Jacques Tardi, Auteur de bandes dessinées : Cette histoire est de type policier... une vengeance, une poursuite etc… , pas de problème, on voit bien les personnages. Grondin, le flic Barthélemy, Tarpargnan. Ils sont tous là, faciles à mettre en place. Et la Commune, bien évidemment, va venir contrarier leurs itinéraires. Elle va être quelquefois à l’arrière plan et évidemment au premier plan toutes les fois où les personnages ne vont pas pouvoir faire vraiment ce qu’ils veulent.
Jean Vautrin, écrivain : Alors pour ce qui est de la naissance des personnages, je les ai vus s’affirmer petit à petit. Le Grondin du début n’a pas tout à fait la tête du Grondin de la fin. C’est assez formidable, car on a l’impression que peu à peu la plume s’affirme en même temps que le caractère du personnage.
Jacques Tardi : Je me suis référé aux photos qu’on connaît. Ce sont essentiellement des photos de ruines. On en a vite fait le tour. Il y en a pas mal, mais ce sont toujours un peu les mêmes. Au niveau iconographique, il y a le travail des illustrateurs de l’époque. Mais bon, je m’en suis toujours un peu méfié dans la mesure où c’est déjà une interprétation qui a été faite par un artiste. En fait, je me suis beaucoup plus référé à des textes et surout à Maxime Vuillaume. Il était journaliste dans un quotidien, il était sur le terrain. Son travail est si précis qu je lui ai toujours fait confiance.
Il ne faut pas oublier quand même qu’il y a le texte. Il y a toute l’ambiance donnée par le texte de Vautrin. Moi, obligatoirement à la lecture, et c’est pour cela que j’ai eu envie d’adapter ce livre, j’ai des images qui me viennent en tête. Je les ai tout de suite.
Jean Vautrin : Moi je suis ravi que Tardi ait fait cette bande dessinée en noir et blanc, parce que je trouve que cela lui donne au contraire un caractère d’actualité. Ça renforce peut-être justement à la fois l’héroïsme, la pagaille, Paris qui brûle. Je trouve que tout cela est encore plus fort en noir et blanc. Le sang en noir et blanc ça fait mal.
Reportage : Sam DIALLO, Frank LEPLAT, Arnaud DEVILLERS
Le Cri du peuple, tome 4 : Le Testament des ruines de Jacques Tardi (Dessins), Jean Vautrin (Scénario)
Casterman (24 septembre 2004)
Cartonné - 80 pages
ISBN : 2203399317
Fin mai 1871. C’est la semaine sanglante, la Commune de Paris vit ses derniers jours. On incendie nombre de grands monuments de la ville, on fusille des otages aussi. Le sang appelle le sang, les derniers feux de l’utopie s’éteignent dans la tuerie générale...
Polar, émotions fortes et intrigues rocambolesques sur fond d’Histoire en marche : tel est le grand œuvre mis en chantier par Tardi avec cette adaptation du roman de Jean Vautrin. L’occasion bien sûr de retracer l’extraordinaire et sanglante histoire de la Commune de Paris – ces quelques semaines au cours desquelles tout un peuple entreprit de vivre l’utopie sans attendre. Mêlant figures historiques et personnages de fiction, Tardi donne de ce moment fondateur de notre histoire récente une fresque somptueuse et sombre, au format cinémascope.
..........................................................................................
Le Journal de la culture
Archive








RSS
Facebook
Twitter