Taille du texte: + -
Accueil > Mouvements de cinéma > Actualité DVD > Actualité DVD octobre-novembre 2004 > Louise Brooks (DVD)

Actualité DVD

Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

Actualité DVD

01/12/04

Louise Brooks (DVD)


Coffret DVD Louise Brooks comprenant
« Loulou » +
« Journal du fille Perdue » +
« Prix de Beauté »+
des documentaires inédits+
de nombreux bonus+
accompagnements musicaux

Un coffret DVD Carlotta Films





  • Loulou : Le film

Synopsis: Belle mais perverse, la jeune Loulou épouse Peter Schoen, l'un de ses nombreux soupirants qui a rompu ses fiançailles pour elle. Le mariage n'assagit pas Loulou, qui prend pour amant le fils de Schoen, Alwa, le soir-même de ses noces. Découvrant l'infidélité de sa femme, Schoen lui tend un pistolet et l'enjoint de se supprimer, seule façon à ses yeux de laver son honneur. Loulou refuse, une dispute éclate, le coup part, Schoen est tué. Des amis influents lui évitent la prison.Poursuivant sa vie de débauche en compagnie d'Alwa, devenu joueur et tricheur, elle multiplie les conquêtes et, au comble de la déchéance, finit par se prostituer dans les bas-fonds de Londres...

Critique : « Loulou » de Pabst est inspiré de deux pièces, un « diptyque » du grand dramaturge expressionniste allemand Frank Wedeking : L’esprit de la terre (1883) et La Boite de Pandore (1901) réunies pour l’occasion du film en une histoire unique. Par ailleurs, si le titre du film de Pabst est originellement « La boite de Pandore », il est à noter qu’il est aussi le remake de versions cinématographiques antérieures, notamment de la plus illustre réalisée par Léopold Jessner en 1922. On sait que Pabst détestait cette version mais il en garda néanmoins l’esthétique de la chevelure noire coupée à la garçonne d’Asta Nielsen au bénéfice de Louise Brooks. Pabst avait entreprit une recherche prolongée pour trouver l’interprète appropriée de Loulou. Lorsqu’il se détermina enfin pour Louise Brooks, il suscita une vague de réactions diverses (mais aussi de l’intérêt) en Allemagne et ce, principalement du fait de l’engagement d’un vedette américaine pour incarner à l’écran la célèbre protagoniste allemande de Wedeking. Louise Brooks est alors en conflit ouvert avec les studios aux Etats-Unis, ces derniers étant persuadés de réduire la carrière de la jeune fille à néant dans la transition du cinéma muet au parlant. Courageuse et d’un caractère bien trempé, la jeune américaine de 22 ans n’hésites pas à traverser les frontières pour rejoindre l’Allemagne où l’attend un G.W. Pabst ravit. Le réalisateur abandonne dès lors Marlene Dietrich, intéressée elle aussi par le rôle mais, qui du haut ses 27 ans, ne le satisfaisait pas. Pabst a ainsi pour atout une jeune interprète exilée particulièrement docile (à peine majeure pour l’époque) dont il saura user pour stigmatiser les passions tragiques et décadentes d’une société qu’il juge superficielle, baignée de corruption et de fractures sociales saillantes. Justement, avec le temps, l’un des intérêts précieux de « Loulou » tient beaucoup aux aspects iconoclastes du témoignage d’un artiste tel que Pabst sur une période de l’histoire singulièrement hypocrite. La soi-disant forte dose de provocation du film, les épaules dénudées de Louise Brooks, ses flirts successifs avec un père puis son fils, les vagues relents de lesbianisme, sont autant de prétextes à un scandale de pure mauvaise foi dans l’Allemagne des années folles à la sortie du film. La partie finale du film située à Londres qui tire vers un expressionnisme cinématographique pur, n’avait pas réussit à masquer l’approche très réaliste des trois quart de « Loulou ». Mutilé par la censure, « Loulou » est interdit dès 1934.
Cependant, c’était sans compter la résonance particulière du visage ravissant de Louise Brooks qui, des années plus tard permettrait au film une seconde vie. La grâce et les attitudes de l’actrice avaient marqué plus d’un aficionado. A vrai dire, la fameuse modernité du jeu de Louise Brooks, repérée et tant de fois portée aux nues, était le fruit d’une jeune américaine ne parlant pas un seul mot d’allemand, esseulée face à une équipe entière ne parlant pas l’anglais. Lors du tournage après une « mise en condition » avant chaque séquences, Louise était de fait pratiquement libre de ses faits et gestes: le mythe venait de naître.

Olivier Bombarda


  • Les Bonus de "Loulou"

Pabst par Brooks
Un texte lu par Lou Doillon

Pabst cinéaste
Ce documentaire remonte dans la carrière de G.W. Pabst chronologiquement en arrière.
On apprend entre autre combien le cinéaste eu du mal à se défaire de son image de collaborateur avec les nazis, lui qui accepta dès 1940 la proposition de Goebbels de revenir tourner en Allemagne. Plusieurs chef-d’œuvres sont également évoqués, « Crise », « Loulou », « Journal d’un fille perdue » (la série dite Freudienne), « La Rue sans joie »…

Loulou, scandaleusement sublime
Une analyse du film par Jacques Siclier

A noter aussi 2 accompagnements musicaux:
- La bande son originale composée par Peer Raben
- la bande sonore contemporaine composée et interprétée par Stephan Olliva

-----------------------------------------------------------------------------------------------------


  • LE COFFRET LOUISE BROOKS:

