Parmi les sept œuvres issues de la compétition, deux films ont été récompensés par la SACEM, diligentée en grande estafette : Cafard, un enlèvement dans le métro qui se termine en big band de Thomas Léonard, Guillaume Marques, et Paul Jacamon (Supinfocom Arles)...
...et Dernier Hurlement, de David Devaux, Marc Enot et Jean Trébuchet (Ensad Animation) réalisé en peinture à l’huile sur verre. Une autre démonstration du pouvoir du son sur l’image, Les oreilles n’ont pas de paupières d’Etienne Chaillou (Ensad Animation) fut récompensée par l’éditeur de logiciel Vertice.
Le jury a souligné cette année, « une qualité artistique et narrative des films, et une utilisation accrue de la prise de vue réelle », à laquelle j’ajouterais la recrudescence du noir et blanc et une grande diversité dans le dessin. La compétition hélas ne porte pas sur l’ensemble des films mais sur une présélection de 92 titres, la « compil des profs » qui offre tout de même un bon panaroma.
Ainsi 90°, le film de François Roisin, Jules Janaud et Raphaël Martinez-Bachel (Supinfocom Valenciennes) fit l’unanimité du Public « professionnel » avec le prix NVidia (développeur de cartes graphiques) et celui de la presse. Une œuvre d’une grande maîtrise technique -c’est un fait-, où au cœur d’un univers technoïde et cubique, un robot de cristal blanc court après sa tête bleutée emportée par le flot constructiviste du décor en mouvement . « Cette quête d’identité s’achève par un habile contraste, plongeant le spectateur avec le robot dans un bain organique et courbe », précise le mode d’emploi utile à la bonne appréciation de cette œuvre contemporaine.
Plus immédiat, décalé et drôle Carlitopolis de Luis Nieto, (Ensad AII) bluffe l’auditoire, et le rend complice des expérimentations délirantes d’un professeur de biologie sur son rat. Cette utilisation efficace des effets spéciaux non visibles où images de synthèse s’incrustent dans le réel a reçu Le coup de cœur de Canal+, grand maître des contrefaçons, doté d’une mention spéciale de la presse... cela va de soi !
Mais pendant que certains expérimentent sans vergogne, d’autres ont des états d’âme, qu’ils questionnent, exposent, pondèrent et commentent par des collages animés avec humour et un sens du graphisme inné : c’est « Pistache », ou plutôt Valérie Pirson (Ensad Animation) qui pour « son analyse » en papier découpé reçue le prix Jeune Talent bien mérité de la SCAM.
Un palmarès somme toute assez « franco-français » pour une compétition qui réunissait onze pays européens. Ouf ! le choix du studio de post-production Mikros Image sauve la mise avec Sleep with the fishes, révélant « la graine de réalisatrice » et la poésie toute britannique, de Belle Mellor, du Royal College of Art à Londres. Ces récompenses mettent en lumière la singularité de certains films, mais la liste des petites perles sorties du chapeau des e-magiciens en serait bien plus grande encore.
Pas de souci donc pour l’avenir des personnages de Clic-Clak, àl’humour musical subtil : Aurélie Fréchinos, Victor-Emmanuel Moulin, et Thomas Wagner (Supinfocom Arles) ne devraient guère avoir de problème pour trouver un producteur, un diffuseur ... ou un billet d’avion pour Pixar, le pays de Toy Story, John Lasseter et Steve Job.
Plus proche, à quelques heures de train seulement quand ils ne sont pas en grêve, les studios Aardman ont bien d’autres tours que Lapin Garou ou Wallace & Groomit : invités de l’incontournable conférence sur l’animation et les effets spéciaux, les infographistes, Alan Short et Tom Downs ont présenté leur travail au département publicitaire, « un secteur porteur mais très compétitif pour l’anim ». Pendant ce temps là... un long métrage en 3D bien virtuel et sans pâte à modeler se prépare déjà dans l’antre de la maison.
Séquence émotion, pour les étudiants, lorsque Christophe Héry, Lead Research & Development Engineer, chez Industrial Light & Magic, revient au pays, pour nous dévoiler avec brio, ses dernières productions en cours. L’enfant prodige s’était expatrié en 1992 pour rejoindre l’industrie du cinéma américain alors que Jacques Bled, fondateur du studio parisien Mac Guff Ligne depuis 1986 multiplie désormais les projets en Europe et aux us avec des réalisateurs comme Mathieu Kassovitz, Pitof ou le collectif Pleix. Deux exemples de réussite pour une industrie qui atteint tout juste la maturité.
....................................................Cultures Electroniques
E-magiciens 2005
Un reportage d'Orevo
Novembre 2005
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