Gaz
Ce produit, qu’on appelle « naturel » en français, se trouve souvent dans le voisinage des gisements pétrolifères. Pour extraire et exploiter le gaz, les techniques utilisées actuellement contraignent à en brûler d’énormes quantités. Même s’il est inflammable à l’état brut, il n’est pas directement utilisable dans la plupart des cas. Il doit être déshydraté et on en extrait le soufre. Après filtrage, il reste surtout du méthane, principale composante du gaz naturel.
Depuis 1985, de nouvelles techniques permettent de réduire considérablement les émissions de CO2 lors de la combustion du gaz. Le méthane provient aussi de la décomposition de foin, de bois ou de restes d’animaux, lorsque celle-ci se fait sans oxygène (voir énergies renouvelables).
Charbon
Dans le monde, le charbon couvre toujours un quart des besoins en énergie. Dans l’UE, cette matière première a fortement gagné en importance depuis l’adhésion des 10 nouveaux pays. La Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Slovaquie utilisent énormément de charbon pour subvenir à leurs besoins primaires en énergie. De toutes les matières fossiles, il reste le combustible le plus répandu. Selon l’OCDE, les réserves de charbon sont estimées à 100 milliards de tonnes, ce qui correspond à environ deux siècles en consommation stabilisée.
Le pied d’argile du charbon, c’est qu’il produit des gaz toxiques en très grande quantité. D’où l’apparition du terme "charbon propre" pour qualifier une énergie d’avenir. En effet, à partir de 2020, les centrales au charbon devraient pouvoir fonctionner sans aucune émission de CO2. Globalement parlant, cette matière première présente un potentiel d’innovation et d’emplois encore très important. En matière de technologie des centrales au charbon, l’Allemagne est l’un des leaders mondiaux.
Pétrole
On estime que 36 % des besoins mondiaux en énergie sont encore couverts par le pétrole – et la demande ne fléchit pas, au contraire. Les plus gros consommateurs de pétrole sont les Etats-Unis avec 25 millions de barils par jour. En raison de l’essor de leur économie, la Chine, le Japon et l’Inde en importent, eux aussi, de plus en plus. L’Europe de l’Ouest n’a jamais été aussi dépendante de ses importations d’or noir, qui représentent 80 % du pétrole consommé. Pour l’Allemagne, ce taux atteint même 97 %.
Le précieux hydrocarbure sert non seulement à produire de l’électricité et à faire tourner les moteurs, il livre aussi les composés chimiques d’une multitude de produits synthétiques. Ces composés entrent de plus en plus dans la fabrication d’objets de consommation courante comme les toners pour imprimantes, les bouteilles en plastique, les lessives, divers produits alimentaires, les produits cosmétiques et les médicaments. La dépendance de l’or noir constitue l’un des plus gros problèmes de la politique énergétique des pays d’Europe. L’un des premiers à vouloir s’affranchir totalement du pétrole est la Suède, objectif qu’elle s’est fixé à l’horizon 2020. En effet, les scientifiques s’accordent à dire, pour la plupart, que le pic d’exploitation du pétrole sera atteint dans 5 ou 10 ans. Actuellement, presque tous les pays exportateurs atteignent la limite de leurs capacités de production ; des gisements sont mis en exploitation dans les endroits du monde les plus difficiles d’accès – à grand frais et aux dépens de l’environnement.

Une consommation plus rationnelle de l'énergie n'est pas seulement l'affaire des politiques nationales et européenne. Jusqu'à un tiers de nos besoins pourraient être couverts si tout un chacun se donnait la peine d'utiliser les ressources de façon plus rationnelle. Les réfrigérateurs et congélateurs les plus écologiques consomment aujourd'hui deux tiers moins d'électricité que les appareils fabriqués il y a dix ans. On pourrait ainsi économiser sept terawatts-heures d'énergie par an, soit presque autant que l'énergie produite en un an par une centrale nucléaire.

Le nucléaire
En 2002, le gouvernement allemand a décidé de sortir à terme du nucléaire. Toutefois, la question revient régulièrement sur le tapis. Dans la plupart des pays de l’Union, l’atome joue toujours un rôle clé. En Allemagne, le courant électrique provient encore à 29 % de l’énergie atomique. Au vu des menaces qui planent sur le climat, la commission de l’UE et notamment la France considèrent que l’énergie nucléaire, dont on prétend volontiers qu’elle n’émet pas de CO2, reste jusqu’à nouvel ordre indispensable. Les détracteurs rétorquent que l’exploitation et le stockage des combustibles nucléaires induisent des émissions de CO2 au moins aussi importantes que les autres énergies.
Pour produire de l’électricité, les réacteurs nucléaires nécessitent de l’uranium enrichi. Or, selon certains experts, les réserves d’uranium seraient plus vite épuisées que celles de pétrole et le gaz. Les réacteurs du type EPR permettent, il est vrai, de décupler le potentiel de l’uranium, mais le procédé en question entraîne le rejet de plutonium, produit extrêmement toxique.
Autres questions sans réponse : celle de la sécurité (de l’homme comme de l’environnement) et celle des déchets. Quant à l’exploitation des matières premières, au transport et au fonctionnement d’une centrale nucléaire, ils ont un coût très élevé.
Les énergies de demain
La panoplie de mesures présentées par l’UE le 10 janvier 2007 mise en premier lieu sur les énergies renouvelables et sur l’utilisation optimisée des ressources existantes. La part de production d’électricité issue de sources d’énergie renouvelables doit atteindre 22 % à l’horizon 2010 dans l’Europe des 15, contre 14 % en l’an 2000. Mais même si l’UE est à la pointe du développement de systèmes utilisant les énergies renouvelables, dans les choix énergétiques de la plupart des Etats membres de l’UE, ces énergies représentent encore et toujours la portion congrue. Il faut dire que les coûts induits de ces nouvelles énergies restent très supérieurs à ceux des sources d’énergie traditionnelles. Quelles sont les réelles alternatives au charbon, au pétrole, au gaz et à l’atome ? Et quid de la rentabilité de ces nouvelles ressources ?
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