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Luchino Visconti

Retrouvez dans ce dossier des textes autours des films du grand cinéaste italien : Ludwig ou le crépuscule des Dieux, Senso, Rocco, Les Damnés, Mort à Venise. (...)

Luchino Visconti

29/08/08

Ludwig sur ARTE - partie 1

Lundi 01 septembre à 20h45


Louis II le visionnaire, le bâtisseur de châteaux, le roi homosexuel, inspire à Luchino Visconti un tableau baroque, flamboyant et mélancolique. Version intégrale (diffusée en deux parties) d’une folie de cinéma.

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En 1864, Louis II de Bavière est couronné roi. Il n’a que 19 ans et ne s’intéresse guère à la politique, préférant la musique et la littérature. La même année, il fait la connaissance de son idole, Richard Wagner, et décide de subvenir à ses besoins ainsi qu’à ceux du chef d’orchestre Hans von Bülow et de sa femme Cosima. Mais quand il apprend que Wagner et cette dernière sont amants, il prie le compositeur de quitter Munich. Bien que son pays soit en guerre contre la Prusse, Louis II se désintéresse totalement du sujet, préférant courtiser sa cousine l’impératrice d’Autriche…


L’ombre du roi maudit
Dans les salons byzantins de Neuschwanstein, la grotte de Linderhof, les galeries de miroirs de Herrenchiemsee se déroule l’histoire d’un homme à la solitude prédestinée pendant que lui fait écho, du dehors, le bruit de l’histoire collective. Les dieux vacillent, un roi perd la raison, un rêve se brise… non sans avoir permis l’éclosion des plus grands opéras de Wagner. À voir les coupes abusives infligées au film lors de sa sortie, il semble que la malédiction du roi fou ait fait de l’ombre au film. Pas plus que Louis II ne put fuir sa destinée, Ludwig II n’échappa au saucissonnage. Après la mort de Visconti, Ruggero Mastroianni et Suso Cecchi d’Amico remonteront une version approchant des quatre heures et dix minutes d’origine. La version en deux parties élaborée par la ZDF permet d’en retrouver la beauté et la lenteur tragiques. Lenteur indispensable pour mesurer l’évolution intérieure du roi, magistralement interprété par Helmut Berger (le Martin von Essenbeck des Damnés), pour apprécier le talent de Romy Schneider qui quitte son rôle de Sissi d’opérette pour celui d’une reine wagnérienne, mélancolique et ambiguë. Beauté achevée par un Visconti parfaitement maître des moyens qu’il met en œuvre dans cette vaste méditation sur un univers qui s’écroule, sur le rôle de l’artiste, sur la liberté individuelle, la folie et la mort.

(Ludwig)
Film de Luchino Visconti
(Italie/France/Allemagne, 1973,1h54mn, VOSTF)
Scénario : Luchino Visconti, Enrico Medioli, Suso Cecchi d’Amico
Avec : Helmut Berger (Ludwig), Trevor Howard (Richard Wagner), Romy Schneider (Elisabeth), Silvana Mangano (Cosima von Bülow), Sonia Petrova (Sofia), John Moulder Brown (le prince Otto), Folker Bohnet (Joseph Kainz), Heinz Moog (le professeur Gudden)
Image : Armando Nannunzi
Montage : Ruggero Mastroianni
Décors : Mario Chiari
Costumes : Pierro Tosi
Musique : Wagner, Schumann, Offenbach
ZDF

Edité le : 26-11-04
Dernière mise à jour le : 29-08-08