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13/12/02

Mian Mian, portrait

Littérature contemporaine

MIAN MIAN, PORTRAIT
Site officiel

Mian Mian (“Coton”, nom d’artiste de Shen Wang) est née en 1970 à Shanghai dans une famille d’intellectuels. Son père est ingénieur, sa mère enseigne le russe. Lorsqu’elle a quinze ans, le suicide d’une amie de classe provoque en elle un bouleversement total. Elle se met à écrire et abandonne le lycée l’année suivante. Puis fuit en 1989, en quête d’expériences, dans une ville en pleine expansion où “s’enrichir est glorieux” (Shenzhen) et où elle reste cinq ans : Mian Mian n’aime pas parler de cette période.



De retour à Shanghai en 1994, elle y effectue une dernière cure de désintoxication, et se remet à l’écriture, principalement de nouvelles. DJ à partir de 1996 au "Cotton Club", elle se lance un an plus tard dans l’organisation de fêtes à grande échelle (elle est la première femme à organiser des concerts de rock et des raves en Chine).

En 1997 une des revues littéraires chinoise les plus prestigieuses – Xiaoshuo Jie – publie quelques-unes de ses nouvelles. La même année paraît à Hongkong (éd. Xinshiji Chubanshi) son premier recueil de nouvelles, Lalala, qui est aussitôt interdit en Chine. Mian Mian y décrit une face ignorée de la nouvelle Chine, un monde qui ne peut ni ne doit exister dans l’Empire du Milieu : celui de la drogue, de la prostitution, de l’homosexualité, de la folie, des jeunes en perdition. Mais elle le fait avec beaucoup de poésie. L’indépendance farouche de son ton et de son propos lui gagne rapidement la faveur de très nombreux lecteurs : Lalala est un livre culte, et ses éditions pirates fleurissent...
Il est traduit en Allemagne (chez Kiepenheuer & Witsch) et en Italie (chez Einaudi).

Son premier roman, Tang (en cours de traduction en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas), paraît début 2000 simultanément dans la revue Shouhuo et la maison d’édition Zhongguo Xiju Chubanshe. Il déclenche une véritable tempête dans les milieux littéraires chinois et devient très vite un best-seller (40 000 exemplaires vendus en deux mois). Officiellement interdit en avril 2000, Tang est retiré de la vente.
Mian Mian est la première à décrire la vie des drogués en Chine, ce qu’elle appelle la “cruelle jeunesse”. Mian Mian publie dans la foulée deux autres recueils de nouvelles, l’un à la Zhonguo Huashan Wenyi Chubanshe et l’autre à la Shanghai Sanlian Chubanshe, et travaille également au scénario d’un film, Shanghai Baby.

Les Bonbons chinois est la traduction de Tang, remanié et enrichi par Mian Mian.




MIAN MIAN, BIBLIOGRAPHIE


Les Bonbons chinois
Roman, 320 pages
traduit du chinois par Sylvie Gentil
Parution le 7 mars 2001 aux éditions de l'Olivier

En poche, coll. Points/Seuil
ISBN 2020551330


Xiao Hong a quinze ans lorsque sa camarade de classe s’ouvre les veines : un choc qui bouleverse sa vie. Elle quitte Shanghai pour Shenzhen, une ville en plein boom économique, y rencontre Saining, un guitariste dont elle tombe amoureuse. Elle partage ses amis et sa passion pour le rock, chante dans son groupe, et devient un oiseau de nuit. Première rupture, premières retrouvailles. Leur amour les entraîne peu à peu dans une existence cruelle, avec pour lignes de fuites le sexe, la drogue, l’alcool et la folie.

C’est leur histoire que raconte Mian Mian. En toile de fond, la ville, ou plutôt les villes : Shanghai la dépravée, Pékin l’austère et Shenzhen la sauvage, où toute une jeunesse, désemparée et démunie – celle qui ne pense pas que “s’enrichir est glorieux” –, s’invente chaque nuit un nouveau théâtre pour survivre. Mais Mian Mian ne s’apitoie pas sur les malheurs de ses personnages, ni sur ceux de la Chine. Elle traque et capture leur vérité. En lisant Les Bonbons chinois, on a l’impression d’entendre, pour la première fois, la voix nue et indomptée de la jeunesse chinoise.

Ce qui frappe le plus chez Mian Mian, c’est l’importance accordée à la perception personnelle. (…) Les écrivains des générations précédentes avaient une attitude plus positiviste à l’égard de leur œuvre et de la société. Ceux qui ont grandi pendant la période de l’après-Mao, - celle de Den Xiaoping -, plus matérialiste, sont les premiers à placer les besoins de l’individu avant ceux de la société.
(Wang Hongtu, professeur de littérature chinoise à l’université Fudan, Shanghai.)

LIENS

Site officiel de Mian Mian : www.mianmian.com
Prenez votre temps, le site est en flash. Images et textes apparaissent et disparaissent avec en illustration sonore : les Doors !

"Ces jolies auteures chinoises" : article de Stéphanie Bérubé (cyberpresse) où l'on apprend que Mian Mian n'est pas la seule jeune auteure sulfureuse et censurée en Chine.

A propos de Bonbons chinois avec quelques citations :"J’ai enfin publié une nouvelle dans une revue littéraire. J’ai touché mes premiers droits d’auteur et les ai donnés à mes parents, ils étaient contents, même si ça ne couvre pas mes frais de la semaine."

Critique des Bonbons chinois où l'on apprend que Mian Mian accusa de plagiat sa consoeur Zhou Weihui, auteur du licencieux Shangai Baby (éditions Philippe Picquier)



Edité le : 22-04-04
Dernière mise à jour le : 13-12-02