Michael King junior est né le 15 janvier 1929 à Atlanta (État de Géorgie) de l’union d’une enseignante et d’un ecclésiastique de couleur qui, par admiration pour le grand réformateur allemand, convertit son prénom et celui de son fils en Martin Luther.Martin Luther King étudie au Morehouse College (Atlanta), puis au Crozer Theological Seminary de Chester. Meilleur élève de sa promotion, il y remporte un prix et obtient une bourse qui lui ouvre les portes de l’université de son choix. A partir de 1951, il étudie au Boston College, où il décroche son doctorat en 1955. En parallèle, il suit des cours de philosophie à l’Université de Harvard. En 1954, il est nommé révérend à l’église baptiste de la Dexter Avenue à Montgomery (Alabama).
A partir du milieu des années 50, Martin Luther King se fait connaître par son combat pour les droits civiques de la population noire américaine.
S’inspirant de Gandhi, Martin Luther King dirige une campagne non-violente de désobéissance civile et de transgression pacifique, mais non moins systématique, de la loi sur la ségrégation raciale en vigueur dans le Sud des États-Unis. Pour éviter tout débordement, il est en première ligne des innombrables manifestations et campagnes contre la discrimination des gens de couleur. On ne compte plus les arrestations et les condamnations auxquelles il s’exposera jusqu’à la fin de sa vie ; des racistes virulents commettent plusieurs attentats contre sa personne, sa famille et son domicile.
Martin Luther King remporte une première victoire en 1956, alors qu’est abolie la ségrégation raciale dans les transports publics de Montgomery (Alabama). La nouvelle fait scandale à l’école de Little Rock, et le révérend King émet alors une première mise en garde : « Un jour, les Noirs s’armeront et réagiront par la violence aux persécutions subies de la part des Blancs. » C’est d’ailleurs en ce sens qu’il s’adressera au président J.F. Kennedy en 1962.
A propos de la loi sur les droits civiques, présentée par Kennedy en 1963 et adoptée par le Sénat américain en juin 1964, Martin Luther King parle d’une « étape capitale sur la voie de la justice ».
Pendant les troubles qui secouent Birmingham (Alabama) en avril 1963 et qui déboucheront sur des concessions considérables, Martin Luther King et ses compagnons modérés restent maîtres de la situation. Au cours des émeutes et des scènes de pillage survenues en 1964 à New York, Rochester et Philadelphie, Martin Luther King est une fois encore à la tête de forces certes disposées au dialogue, mais de plus en plus malmenées par les éléments noirs les plus militants. Fin octobre 1964, le prix Nobel de la Paix lui est décerné. Il est promu docteur honoris causa de diverses universités américaines et étrangères. Pendant l’été 1965, il prêche contre la haine à Watts, un quartier de Los Angeles durement ébranlé par des émeutes raciales.
En juin 1966 dans le Mississippi, la « marche contre la peur » de 220 miles va ratifier le nouveau slogan du « Black Power ». En réaction à l’attentat dont est victime James Meredith, premier étudiant noir de l’université du Mississipi, la manifestation relativement restreinte se radicalise notablement. Martin Luther King prend acte de ce climat de combativité et approuve le nouveau mot d’ordre à la condition qu’il ne serve pas de caution à un nationalisme noir ou à l’inversion de l’oppression d’une race par une autre.
Lors de la « Conférence du Black Power » qui se tient en juillet 1967 à Newark, la ville la plus marquée par les émeutes de l’été après Detroit, les 1 100 délégués exigent notamment la partition des États-Unis en un État blanc et un État noir, et donc l’exact opposé des aspirations du mouvement des droits civiques. En août 1967 à Atlanta, Martin Luther King déclare que la résistance non-violente reste l’arme la plus efficace et que les Noirs eux-mêmes sont les premiers à faire les frais des violences interraciales.
Par deux fois déjà, Martin Luther King avait été la cible de sérieux attentats, et l’omniprésence de cette menace semble susciter en lui de funestes pressentiments. « Quoi qu’il arrive, cela n’a plus aucune importance. Je suis parvenu au sommet de la montagne. » Agé de seulement 39 ans, Martin Luther King prononce ces mots à Memphis (Tennessee) 24 heures avant d’être abattu sur le balcon de l’hôtel « Lorraine », le 4 avril 1968.
La nouvelle de l’attentat déclenche à nouveau de graves émeutes raciales dans plusieurs villes américaines, particulièrement à Washington et à Chicago. Les Américains honorent la mémoire de Martin Luther King au cours de services religieux et de marches funèbres, les drapeaux sont mis en berne dans tout le pays, l’abattement et la consternation se propagent au monde entier. Martin Luther King avait prévu pour 1968 une grande campagne contre la pauvreté, campagne qui aura effectivement lieu. De nombreux responsables politiques américains sont présents lors des funérailles du révérend à Atlanta.
Au terme d’une enquête de 65 jours, James Earl Ray, l’assassin du révérend King, est arrêté à l’aéroport de Londres alors que, muni d’un faux passeport, il tentait d’embarquer à bord d’un appareil en partance pour l’Angola. A la mi-juillet 1968, James Early Ray consent à son extradition vers les États-Unis. Il plaide coupable dans le cadre d’un procès qui se clôt en 1969 par une condamnation à 99 ans d’emprisonnement. La veuve de Martin Luther King, ainsi que de nombreux autres observateurs, déclareront par la suite être convaincus que cet attentat est le résultat d’une conjuration.
Dans le cadre d’une procédure civile qui s’est tenue en 1999 dans l’État du Tennessee, les jurés sont parvenus à la conclusion que l’attentat qui, en 1968, a coûté la vie à Martin Luther King, militant des droits civiques, n’est pas l’œuvre d’un auteur isolé. Le tribunal a établi des preuves irréfutables d’une conjuration de membres de la mafia et du gouvernement américain.
James Earl Ray, condamné à 99 ans de prison pour l’assassinat de Martin Luther King, meurt en 1998 dans une maison d’arrêt du Tennessee. Jusqu’à son dernier souffle, il clamera son innocence, après qu’il était revenu sur ses aveux une première fois peu de temps après son arrestation.







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