« Loulou » + « Journal du fille Perdue » + « Prix de Beauté »
Et des documentaires inédits : Looking for Lulu – Cinq pas vers le mythe + de nombreux bonus


DVD 1
Loulou

DVD 2
Le Journal d’une fille perdue
Das Tagebuch einer Verlorenen - Allemagne - 1929 - 1h46 Un film de G. W. Pabst avec Louise Brooks (Thymiane), Joseph Rovens (Henning), Fritz Rasp (Meinert)
" Comme pour Loulou, la véritable triomphatrice du film fut Louise Brooks, qu'il "suffisait de laisser évoluer sur l'écran sans qu'il fût nécessaire de la diriger, sa seule présence réalisant l'essence de l'œuvre d'art.""
Lotte Eisner, L'Ecran démoniaque
L'histoire de Thymiane, la fille d'un pharmacien. Elle est séduite de force par un employé de son père et tombe enceinte. Devenue fille-mère, elle est envoyée dans une maison de correction aux pratiques sévères. Elle s'évade et trouve refuge dans une maison close. Là, elle fait la connaissance d'un vieil aristocrate qui l'épouse et lui permet de faire sa rentrée dans le monde. Désormais à la tête d'un comité de bienfaisance, elle profite d'une visite dans son ancien pensionnat pour dénoncer l'hypocrisie de cette charité mondaine…
Un âpre drame social où Pabst règle ses comptes avec une bourgeoisie qu'il juge haïssable et hypocrite. Tout comme dans La Rue sans joie, réalisé quatre ans auparavant, certaines scènes sont devenues des morceaux d'anthologie : citons pour mémoire les scènes du réfectoire de la maison de redressement où l'on sert une soupe innommable aux détenues. Plus que Loulou, Trois pages d'un journal eut à souffrir des rigueurs de la censure, et le dénouement du riche mariage fut imposé à Pabst.
Les bonus
LOUISE vs LOULOU
Entretien avec le cinéaste Jacques Doillon, qui nous parle de son amour pour Louise Brooks.

LOOKING FOR LULU (52 mn)
Documentaire sur Louise Brooks, réalisé par Hugh Munro Neely et écrit par Barry Paris, auteur d'une biographie de l'actrice. A l'aide d'images d'archives, d'extraits de films, d'interviews, le film retrace la vie de la star.
1 ACCOMPAGNEMENT MUSICAL
ELLE ! LOUISE BROOKS
Création pour voix et orchestre de Roberto Tricari & Hanna Schygulla. Accompagnement sonore du film JOURNAL D'UNE FILLE PERDUE tiré de l'enregistrement " live " du spectacle cinéma muet en concert " ELLE !Louise Brooks "

DVD 3
PRIX DE BEAUTE & AUTRES BONUS
France - 1930 Un film d'Augusto Genina avec Louise Brooks (Lucienne Garnier), Jean Bradin (le prince de Grabovsky), Georges Charlia (André)
La jeune et ravissante dactylo Lucienne Garnier envoie sa photo à un concours de beauté, à l'insu de son fiancé André. Lorsqu'elle est nommée miss Europe, un monde de rêve s'ouvre à elle : elle est courtisée par un prince, par un maharadjah et par un producteur de cinéma ! Par amour pour André, elle tente de renoncer à cette vie de luxe pour se contenter de l'humble existence qu'il lui offre…
Ce film qui démarre comme une comédie et s'achève en tragédie a été écrit par René Clair… sur une idée de G.W. Pabst. Il fut d'abord tourné comme un film muet, avant d'être sonorisé en quatre langues. Selon Jacques Siclier : " Louise Brooks brille, là, de ses derniers feux, malgré la voix française d'Hélène Regelly qui chante "Ne sois pas jaloux, tais-toi". Ce n'est plus la triomphante Loulou mais une femme piégée. La dernière scène est sublime. Étrange destinée que celle de Louise Brooks... La femme libre que Pabst avait révélée paye-t-elle de sa vie d'avoir cédé à l'appel des sirènes des marchands d'illusion ? "

Les bonus
CINQ PAS VERS LE MYTHE
Chronologie s'arrêtant sur quelques moments clés ayant fait de l'actrice du muet l'icône qu'elle est aujourd'hui :
FLAPPER ! : Louise Brooks et les années 20
SURRÉALISTE : comment l'actrice a inspiré les surréalistes des années 30
"IL N'Y A PAS DE GARBO, IL N'Y A PAS DE DIETRICH !" : la réhabilitation de la star au milieu des années 50 par son plus grand fan, Henri Langlois
NOUVELLE VAGUE : ou comment les jeunes loups des années 60 ont repris le mythe - cf. Anna Karina dans Vivre sa vie ou Brigitte Bardot dans Le Mépris
A PROPOS D'OLIVIA… : Interview avec l'illustrateur Floc'h
COMIC BROOKS
Avec son casque de cheveux noirs, Louise Brooks a inspiré de nombreux de ssinateurs de bande-dessinée… à commencer par Hugo Pratt. Entretien avec le spécialiste Gilles Ciment.
ICÔNE DE MODE
En son temps, la star a posé pour de nombreuses photos de mode… Plusieurs décennies après, son style androgyne est toujours copié par les créateurs et sa coupe ne cesse d'inspirer, surtout le grand écran. N'est-ce pas, chère Amélie Poulain ? Une évocation émaillée d'entretiens avec Chantal Thomass, John Nollet…


Edité le : 08-11-04
Dernière mise à jour le : 01-12-04