08/11/04

Médée (DVD)




Un film de Pier Paolo Pasolini
(France / Italie / Allemagne, 109 min. , 1969)
Avec Maria Callas, Giuseppe Gentille, Massimo Girotti, Laurent Terzieff...


Un coffret DVD Carlotta Films




  • Le film


Synopsis: Jason qui est à la recherche de la Toison d’Or dans le but de récupérer son royaume, rencontre Médée sur l’île de Colchide. Ils s’emparent de la Toison puis s’exilent à Corinthe, où règne Créon. Quelques années plus tard, Médée, mère de deux enfants, est trahie par Jason qui succombe à la beauté de la fille du roi Créon…

Critique: Carlotta Films poursuit son éminent travail d’édition dans le domaine du DVD, proposant cette fois la redécouverte de « Médée » (1969) de Pier Paolo Pasolini, l’un des films les plus impressionnants mais aussi l’un des plus hermétiques de son auteur. Pour y répondre, cette édition DVD propose à juste titre une série de bonus particulièrement éclairants et complets. Interviewé notamment, Christophe Mileschi, traducteur des « Visions de la Médée » de P.P.Pasolini et des poèmes écrits pendant le tournage de « Médée », rappelle que Pasolini accompagnait ou faisait précéder la sortie de ses films d’un travail d’écriture, de textes ou romans venant éclairer ses images. Nourri d’une culture large dont il se servait allègrement, s’inspirant aussi bien de peinture, de philosophie, de religion, de mythe, de poésie, Pasolini prônait dans l’acte de création, la réutilisation de tout, sans restriction. Ainsi, comme relève Mileschi, la figure du Centaure (Laurent Terzieff) dans « Médée » est une sorte de porte parole pasolinien. Il cite Eliade (« rien n’est naturel dans la nature »), change d’aspect comme issu de la projection mentale de Jason et expose l’idée chère à Pasolini de la dimension duale entre le sacré et le profane, à savoir que l’homme est à la fois une créature simple et une créature mystique.
S’inspirant du mythe de « Médée », Pasolini souhaitait prolonger son rapport intime avec le monde de l’Antiquité, un monde qu’il conçoit comme « avant toute chose », où l’homme vit un rapport sacré avec la nature, la terre et la réalité. Il part en Turquie, en Syrie pour la redécouverte des paysages de « Médée » comme plus tard il ira en Afrique ou en Inde. Pasolini est ainsi à la redécouverte de terres antiques « vierges » et en même temps met en lumière une nouvelle fois le choc des cultures entre pays riches et pays du tiers monde. Là, le discours idéologique de Pasolini se superpose à la recherche plus intime d’une sacralité originelle. De même, il oppose dans « Médée » Jason à la Prêtresse en adéquation avec une vision plus idéologique. Le premier est l’homme de la modernité, du temps linéaire, du temps technique et pratique, de l’autre Médée est au coeur de la religion de la nature, de la vie, qui opte pour le sacrifice humain comme régénération, dans un temps cyclique. Néanmoins sans manichéisme pour autant, Pasolini montre l’interpénétration de ces deux mondes, les désirs qui muent l’un vers l’autre et inversement.
Le choix de Maria Callas est également emblématique. A l’heure où l’Italie conformiste fait de la moindre chose un commerce, Pasolini qui, par conviction idéologique n’aimait pas aller à l’opéra, utilise là le symbole vivant de cette culture pour un rôle quasi-muet dans un film anti-commercial. La Callas qui vivra un tournage difficile malgré une admiration passionnée pour Pasolini sert docilement l’auteur italien, usant de son corps et de ses regards pour une ode à la féminité et l’évocation du mystère de la procréation.
« Médée » est enfin une œuvre de la magnificence, une mosaïque éminemment esthétique de part ses décors et la beauté spectaculaire des costumes sublimement photographié en Eastmancolor, un travail qui réunit la plus prestigieuse des équipe technique au service de l’un des plus grand génie du cinéma. A ne manquer sous aucun prétexte.

Olivier Bombarda


  • Les Bonus

Le Mythe de Médée et Jason (5’)
Historique de la légende

Médée passion, souvenir d’un tournage (29’)
Un documentaire inédit comprenant des images d’archives en Super 8, des photos de plateau et des interviews de Laurent Terzieff, Giuseppe Gentille (Jason), le chef opérateur Ennio Guenieri, le chef décorateur Dante Ferretti, le costumier Piero Tosi, le photographe de plateau Mario Tursi.

Médée, le choc des cultures (12’)
Entretien avec Christophe Mileschi, traducteur des « Visions de la Médée » de P.P.Pasolini et des poèmes écrits pendant le tournage de « Médée »

Visions de la Médée (27’)
Une vingtaine de « vision » (lectures de texte) de Pasolini disséminées dans le film, éclaircissant le mythe de Médée et Jason, complétant certains passages du film, apportant des informations sur le travail du cinéaste.

Scènes coupées (35’)
Une dizaine de scènes totalement inédites, supprimées par Pasolini lors du montage : sacrifices en Colchide, rites religieux, vision de l’enfance de Jason, rêves de Médée et fuite sur le char doré…


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Médée - DVD Carlotta films
Un film de Pier Paolo Pasolini
(France / Italie / Allemagne, 109 min. , 1969)
Avec Maria Callas, Giuseppe Gentille, Massimo Girotti, Laurent Terzieff...
Version originale italienne, sous-titres français, format du film: 1:85, 16/9 compatible 4/3
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Egalement disponible chez Carlotta Films le DVD "Pasolini scénariste" comprenant deux films: "Une vie violente" (1962) de Paolo Heusch et Brunello Rondi ainsi qu' "Ostia" (1970)de Sergio Citti. Ces deux films sont l'adaptation de romans célèbres de Pier Paolo Pasolini.

Edité le : 08-11-04
Dernière mise à jour le : 08-11-04